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Cinq jours avant le sommet Trump/Kim d'Hanoï, la CIA aurait organisé une attaque de l'(ambassade de Corée du nord en Espagne

L'ombre de la CIA plane sur l'attaque de l'ambassade nord-coréenne à Madrid

5 min
À retrouver dans l'émission

Soupçons d'implication de la CIA dans l'attaque par un commando armé de l'ambassade de Corée du Nord en Espagne, quelques jours avant le sommet Trump/Kim d'Hanoï. Un an après l'assassinat de l'élue de gauche Marielle Franco au Brésil, deux suspects arrêtés mais qui sont les commanditaires?

Cinq jours avant le sommet Trump/Kim d'Hanoï, la CIA aurait organisé une attaque de l'(ambassade de Corée du nord en Espagne
Cinq jours avant le sommet Trump/Kim d'Hanoï, la CIA aurait organisé une attaque de l'(ambassade de Corée du nord en Espagne Crédits : Shealah Craighead - Maxppp

C'est une histoire d'espionnage hors-normes que révèle ce matin la presse espagnole.  

A tout seigneur tout honneur, le scoop originel est à mettre à l'actif d'El Confidencial, journal en ligne qui le premier a révélé que le 22 février un groupe de 10 hommes armés et cagoulés avait pris d'assaut l'ambassade de Corée du Nord à Madrid. 

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Il y ont séquestré pendant près de quatre heures tout le personnel présent, avant de réussir à s'enfuir en dérobant les véhicules diplomatiques qu'ils ont abandonné un peu plus loin. Si El Confidencial n'en avait pas parlé, cette attaque serait restée secrète (l'ambassade nord-coréenne s'est bien gardée de déposer plainte) mais ces révélations dans la presse ont conduit la police et les renseignements espagnols à mener l'enquête.

Et quinze jours plus tard donc, c'est El Pais qui reprend le flambeau avec des révélations déroutantes : selon des sources internes à l'enquête officielle, c'est la CIA américaine qui aurait commandité cette attaque contre la représentation diplomatique de Corée du Nord en Espagne. C'est ce qui ressort, en tous cas, des interrogatoires de deux membres présumés du commando qui ont pu être identifiés et arrêtés. Forcément, nous dit El Pais, la CIA dément toute implication, mais "ces dénégations ne convainquent pas les enquêteurs espagnols". 

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Plus convaincants, par contre, ces éléments apportés par El Mundo, l'autre grand quotidien madrilène qui se passionne pour l'affaire : selon ses informations, les assaillants de l'ambassade sont repartis avec des disques durs et des documents classés ; ils ont longuement interrogé le personnel qu'ils séquestraient dans le but précis de  lui soutirer des informations sur l'ancien ambassadeur de Corée du Nord en Espagne.   

Car jusqu'en septembre 2017, le poste madrilène était occupé par Kim Hyok Chol , considéré comme l'un élément-clé du régime de  Pyongyang, un très proche de Kim Jong Un, mais surtout comme l'un des artisans du programme nucléaire nord-coréen : c'est lui qui a mené les négociations avec les Etats-Unis pour organiser les deux récents sommets entre Donald Trump et Kim Jong Un. 

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Or l'attaque de l'ambassade madrilène, El Mundo l'a bien noté, a eu lieu le 22 septembre, soit cinq jours avant le sommet d'Hanoï, au Vietnam, qui s'est soldé par un échec assez cuisant. Si c'est bien elle qui était à la manœuvre, quel signal la CIA a-t-elle voulu envoyer à Pyongyang ? 

Sur un tel sujet impliquant les services américains, il est loin d'être sûr que l'on ait un jour la réponse à cette question, conclut la BBC, selon qui "cette affaire ne fait que commencer".

Au Brésil, une autre enquête électrise les médias : c'est celle sur l'assassinat de la conseillère municipale de Rio Marielle Franco.

Et cette enquête s'est considérablement accélérée ces derniers jours, précisément un an après la mort par balles de cette élue de gauche, militante des droits des minorités, noire et homosexuelle elle-même, très populaire dans les favelas : ce mardi, deux anciens policiers ont été arrêtés pour ce meurtre qui avait choqué l'opinion brésilienne. 

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Parmi ces deux suspects, il y en a un en particulier qui attire l'attention des journalistes : Ronnie Lessa, ancien de la police militaire brésilienne, est écrit par O Globo comme un mercenaire un service du crime organisé, un "sniper sans état d'âme". La Folha de Sao Paulo décrit l'ampleur de cet arsenal qui a été retrouvé chez lui par les enquêteurs, plus de cent armes lourdes. 

Ronnie Lessa, ajoute le quotidien, menait la grande vie dans les beaux quartiers de Rio, à tel point, que de nombreux éléments de sa biographie semblent le lier à l'entourage du président Jaïr Bolsonaro.  Lessa c'est un peu "mon voisin, le tueur" résume le site Brasil 247, car l'assassin présumé  résidait dans la même copropriété de luxe que le chef de l'Etat  et sa famille. 

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Alors forcément, la presse brésilienne explore tous les liens qui pourraient l'impliquer plus ou moins directement dans le meurtre de Marielle Franco. Beaucoup d'infox circulent sur son compte... mais jusqu'à preuve du contraire, Jaïr Bolsonaro nie tout contact avec son embarrassant voisin dont il assure à la Folha  "ne pas se souvenir". 

Pour ne rien arranger, le journal O Dia publie une photo de l'autre suspect, l'ex-sergent de police Vieira Queiroz aux côtés de Jaïr Bolsonaro. Le cliché a été pris dans un meeting de la fin de campagne qui a vu le candidat populiste d'extrême-droite prendre le pouvoir. Voilà pour la proximité idéologique, nous dit The Guardian, qui suit l'affaire depuis Londres et confirme que "l'enquête sur la mort de Marielle Franco repose crûment la question des liens présumés entre l'actuel président du Brésil, et la mafia paramilitaire qui y sévit". 

Mais ce grand déballage, lira-t'on enfin dans les pages brésiliennes d'El Pais, ne doit pas faire oublier "le sourire de Marielle Franco". Il s'étale, un an après son assassinat, sur de nombreuses fresques qui décorent les murs de sa ville de Rio, en  particulier dans les favelas qui l'avaient élue au conseil municipal. 

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Ce sourire, cette force de conviction en faveur des minorités que la jeune femme incarnait, la journaliste Eliane Brum les fait revivre dans son article simplement titré par ces questions :"Qui vous a donné l'ordre de tuer Marielle, et pourquoi?". Car derrière Ronnie Lessa et Vieira Queiroz, écrit-elle, il y a un forcément un commanditaire à ce crime politique. Le premier qui aurait besoin que toute la lumière soit faite, écrit encore Eliane Brum, c'est Jaïr Bolsonaro lui-même, tant les doutes rejaillissent sur lui.  

Mais au lieu de cela, "le président consacre ses efforts, à transformer le Brésil en un laboratoire de la haine érigée en mode de gestion politique".  Cette tribune sans concession d'El Pais se termine sur cette prophétie : "Quand les commanditaires du meurtre de Marielle Franco seront connus, c'est toute l'anatomie du Brésil actuel, dans son horreur glaçante, qui apparaîtra sous nos yeux".  En attendant il faut continuer à crier ces questions : "Qui vous a donné l'ordre de tuer Marielle, et pourquoi? "

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