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Panneau lumineux "Like", à l'entrée du siège de Facebook, en Californie.

La fin d'un long silence

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En raison d’un appel à la grève émis le 22 mars par une organisation syndicale pour la défense des services publics, nous ne sommes pas en mesure de vous proposer la réécoute et le podcast de ce programme. Nous vous prions de nous en excuser.

Panneau lumineux "Like", à l'entrée du siège de Facebook, en Californie.
Panneau lumineux "Like", à l'entrée du siège de Facebook, en Californie. Crédits : JOSH EDELSON - AFP

En raison d’un appel à la grève émis le 22 mars par une organisation syndicale pour la défense des services publics, nous ne sommes pas en mesure de vous proposer la réécoute et le podcast de ce programme. Nous vous prions de nous en excuser.

Après des jours de polémique autour de l'utilisation indue de données personnelles de millions d'utilisateurs par la firme britannique Cambridge Analytica, le patron de Facebook, Mark Zuckerberg s’est dit «désolé».

Après plusieurs jours de polémique, hier, Mark Zuckerberg est enfin sorti de son mutisme. Via son profil Facebook, tout d'abord, le jeune milliardaire s'est fendu d'un long texte dans lequel il reconnaît des «erreurs» : «Nous avons la responsabilité de protéger vos données», dit-il, et «si nous ne pouvons pas le faire, nous ne méritons pas de vous servir». Et puis interviewé, hier soir, sur la chaîne américaine CNN, il s'est dit, cette fois-ci, «désolé» de ce qui s'est passé : «Notre responsabilité est de faire en sorte que cela ne se reproduise pas». En réalité, davantage qu'un acte de contrition, l'exercice visait surtout à lancer la contre-attaque. Ou quand Zuckerberg riposte, titre ce matin THE I. Pour son confrère THE TIMES l'objectif est on ne peut plus clair : éviter une révolte parmi les utilisateurs, mais aussi les bailleurs de fonds, lesquels menaceraient, à présent, de se retirer de la plateforme. Ou dit autrement, l'affaire pourrait aujourd’hui coûter très cher au roi des réseaux sociaux. 

A Wall Street, l'action Facebook a déjà perdu plus de 10% depuis lundi. Sa capitalisation a fondu d’environ 50 milliards de dollars. Par ailleurs, plusieurs cabinets d'avocats américains ont annoncé, hier, avoir déposé des plaintes au nom de citoyens et même d'actionnaires. Et puis sous le hashtag #DeleteFacebook, les utilisateurs sont, désormais, invités à supprimer leur compte pour protéger leurs données personnelles. «Effacer et oublier», c'est par ces mots, notamment, que le cofondateur de WhatsApp (Brian Acton) a annoncé hier sur Twitter qu'il quittait Facebook. Enfin de nombreux médias n'hésitent plus, désormais, à dresser la liste des raisons de se débarrasser, une bonne fois pour toutes, de son compte Facebook. C'est le cas, en particulier, du magazine QUARTZ, lequel nous explique que notre vie sociale ne s'en trouvera pas radicalement bouleversée. Cela vous permettra même de faire un tri naturel dans votre entourage, dit-il, et de faire la différence entre vos «amis» et vos «connaissances». Et puis la meilleure raison, peut-être, pour vous convaincre, relève le magazine SLATE,  c'est que la batterie de votre téléphone durera ainsi plus longtemps. Pourquoi ? Parce que l'application Facebook consomme beaucoup plus que n'importe quelle autre application. De sorte que sans Facebook, la batterie de votre portable pourrait durer jusqu’à deux fois plus longtemps.

Et c'est ainsi que confronté à la plus grave crise de son histoire, Facebook, peaufine donc sa ligne de défense.Zuckerberg assure avoir demandé à Cambridge Analytica (la société qui a siphonné les données personnelles de près de 50 millions d’utilisateurs du réseau social) de détruire les données récoltées. Or il ne se serait aperçu que récemment que cela n’avait pas été fait. En réalité, précise LE TEMPS, Mark Zuckerberg était au courant de ces abus dès 2015. Mais il s’est bien gardé d’en avertir à l'époque les utilisateurs. Et il a fallu attendre les révélations parues dans la presse, le weekend dernier, pour que Facebook se décide enfin à bannir Cambridge Analytica. Cela suffira-t-il à éteindre la polémique ? Roger McNamee, ex-mentor de Zuckerberg, l’a déclaré sans détour sur CNN : «Facebook est confrontée à une crise de confiance qui pourrait détruire la compagnie.» Dos au mur, le milliardaire n’a donc d’autre choix, à présent, que d’instaurer très vite des contrôles stricts et des garde-fous s’il veut espérer regagner la confiance de ses quelque 2 milliards d’utilisateurs. 

Ce qui pose, d’ailleurs, plusieurs questions, note de son côté la SÜDDEUTSCHE ZEITUNG. Tout d'abord, la situation de quasi-monopole des grands groupes américains (Facebook, Google ou Apple) et l'absence d'alternative à ces entreprises pour les utilisateurs qui voudraient protéger leur sphère privée. Et puis n'oublions pas que ce sont nous qui, en installant des applications sur nos téléphones (lesquelles donnent accès à notre géolocalisation, à nos photos personnelles et à notre carte mémoire) conférons, de notre plein gré, des droits à ces entreprises. Seulement voilà, sommes-nous prêts à prendre la véritable mesure de l'influence qu'exerce sur nous la technologie ?, interroge pour sa part DE MORGEN. Nous avons, trop souvent, la troublante présomption que la technologie va nous donner des ailes. Parce que nous nous refusons à concevoir cette technologie comme une réalité organique, comprenez comme quelque chose qui grandit tout seul et se développe, en partie indépendamment de notre volonté mais sûrement pas de manière autonome. Et pourquoi ? Parce que nous faisons partie du jeu. Ou dit autrement, nous sommes la technologie. 

Enfin, s'il fallait encore se convaincre que ce qui, au niveau individuel, n'a que peu d'incidence peut, en revanche, devenir un problème de société à l'échelle du collectif, voilà que de nouvelles révélations alarmantes ont vu le jour au sujet de Cambridge Analytica. 

Ou quand on apprend que Cambridge Analytica a utilisé des méthodes controversées pour orienter le résultat de plusieurs élections. 

Un reportage tourné en caméra cachée et diffusé par la chaîne de télévision britannique CHANNEL 4 vient de lever le voile sur les pratiques de la société de conseil britannique. Sur ces images, on peut voir et surtout entendre les dirigeants de CA expliquer qu’ils interviennent dans les campagnes électorales sur toute la planète, à travers des sociétés écrans ou des sous-traitants. «Des informations sont distillées sur Internet et les réseaux sociaux, puis nous les regardons faire boule de neige, en leur donnant un petit coup de pouce de temps en temps, comme avec une télécommande», raconte le chargé du département politique de la société. Avant de préciser : «Cela doit se faire sans que personne pense ‘c’est de la propagande’, parce que dès que vous le pensez la question qui suit est : ‘Qui a fait ça’ ?». Au total, les dirigeants de la société se vantent d'avoir fourré leur nez dans plus de 200 processus électoraux à travers le monde, en particulier au Nigeria, au Kenya, en République tchèque, en Inde et en Argentine.

Enfin sortir du silence, toujours et encore. Hier, après onze ans de censure, Israël a reconnu avoir bombardé une centrale nucléaire syrienne en 2007.Et toute la journée d'hier les médias israéliens ont aussitôt spéculé sur les raisons pour lesquelles le gouvernement avait fini par lever le secret. Et surtout pour savoir qui était responsable de cette opération. S'en est suivie une véritable guerre des ego, résume LE TEMPS. Premier ministre à l’époque des faits, Ehud Olmert (qui sort cette semaine ses mémoires) raconte à qui veut bien l’entendre comment il a géré l’opération. Une manière aussi, sans doute, de redorer son blason, après avoir passé plusieurs mois en prison pour corruption. Sauf que cette initiative n’a pas eu l’heur de plaire à son ancien ministre de la Défense, Ehud Barak, qui s’apprête à livrer, lui, sa version des faits dans une autobiographie à paraître en mai. Et c'est ainsi, relève de son côté HAA'RETZ, que l'actuel ministre de la Défense (Avigdor Lieberman) a dit finalement regretter, hier, avoir approuvé la publication des détails de cette attaque.

Par Thomas CLUZEL

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