LE DIRECT
Theresa May, l'insubmersible

Brexit : mais qu'est-ce qui fait tenir Theresa May ?

6 min
À retrouver dans l'émission

Humiliée mardi par le rejet de son accord de Brexit, Theresa May a vaincu mercredi une motion de défiance : quel est le secret de son invincibilité politique ? Blanka Nagy, lycéenne hongroise de 18 ans, est devenue la bête noire de la presse pro-Orban. La CPI suspend la libération de Laurent Gbagbo.

Theresa May, l'insubmersible
Theresa May, l'insubmersible Crédits : JESSICA TAYLOR - AFP

Une question taraude la presse anglo-saxonne ce matin : mais qu'est-ce qui fait tenir encore Theresa May ? 

On la disait perdue hier matin, carrière finie, humiliation totale, désaveu complet, après le rejet, cinglant, il est vrai, de son accord de Brexit mardi. Et pourtant voilà Lady May qui a finalement vaincu, hier soir, la motion de défiance lancée contre elle par les travaillistes. "Elle est de retour, toujours debout", constate The New York Times, quand The Independent, sous la plume ironique de Tom Peck, rend hommage à l'indestructible femme politique :  "Theresa May, c'est le cafard qui résiste à l'apocalypse nucléaire, l'algue qui survit à l'enfer des volcans abyssaux en se nourrissant de leur haleine sulfurée ; Theresa May, c'est le Nokia 5210", pas gracieux, pas moderne, pas beaucoup de fonctions, mais comme le téléphone du même modèle, tellement résistant que vous auriez presqu'envie de le jeter contre un mur pour voir à quel point il est incassable. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Ce n'est pas pour rien, ajoute Ellen Barry dans le New York Times, qu'on la surnomme "The Maybot", le robot-May : aucune défaite ne semble l'atteindre, et Dieu sait s'il y en a eu au cours de ces deux années et demi de négociations cauchemardesque, d'un Brexit donc elle ne voulait même pas.  

Du coup The Guardian se pose la question : "Mais à quoi la machine May avance-t'elle ?"

Trois propositions, émises par Heather Stewart : "L'obsession, la vanité, ou bien le cran." Sur les personnes interrogée dans l'article, certaines rendent grâce à cette résilience absolue qui la pousse à oublier tout ego personnel pour défendre ce qu'elle invoque sans cesse comme "la volonté du peuple" ; d'autres insistent sur son dévouement total au Parti Conservateur, sa détermination à ne pas le laisser se perdre en divisions internes ; d'autres enfin lui reconnaissent une inflexibilité salvatrice dans le contexte actuel. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Sauf que, une fois qu'on a dit tout ça, rien, mais alors rien du tout n'est résolu pour le Brexit. La situation face à laquelle se trouve Theresa May est en apparence insoluble, note Martin Kettle toujours dans les pages Opinion du Guardian : alors cette fois, la Première ministre va devoir faire preuve de flexibilité, rechercher le compromis, pour ne plus seulement survivre à la catastrophe nucléaire, mais bel et bien l'éviter.

Une autre figure  féminine très exposée dans la vie politique de son pays : c'est la jeune hongroise Blanka Nagy.

Et c'est le Courrier International qui m'a révélé son existence : Blanka Nagy, c'est une lycéenne de 18 ans, qui vivait jusque-là une existence assez anonyme dans une petite ville au sud de Budapest. Mais le 20 décembre, elle s'est retrouvée sous le feu des projecteurs, quand elle a participé à une manifestation contre le gouvernement de Vitkor Orban et sa récente Loi Travail. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Blanka y a parlé comme parle une jeune femme passionnée de politique, inquiète pour ses droits, sa liberté : elle a vertement critiqué Orban et son parti national-conservateur le Fidesz, qualifiés "d'épidémie contagieuse" d'idées toxiques. 

Pour ces mots, nous dit le site d'info en ligne 444.hu, la "lycéenne de 18 ans est devenue l'ennemi n°1 de toute la presse pro-gouvernementale", autant dire de la trop grande majorité des médias hongrois, publics ou privés, passés l'automne dernier sous la coupe d'une soi-disant fondation acquise à la cause du Fidesz

La Hungarian Free Press confirme : la lycéenne est depuis trois semaines la cible d'une campagne de propagande ordurière, initiée par le présentateur télé Jolt Bayer, quand il l'a traitée "d'animal crétin, d'élève médiocre, toujours abstente de son lycée", ou encore de "misérable petite prolétaire"

Et comme ces attaques personnelles dignes, pour le coup, d'une cour d'école, ont été reprises mot pour mot par les télés, les journaux et les sites pro-Orban, difficile de ne pas voir, selon le quotidien de Budapest 24.hu,  le caractère coordonné de ces attaques, un véritable "harcèlement" commandité par le Fidesz, et pour lequel Blanka a décidé de déposer plainte. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le même 24.hu, constate pourtant que l'autorité de surveillance des médias hongrois n'a lancé aucune mesure de protection de la jeune femme, et n'a au fond rien trouvé à redire dans la manière dont la presse pro-gouvernementale s'en prend à la lycéenne. Cette dernière ne se démonte pas pour autant, et se défend elle-même dans une interview au magazine HVG : "Si ces adultes cherchent à se point à me salir, moi la petite lycéenne, dit-elle, s'ils s'abaissent à un langage aussi ordurier, c'est qu'ils ont peur de moi : je les mets face à leur reflet dans le miroir, et apparemment  j'ai visé juste".   

Un coup d’œil à la presse ivoirienne, qui a un peu de mal à suivre le dossier Laurent Gbagbo à la cour Pénale Internationale.

Il faut dire, comme nous le rappelle Jeune Afrique,  que l'ancien président de Côte d'Ivoire a été acquitté mardi des accusations de crime de guerre pour la période de fin 2010/début 2011, quand il avait refusé de quitter le pouvoir et entraîné une sanglante crise post-électorale avec plus de 3000 morts à la clé. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Acquitté mardi... la presse ivoirienne attendait hier la suite logique, la remise en liberté de Gbagbo : elle a été validée à 16h par la CPI, qui a rejeté une demande de maintien en détention. Mais à 22 heures, un nouvel appel était déposé par le procureur de la Haye, et la libération de l'ancien président était suspendue. 

Un cauchemar, pour des quotidiens qui bouclent leur édition du lendemain en début de soirée : la Fraternité Matin à Abidjan a tout de même réussi in extremis à insérer un encart "dernière minute" à  sa  Une : "Libération suspendue", lit-on, juste à côté du grand titre de Une qui annonce comme acquise cette même libération... bon courage au lecteur pour s'y retrouver.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Mais l'info principale du jour, abondamment commentée par les journaux d'Abidjan, reste bien la perspective de cette libération qui, si elle a été repoussée ce mercredi, pourrait bien intervenir dès aujourd'hui. Elle présage d'un retour rapide de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire : les télés ivoiriennes multiplient déjà les reportages dans les rues du quartier de Yopougon, fief électoral du clan Gbagbo, où l'on a fêté mardi l'acquittement, où l'on s'est relevé les manches mercredi pour nettoyer et pavoiser les rues, préparer le retour du chef, et où l'on est désormais dans l'expectative. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le retour de Gbagbo présente un risque de déstabilisation de la Côte d'ivoire, note PressAfrik. Jeune Afrique confirme, et relaie les "appels à la réconciliation" lancés hier par l'entourage du président Alassane Ouattara, comme si l'acquittement de Laurent Gbagbo menaçait de rouvrir les cicatrices de 2010-2011.

Chroniques

7H40
43 min

L'Invité(e) des Matins

Brexit : du rejet britannique à l’impasse européenne ?
L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......