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Trois jeunes Britanniques parties rejoindre Daech en 2015. A droite, Shamima Begum.

Ces ex-"fiancées de Daech" dont le retour embarrasse Washington et Londres

6 min
À retrouver dans l'émission

Alors que Donald Trump appelait récemment les européens à rapatrier et juger leurs djihadistes détenus en Syrie, les Etats-Unis refusent le retour d'une Américaine qui avait rejoint Daech. Nouveau contrat social et missiles hypersoniques au menu du discours à la Nation de Vladimir Poutine.

Trois jeunes Britanniques parties rejoindre Daech en 2015. A droite, Shamima Begum.
Trois jeunes Britanniques parties rejoindre Daech en 2015. A droite, Shamima Begum. Crédits : LONDON METROPLITAN POLICE - Maxppp

Ce matin celles que l'on a surnommées "les fiancées de Daech" occupent la Une des journaux aux Etats-Unis comme en Grande-Bretagne. 

Elles sont deux jeunes femmes à incarner cette épineuse question du retour dans leur pays des djihadistes et de leurs familles. 

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Côté américain, c'est un portrait en madone, tête voilée et bébé dans les bras, qui nous présente, dans les pages du New York Times, la jeune Hoda Muthana. Elle a 24 ans, elle est née dans le New-Jersey, a grandi dans l'Alabama, et après 4 années passées en Syrie, dans les rangs du Groupe Etat Islamique, Hoda a fuit un Daech en déroute. 

Aujourd'hui elle demande pardon à l'Amérique, et raconte le "traumatisme" de ces 4 années de famine et de violence ; elle, qui par une fois au moins a sur son compte Twitter appelé ses coreligionnaires à perpêtrer des attentats meurtriers sur le sol américain, implore qu'on la laisse retrouver sa famille, dans l'Alabama. 

Hier, nous dit Fox News, Donald Trump a ordonné à son administration de ne pas autoriser Hoda Muthana à pénétrer sur le sol américain ; son secrétaire d'Etat Mike Pompeo a expliqué que la jeune femme, qui est devenue mère en Syrie, n'a aucune preuve de sa citoyenneté américaine, qu'elle n'est pas considérée comme Américaine, et que son pays ne lui doit rien. 

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Pourtant Hoda, plaide le Times, Hoda avait un passeport en règle, au moment de son départ en Syrie : la citoyenneté lui avait été reconnue à sa naissance, mais la Maison Blanche affirme aujourd'hui qu'elle ne pouvait pas en bénéficier car son père était un diplomate yéménite, et que le droit du sol ne s'applique pas automatiquement aux enfants de diplomates. 

Une justification, 24 ans après, qui ne convainc pas la famille Muthana, bien décidée à aller au bout de la bataille en justice, même si elle comprend bien que le cas d'Hoda est éminemment politique et symbolique.

En la matière, le New York Times s’étonne de voir comment l'administration américaine fait tout pour empêcher le retour de la jeune femme, alors qu'il y a une semaine à peine Donald Trump en personne lançait un appel aux pays européens : la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, en particulier, étaient appelées à prendre leurs responsabilités, à rapatrier, juger et condamner  "leurs" djihadistes arrêtés et détenus par les Kurdes en Syrie, faute de quoi ils pourraient se retrouver libres et à nouveau dangereux.

Au Royaume-Uni c'est le cas de Shamima Begum qui alimente le débat. 

Il est largement question d'elle dans le tabloïd Daily Mail, autant que dans le très sérieux Guardian :  Shamima a 19 ans, elle en avait 15 quand elle a quitté avec deux camarades d'écoles son quartier de l'East-London pour rejoindre le combattant de Daech auquel elle devait être mariée.  Le ministre des affaires étrangères britannique Sajid Javid, a signé mardi un décrêt pour que lui soit retirée sa citoyenneté britannique.

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Il a clairement laissé entendre, qu'elle n'avait qu'à aller au Bangladesh, puisque c'est de là que sa famille avait émigré il y a plusieurs décennies. La jeune femme se retrouve donc apatride, d'autant, lit-on dans le Guardian, que les autorités Bangladaises ne veulent pas être mêlées à cette affaire.

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Jamais, dit-on à Dacca, Shamima Begum n'a eu la double-nationalité : elle est Britannique, c'est donc à Londres seule d'assumer ses responsabilités sur ce dossier.

En Russie, Vladimir Poutine prononçait hier son grand discours annuel de politique générale où il a été question de natalité, de  pauvreté et de missiles. 

C'est en tous cas comme ça que le site d'opposition Meduza résume cette allocution de plus d'une heure. Le président russe s'attaque au trop faible nombre de naissances dans son pays, en annonçant "un nouveau contrat social" particulièrement favorable aux familles. 

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"Plus vous aurez d'enfants, moins vous payerez d'impôts", voilà le principal terme de ce contrat ; l'objectif affiché, c'est de revenir à un accroissement naturel positif dès 2023,  pour en finir une bonne fois pour toutes avec les saignées démographiques de la 2e guerre mondiale et de la chute de l'URSS. 

Pour le journal Vzgliad, ce qui compte, c'est que Poutine a promis aux Russes "des changements réels dans leur vie quotidienne, dès cette année". Des changements, en particulier pour les plus pauvres, précise le site indépendant Republic qui liste toute une série de nouveaux dispositifs caritatifs, un filet de sécurité sociale renforcé, comme si, analyse Sergey Shelin pour le journal en ligne RosBalt, le Kremlin avait enfin pris la mesure de la pauvreté endémique qui  plombe la Russie, et du ressentiment qui monte dans la population,  ce vent de contestation qui s'est levé l'an dernier avec la réforme des retraites, en particulier chez les Russes les plus âgés qui sont aussi les plus démunis mais qui étaient surtout jusque-là une solide base électorale pour Vladimir Poutine.  

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Le problème, selon RosBalt, c'est que "le président fait de nouvelles promesses, mais ne prend pas le temps de savoir, si les précédentes ont bien été tenues" (sous-entendu, elles ne l'ont pas été). Mais la critique est avant surtout budgétaire, pour Kommersant : les mesures annoncées pour ce "nouveau contrat social", le Kremlin les chiffre à 80 Milliards de Roubles, soit un Milliard d'Euros. Ce sera beaucoup plus cher, selon les calculs du quotidien économique qui craint les risques à retardement de cette politique de dépenses publiques jugée "particulièrement généreuse". Kommersant se demande si l'Etat tiendra sur la durée, en particulier jusqu'aux élections présidentielles de 2024, et s'il ne tient pas, alors quel en sera le coût politique, au moment de dessiner, qui sait, les contours de l'après-Poutine. 

D'autant, qu'il faut aussi financer ces nouveaux missiles que Vladimir Poutine a fièrement présentés hier. 

L'homme du Kremlin, cité à ce sujet par Meduza, annonce que la Russie sera bientôt dotée de fusées hypersoniques baptisées Tsirkon, qui pourront être déployées sur terre et en mer, et qui sont conçues pour frapper non plus seulement d'éventuels lanceurs ennemis, mais aussi les centres de décisions d'où auront donnés les ordres militaires. 

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Dans Republic, Alexander Artamonov y lit clairement une menace adressée à Washington... ce dont bien sûr Vladimir Poutine se défend.  Son programme Tsirkon acte tout de même très clairement du fait que "la situation internationale a changé, c'est Poutine lui-même qui le dit, avec le retrait américain du Traité" de réduction des arsenaux nucléaires qui datait de 1987. La Russie, selon son président, "ne fait que s'adapter, en miroir, au nouveau désordre mondial" causé par un Donald Trump qui "brise un à un tous les cadres internationaux".

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