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Giuseppe Conte et Matteo Salvini

Budget italien : Bruxelles et Rome jouent la fermeté, les marché financiers en arbitres

5 min
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La Commission européenne menace l'Italie de sanctions pour "déficit excessif", Matteo Salvini redit sa détermination à "affronter l'Europe", mais ce sont les marchés financiers qui devraient avoir le dernier mot. En Tunisie une grève des fonctionnaires rappelle l'urgence de la crise sociale.

Giuseppe Conte et Matteo Salvini
Giuseppe Conte et Matteo Salvini Crédits : MICHELE SPATARI - AFP

La presse européenne commente abondamment ce matin le rejet par Bruxelles du projet de budget italien.  

Ce n'est pas une surprise, de l'avis général, mais la Commission Européenne, nous dit Der Spiegel en Allemagne, a bien acté hier une escalade claire dans le bras de fer qui l'oppose à Rome : non seulement le projet de budget 2019 est à nouveau refusé, mais des menaces sont clairement exprimées de lancer contre le gouvernement italien une procédure disciplinaire pour "déficit excessif", avec à la clé de coûteuses sanctions financières.  

L'Italie pourrait donc avoir à payer des milliards d'euros d'amendes si elle persiste dans sa voie d'aggravation du déficit public : "c'est la règle pour tous les membres de l'UE", rappelle Der Spiegel , "et Rome ne peut plus faire mine de l'ignorer" comme ses leaders, Giuseppe Conte du Mouvement 5 Etoiles et Matteo Salvini de la Ligue d'extrême-droite se sont appliqués à le faire jusqu'à présent. 

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Sauf que justement, ignorer et même défier la doctrine budgétaire, c'est ce que promet de faire l'exécutif transalpin : le quotidien suisse Le Temps estime même que l'intransigeance affichée par Bruxelles "renforce Conte et Salvini dans leur lutte politique contre l'Europe".  Leur discours qui réaffirme la souveraineté de Rome à ne pas se laisser dicter sa conduite budgétaire semble toujours fonctionner dans l'opinion publique italienne. 

Alors le bouillant Matteo Salvini a beau jeu, comme le cite The Guardian, de redire qu'il compte bien "affronter l'Europe" jusqu'au bout pour "imposer à Bruxelles le respect de l'Italie et de ses citoyens", il a beau dire, à la fin, analyse le Financial Times, "ce sont les marchés financiers, et non la commission Européenne, qui auront le dernier mot" .  

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Car derrière les menaces, nous explique Tony Barber dans le FT, ni les commissaires européens ni les dirigeants italiens ne veulent vraiment en arriver au déclenchement des sanctions financières ; à Bruxelles on reconnait en privé que ce serait "contre-productif et stupide" et qu'il conviendrait donc de "laisser les marchés" sanctionner eux-même Rome Déjà, les analystes financiers notent que les investisseurs, italiens et étrangers, rechignent de plus en plus à racheter des obligations sur la dette publique italienne.  

Conclusion, du Financial Times : "Bruxelles a beau grogner tant qu'elle veut sur l'Italie, in fine, ce sont les marchés qui ont des dents pour mordre".

En Tunisie le puissant syndicat UGTT appelle les fonctionnaires à la grève ce jeudi. 

Le mouvement social pourrait peser lourd, à proportion du poids de la fonction publique en Tunisie, 670 000 fonctionnaires, dont 300 000 pourraient suivre l'appel à la grève, selon les prévisions de Jeune Afrique qui revient aux sources du conflit : depuis des semaines, l'UGTT négociait avec le gouvernement de Youssef Chahed une revalorisation des salaires dans la fonction publique à hauteur en tout d'1,2 milliards de dinars soit 360 millions d'euros. 

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Mais l'équation semble simple et trop bien connue : les finances de la Tunisie sont tenues par ses bailleurs internationaux, à commencer par le FMI, et cet écart budgétaire les feraient sortir des clous. Une logique reprise à son compte par le journal économique Kapitalis, selon qui "l'idée même d'une augmentation des fonctionnaires est surréaliste", alors que la Banque Mondiale préconise plutôt de supprimer 150 000 postes dans l'administration.  

Mais plus largement, à lire Le Temps de Tunis, on comprend que cette grève, porte avant tout sur "le pouvoir d'achat" de ces fonctionnaires tunisiens, censés former la classe moyenne du pays, mais particulièrement frappés par les coupes dans les dépenses publiques.  Le Temps nous rappelle qu'un précédent appel à la grève avait été lancé fin octobre par la centrale syndicale, mais qu'il avait été annulé in extremis, parce que des concessions avaient été obtenues sur le pouvoir d'achat des salariés du privé. Alors "pourquoi les fonctionnaires seraient les seuls à ne pas y avoir droit ?", s'interroge le quotidien.  

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Et derrière cette journée de grève, c'est toute la fragilité sociale et politique de la Tunisie post-Révolution qui affleure : c'est ce qu'on comprend en lisant le site MondAfrique.  On y décrit une Tunisie "ravagée par la crise où l'Etat profond sécuritaire cherche à tout prix à reprendre les rênes du pouvoir", face à "un resssentiment populaire" grandissant. C'est donc tout l'enjeu de cette grève d'aujourd'hui... avec en coulisse selon MondAfrique une alliance contre-nature entre le syndicat UGTT et le président Essebsi pour affaiblir le chef du gouvernement Yousseff Chahed, et ses alliés islamistes d'Ennahdha.   

Dans la presse mexicaine on se passionne pour les préparatifs de la cérémonie d’investiture du nouveau président Andres Manuel Lopez Obrador.  

Celui que l'on surnomme AMLO, grand leader de la gauche mexicaine, vainqueur de la dernière présidentielle, prendra ses fonctions le 1er décembre, soit dans un peu plus d'une semaine, et les prémisses de cet événement sont scrutés dans le moindre détail par la presse de droite devenue presse d'opposition.

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Il y a d'abord, note El Debate, le fait qu'AMLO va prononcer un grand Discours à la Nation, depuis la tribune de la Chambre des députés mexicains.  C'est le protocole, mais le fait est qu'il n'avait pas pu être respecté pour les prises de fonctions des précédents chefs de l'Etat, plus ou moins clairement marqués à droite, parce que la gauche menée par ce même AMLO les en avait empêché.

Mais ce qui reste surtout en travers de la gorge d'El Financiero, c'est la présence sur la liste des invités du vénézuélien Nicolas Maduro. "Ce n'est simplement de la courtoise diplomatique, il y a une vraie affinité idéologique" entre le nouveau président mexicain et le "tyran de Caracas", nous explique-t'on.

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El Universal, de son côté, évoque l'appel lancé par un juge du Tribunal Suprême vénézuélien, actuellement réfugié en Colombie : appel à ce que Maduro soit interpellé dès son arrivée sur le sol mexicain le 1er décembre : le tribunal en exil, "tribunal d'opérette" selon l'entourage du président, avait condamné au mois d'août le leader chaviste à 18 ans de prison pour corruption.

Chroniques

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