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Demain tous idiots ? Depuis quarante ans, on assiste à une baisse du quotient intellectuel génération après génération.

Va-t-on enfin comprendre pourquoi l’humanité est de plus en plus bête ?

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Le quotient intellectuel baisse chez les générations nées après 1975, et des chercheurs norvégiens ont estimé que l'explication la plus plausible était un environnement culturel moins favorable pour les jeunes générations.

Demain tous idiots ? Depuis quarante ans, on assiste à une baisse du quotient intellectuel génération après génération.
Demain tous idiots ? Depuis quarante ans, on assiste à une baisse du quotient intellectuel génération après génération. Crédits : Bettmann - Getty

Les jeunes sont-ils en train de devenir de plus en plus bêtes ? Malheureusement, tranche THE DAILY MAIL, la réponse est … oui. Les jeunes sont vraiment, dit-il, de plus en plus en plus « stupides ». Ou « idiots », selon sa terminologie préférée. En l'occurrence, celle du NEW YORK POST. Et même si les vieux sont souvent moins considérés et plus souvent au chômage, n'y voyez pas là une forme de vengeance de la part des aînés, note la chroniqueuse du TEMPS. Non, ce constat est le résultat d'une étude très sérieuse, publiée cette semaine dans la revue américaine PNAS, par deux économistes de l’Université d’Oslo. Contrairement à l’« effet de Flynn », qui veut que partout dans le monde le QI suive une courbe croissante, cette étude semble démontrer que le modèle est en train de s'inverser. En 30 ans, la baisse constatée est même vertigineuse, de l'ordre de 30 points. 

De quoi alerter nombre de médias, encore ce matin, qu'il s'agisse du magazine TIME ou du site de la chaîne d’information CNN. Et tous, évidemment, de s'interroger : pourquoi diable, dans les pays développés, est-on de plus en plus bête ? Certains mettent en avant des causes dites « environnementales », parmi lesquelles le rôle des perturbateurs endocriniens, mais aussi des effets culturels comme, par exemple, les écrans omniprésents. D'où ce commentaire, d'ailleurs, du magazine NEWSWEEK : opposants des jeux vidéo, des séries et des médias sociaux, réjouissez-vous ! Toujours parmi ces causes environnementales on pourrait, également, citer la crise des familles ou bien encore celle de l’Etat-providence. Et puis d’autres invoquent, eux, un effet dit « dysgénique », qui voudrait que les familles les moins intelligentes procréent davantage et fassent donc baisser le niveau. Enfin, certains avancent aujourd'hui le fait que la hausse de ... l’immigration, entraînant l’arrivée d’enfants moins éduqués, ferait baisser le niveau général. Bref, c'est peu de dire que le sujet est devenu hautement inflammable.

Tout aussi inflammable, le sommet européen de la discorde sur les migrants prévu les 28 et 29 juin prochain. Cette semaine, le refus italien, d'abord, de laisser accoster l' « Aquarius » et la passivité coupable, ensuite, de la France qui n'a pas immédiatement proposé un port de rechange ont accouché d'une crise diplomatique entre les deux pays. Dernier couac en date : Giuseppe Conte envisagerait à présent de reporter sa visite prévue demain à l'Elysée avec Emmanuel Macron, écrit ce matin IL CORRIERE. Le journal de Milan qui insiste à sa Une : Le sommet de Paris gelé. Quant aux explications faussement conciliantes, données en première page de son confrère LIBERO, elles prouvent surtout une chose : le niveau atteint aujourd’hui par la crise. Nous n'avons rien contre les Français, écrit l'éditorialiste, nous ne sommes animés par aucune force dirigée contre eux, nous sommes juste … indifférents.

De son côté, si le journal de centre gauche LA REPUBBLICA juge, lui aussi, malvenus les commentaires de la France, il regrette surtout qu'avec l'intervention d'Emmanuel Macron, le ministre de l'Intérieur (le patron de la Ligue d'extrême droite Matteo Salvini) puisse à présent se considérer, à raison, comme le personnage principal de la politique italienne. Si certains à droite et au sein du Mouvement 5 Etoiles avaient, jusqu'à présent, des doutes et même des réserves sur la montée en puissance de Salvini, devant la sortie maladroite du président français, ils en sont venus à le soutenir, voire, pour certains, à l’applaudir. 

Mais, à la limite, c’est même à sa propre image de rénovateur de l’esprit européen que Macron a fait du tort, écrit toujours le journal cité par le Courrier International. Macron s’était présenté comme un jeune érudit et dynamique, avec un grand sens des institutions. Sauf qu'il a montré depuis le revers de la médaille, comprenez l’arrogance vis-à-vis d’une Italie qu’il considère comme un parent pauvre, auquel il faut enseigner les bonnes manières. Ainsi va, donc, la diplomatie jupitérienne, renchérit l'éditorialiste du TEMPS. Bon élève de la scène internationale, Emmanuel Macron se comporte depuis son élection en premier de la classe studieux. Or, le problème, c'est qu’à l’heure de ramasser les copies, les alliés manquent cruellement. 

Et d'ailleurs, ultime preuve que l'épisode de l'Aquarius est devenu, en quelques jours, le symbole d'une amère réalité, les divisions autour de la question migratoire se sont encore élargies, hier, au reste de l'Europe, note ce matin IL FATTO QUOTIDIANO. Les ministres de l'intérieur italien, autrichien et allemand ont annoncé vouloir constituer rien de moins qu’un «axe des volontaires» pour s'attaquer à l'immigration clandestine.

De la part du ministre autrichien d'extrême droite, ça n'est pas franchement une surprise. Sans compter que le chef du gouvernement, Sebastian Kurz (31 ans), a lui-même fait de la lutte contre l'immigration illégale son cheval de bataille. Sauf que cette annonce intervient au moment où un autre débat tronqué fait rage en Autriche : l'annonce de la fermeture de sept mosquées ainsi que l'expulsion d'une quarantaine d'imams, au nom de l'application de la Loi qui interdit depuis 2015 tout financement étranger de l'islam. Une initiative aussi tonitruante que provocatrice et jugée dangereuse par l'éditorialiste du quotidien de Vienne DER STANDARD. Pourquoi ? Parce que dans notre monde actuel, prompt à tout simplifier sur un mode superficiel, dit-il, quel sera l'impact de cette infraction à la loi constatée par le gouvernement ? Les chrétiens ferment nos mosquées, tel est le message que les musulmans liront et entendront, c'est-à-dire ni plus ni moins qu'une déclaration de guerre.

Enfin, en Allemagne, cet «axe des volontaires» constitue un vrai coup dur pour Angela Merkel. Le débat aujourd’hui autour d'un durcissement de la politique migratoire est, en effet, devenu tel qu'il menace, désormais, le fragile équilibre de sa coalition. C'est ainsi, par exemple, que dans les colonnes de DIE WELT, le chef du gouvernement chrétien-démocrate de Saxe affiche, lui, clairement la couleur en soutenant le ministre de l'Intérieur et en appelant, lui-même, à une protection efficace des frontières extérieures. 

Autant de divisions, conclue amèrement le quotidien hongrois NEPSZAVA, qui prouvent une fois de plus combien les réfugiés qui meurent à petit feu dans des conditions dramatiques, dit-il, sont aujourd'hui ni plus ni moins que les victimes d'un jeu purement politique.

Par Thomas CLUZEL

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