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Le Diciotto

Le gouvernement italien et le Diciotti, analysés par la presse italienne

5 min

Cette revue de presse internationale nous emmène également en Colombie et sur la Lune.

Le Diciotto
Le Diciotto Crédits : Alessandro FUCARINI / AFP - AFP

Il est aujourd'hui question dans la presse italienne de cet imbroglio autour du Diciotti, ce bateau qui est arrivé sur les côtes il y a quelques jours avec à son bord 177 migrants. Rome demande aux pays de l'Union Européenne de les accueillir. 29 mineurs ont quand même été autorisés à descendre de l'embarcation mais les autres doivent pour le moment rester dedans.  Alors la presse italienne pointe notamment les incohérences du gouvernement sur le sujet. 

Le quotidien Il giornale constate par exemple que l'on entend pas beaucoup le premier ministre Giuseppe Conte. C'est compréhensible écrit Laura Cesaretti, que pourrait-il dire ? Il y a d'un côté le ministre des transports Toninelli qui évoque les "vaillants hommes de la Garde côtière" qui ont fait leur "devoir en sauvant des vies". Mais il y a aussi le ministre de l'intérieur Salvini qui décrète que ces migrants resteront sur le bateau jusqu'à ce qu'ils soient accueillis par d'autres pays. Il y a d'un côté le ministre des Affaires étrangères Moavero qui commence une tournée européenne pour demander de l'aide. L'Union s'active et Salvini attaque Bruxelles. La confusion idéologique règne. 

Le Huffington Post Italien monte également au créneau avec une comparaison assez osée. Pietro Salvatori rapproche Matteo Salvini de _Judge Dredd, ce personnage de juge policier ultra-autoritaire notamment incarné à l'écran par Sylvester Stallone avec cette fameuse formule "la loi c'est moi"_.  Pour le Huffington Post, Salvini cherche aujourd'hui à tout prix à montrer ses muscles.  Mais des résistances commencent à apparaître face à lui. Suite à des déclarations du procureur notamment, le ministre de l'intérieur a dû céder un petit peu de terrain.  Une première brêche s'est ouverte, peut-on lire. 29 mineurs ont pu descendre du navire. L'impasse politique autour de Salvini n'est pas résolue mais un front inhabituel commence à exercer une pression.  Alors cet article dans un grand élan d'utopie, humoristique bien sûr, se prend à rêver d'une fin à la Judge Dredd. Dans la conclusion du film le superflic a finalement appris la modération et il s'entend dire qu'après tout ce n'est pas si mal d'être humain. Peut-on s'attendre à voir Salvini dire un jour une phrase similaire dans une sorte de happy end façon hollywood. Il est quand même permis d'en douter un petit peu évidemment.   

Jetons maintenant un coup d'oeil à la presse colombienne.  L'Etat colombien a été condamné hier pour sa "responsabilité administrative" dans l'attentat urbain le plus meurtrier des FARC. Cet attentat remonte au 7 février 2003. Il avait été commis contre le club El Nogal. 36 personnes avaient trouvé la mort.  Dans la presse colombienne ce sont surtout des articles très factuels, qui nous permettent de bien comprendre l'affaire.  Le quotidien El Espectador rappelle le contexte.  A l'époque, il y avait une situation d'ordre public compliquée, les autorités auraient dû prendre des mesures pour assurer la sécurité de la population civile. On lit dans cet article certains des motifs de la décision de justice.  Le Bureau du Procureur et l'ancien Département Administratif de Sécurité se sont abstenus de traiter et de vérifier rapidement des informations reçues à propos de l'imminence d'une attaque terroriste. Pourtant les installations du club avaient été identifiées comme une cible possible. 

Dans un autre quotidien El colombiano on comprend également un petit peu mieux un autre argument de la justice pour condamner l'Etat.  A l'époque le ministère de l'Intérieur, apprend-t-on, tenait des réunions répétées et avait des activités institutionnelles dans les locaux de ce club El Nogal, et la ministre de la Défense de l'époque passait également de fréquentes nuits à l'hôtel du club. Tout cela aggravait le risque pour les employés et les partenaires de l'hôtel. Pour cette condamnation, l'État devra notamment verser une somme d'argent aux personnes touchées par cet attentat. Mais le montant exact n'a pas été détaillé. 

Et puis les médias internationaux nous emmènent également sur la Lune... C'est Courrier International qui attire notre attention sur le sujet.  C'est donc officiel, il y a de l'eau sous forme de glace à la surface de la lune. Le site américain Space.com évoque cette découverte rendue publique par la NASA en début de semaine.  Les chercheurs ont confirmé la présence de substance gelée sur le sol autour des pôles nord et sud de la Lune. C'est une bonne nouvelle pour quiconque souhaite voir l'humanité retourner sur la lune pour y faire davantage que simplement planter des drapeaux. C'est ce qu'écrit Mike Wall.  

Quelques précisions à trouver dans un journal indien The Times of India. Voici ce que l'on peut lire. Ce qui rend cette découverte spéciale, c'est bien que la glace d'eau est exposée à la surface, contrairement aux découvertes précédentes qui situaient l'eau sous la surface lunaire. D'un point de vue technique, les eaux de surface pourraient être plus facilement exploitées. Cela ouvre un éventail de possibilités. Nous pourrions effectuer des missions habitées plus longues sur la Lune. Une source d'eau accessible renforce l'idée de construire une base lunaire qui pourrait, entre autres, servir de rampe de lancement pour des missions habitées dans d'autres parties du système solaire. Et puis le Times of India se félicite également que cette découverte ait pu être faite grâce à du matériel indien, une sonde indienne plus précisément qui a recueilli ces données.  Cela met en évidence le chemin parcouru par le programme indien spatial au cours des dernières décennies. Conclut l'article.

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