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La volte face de Donald Trump. Il renonce finalement à séparer les familles de migrants à la frontière américaine

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Le président américain a signé un décret en ce sens dans le bureau ovale

Il a plié devant l'immense pression politique, explique le New York Times, les enfants ne seront plus arrachés à leurs parents à la frontière. Le quotidien glisse que à la maison aussi l'épouse du président Melania et sa fille Ivanka ont pesé dans la décision. 

La presse internationale reprend les propos de Donald Trump lors de la signature de son décret dans le bureau ovale, sous l’œil et le visage fermé de sa ministre de l'intérieur qui avait ces derniers jours assumé publiquement cette politique. "Toute personne ayant un cœur ne peut supporter de voir de telles scènes de séparation", a notamment lancé le président.  Toujours est-il qu'après avoir expliqué que c'était la faute des démocrates et qu'il n'y pouvait rien, remarque la BBC, il donne raison à ses adversaires en reconnaissant que cette politique de séparation était bien de son fait. Le Washington Post ajoute que l'administration américaine a changé de version 14 fois avant de mettre un terme à cette politique cruelle.

Pour autant, rien n'est réglé remarque la presse ce matin.   Que va-t-il se passer pour les 2300 enfants séparés de leurs parents et aujourd'hui en détention?, demande le New York Times. Pourront-ils se retrouver ? Nul ne le sait. Les responsables fédéraux ont d'abord expliqué que ce serait impossible, avant de dire que peut-être finalement l'objectif du décret était de réunir aussi ces familles mais tout le monde attend des précisions. Même flou pour ce qui concerne le sort des familles de clandestins qui ne seront plus séparées à l'avenir. Où seront-elles détenues? Que se passera-t-il au bout de 20 jours, délai légal qui empêche les autorités de détenir les enfants plus longtemps? La Maison Blanche répond... qu'elle ne peut pour l'heure répondre à ces questions. 

En fait, prédit le New York Times, tout cela va se jouer dans les cours de justice.  Ce n'est pas la fin de l'histoire pour des milliers d'enfants séparés de leur parents, opine le Guardian de Londres, la triste vérité est que certains d'entre eux ne les retrouveront jamais, puisque leurs parents seront expulsés seuls. C'est ce que l'administration américaine appelle froidement la séparation permanente. On ne connaîtra jamais la vérité derrière le revirement de Donald Trump, ajoute le quotidien britannique, mais ce que l'on sait c'est que Trump ment et qu'il est incompétent à régler la crise qu'il a lui-même créée avec sa politique brutale. avant de conclure sévèrement : "Il restera la honte éternelle d'un président qui punit des enfants parce que leurs parents voulaient leur donner une vie meilleure".

Et un nouveau casse tête se présente. Des centaines d'enfants ont déjà été transféré à plusieurs milliers de kilomètres de leurs parents. Ils sont arrivés à New York, rapporte le New York Times, sous le couvert de l'obscurité, plusieurs heures après la signature du décret. Parmi eux, un petit garçon du Honduras, 9 ans, tout seul, sa mère est enfermée à plus de 3000 km, ou encore un bébé de neuf mois... Le maire de New York Bill de Blasio crie son indignation. Il n'avait pas été prévenu! La Presse, le journal canadien, était là parmi d'autres lorsqu'il a visité un centre à Harlem où une équipe de télévision avait filmé des fillettes probablement séparées de leur famille à la frontière mexicaine. «Comment est-il possible que personne d'entre nous n'ait su qu'il y avait 239 enfants ici, dans notre ville ? Comment le gouvernement fédéral peut-il cacher ces informations aux gens de cette ville et empêcher l'aide dont ces enfants pourraient avoir besoin ?» Même les consulats du Honduras et du Salvador ignorent combien de leurs ressortissants enfants ont été transférés à New York et comment prévenir leurs parents, ajoute le New York Times. En fait, analyse le Washington Post, rien n'est réglé mais pour Trump l'important est d'apparaître fort, de répéter que la politique de tolérance zéro continue à s'appliquer, il n'a cessé de parler de sa fermeté et de sa puissance tout au long de cette affaire.

D'autres migrants sur nos rivages, L'Aquarius a quitté les côtes espagnolmes pour repartir au large de la Libye C'est à la Une d'El Pais, en Espagne. Et là non plus rien n'est réglé explique le quotidien. Pedro Sanchez a résolu le problème ponctuel de l'accueil de 630 migrants mais que se passera-t-il pour les suivants? Tout va dépendre des décisions des autres pays européens, et cela est imprévisible. La fermeture des ports italiens explique El pais constitue un véritable casse tête.

Le Corriere della sera se fait lui l'écho de la colère de Salvini, le ministre de l'intérieur italien qui affirme sa toute puissance : "Sur les migrants, si tout est déjà décidé à Bruxelles, Conte n'ira pas!", n'ira pas à la réunion informelle de ce dimanche censé préparer le sommet de la fin du mois sur la crise migratoire. Si nous allons à Bruxelles pour trouver la copie déjà écrite par la France et l'Allemagne, s'ils pensent nous envoyer d'autres migrants au lieu de nous aider, alors nous n'y allons même pas. Nous économisons l'argent du voyage". Le président du conseil européen Donald Tusk était reçu hier au palais du Quirinal où il fut question, explique le Corriere, des mouvements secondaires vers d'autres pays de l'UE de demandeurs d'asile qui débarquent en Italie. Au même moment, après avoir reçu le vice chancelier autrichien, Salvini était très clair: "L'Espagne s'était engagée à accueillir 3 265 demandeurs d'asile et en a accueilli 235, de sorte qu'elle peut accueillir les 4 prochains bateaux. La France s'était engagée pour 9 816, mais en a seulement reçu 640, alors que nous avons eu 640 000 migrants en Italie en quatre ans ». On le voit, en Europe aussi la cacophonie se poursuit.

Marie-Pierre Vérot

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