LE DIRECT
Mawda Shawri, deux ans, kurde d'origine irakienne, a été tuée en Belgique par un tir policier.

Autant d'histoires qui concentrent, à elles seules, tous les maux

5 min
À retrouver dans l'émission

En Belgique, la fillette kurde décédée par balle lors d'une course-poursuite entre forces de l'ordre et migrants, jeudi dernier, a bien été touchée par un tir policier. Une enquête a été confiée à la police des polices belge.

Mawda Shawri, deux ans, kurde d'origine irakienne, a été tuée en Belgique par un tir policier.
Mawda Shawri, deux ans, kurde d'origine irakienne, a été tuée en Belgique par un tir policier. Crédits : HAND OUT / BELGA MAG / BELGA - AFP

C’est l’histoire d'un employé du gouvernement américain en Chine et qui, au propre comme au figuré, symbolise aujourd'hui la mauvaise entente entre Washington et Pékin. L'homme, en poste à Canton, s'est récemment plaint de sensations bizarres, comme des bruits, vagues mais anormaux. Rentré aux Etats-Unis pour y effectuer des examens, on lui a finalement diagnostiqué un traumatisme cérébral léger. Et même si la raison de ses symptômes demeure encore inconnue, précise le site de la chaîne CNN, l'administration américaine, elle, a vite fait de pointer une similarité frappante, sinon inquiétante, avec les mystérieuses attaques acoustiques subies par des diplomates américains à Cuba. Ou dit autrement, il n'en fallait pas davantage pour pousser Washington à prendre cette nouvelle affaire extrêmement au sérieux. De sorte que, dès-hier, l'ambassade des Etats-Unis en Chine a émis une alerte sanitaire pour mettre en garde tous ses ressortissants qui ressentiraient des «phénomènes auditifs ou sensoriels aigus et inhabituels». 

Enfin, cet incident qui, à première vue, aurait pu sembler tout à fait anodin, survient en réalité au pire moment, comprenez un épisode de tension extrême entre les États-Unis et la Chine, rappelle pour sa part le site POLITICO. D'une part, les deux pays sont engagés dans des pourparlers de haut niveau visant à éviter une guerre commerciale. D'autre part et ainsi qu'en témoigne la visite en ce moment même à Washington du ministre chinois des Affaires étrangères, Pékin joue un rôle diplomatique absolument crucial dans la préparation de l'éventuel sommet entre Donald Trump et son homologue nord-coréen Kim Jong-un. Enfin pas plus tard qu'hier, les Etats-Unis ont décidé de retirer à la République Populaire de Chine l'invitation qui lui avait, pourtant, été faite de participer dans le Pacifique aux plus importants exercices militaires maritimes au monde. Une décision aussitôt condamnée par Pékin.

On reste aux Etats-Unis avec, à présent, l'histoire de cette professeur tuée dans la récente fusillade au lycée de Santa Fe au Texas.Parce que Cynthia, 63 ans, travaillait à la fois comme prof remplaçante mais aussi comme serveuse, le soir, pour payer les factures médicales de son mari atteint d'une fibrose pulmonaire, sa vie, peut-on lire sur le site de la chaîne CNN repérée par le magazine Slate, semblait cumuler les pires dysfonctionnements de l'Amérique actuelle : la situation financière des enseignants des écoles publiques, tout d'abord, particulièrement désastreuse et qui depuis la fin février a conduit non seulement des milliers de professeur à faire grève mais aussi, pour certains d'entre eux, à cumuler deux emplois pour s'en sortir, exactement comme le faisait Cynthia. Ensuite, parmi les pays riches, les États-Unis sont aujourd'hui les seuls non seulement à ne pas offrir d'assurances maladie publique pour tous mais aussi les seuls à avoir des frais de santé aussi élevés. Enfin, bien sûr, toujours parmi les plus aisés, aucun autre pays dans le monde que l'Amérique ne cumule autant de décès par balles. Depuis la fusillade et la médiatisation de la situation de cette famille, des dons venants des États-Unis mais aussi de trente-trois pays étrangers ont commencé à affluer. Ils devront permettre de payer les frais funéraires de Cynthia et les soins à domicile pour son mari.

Direction la Belgique, à présent, où la mort tragique de la petite Mawda la semaine dernière vire à la polémique. C'était dans la nuit de jeudi à vendredi. Alors que des policiers prennent en chasse une camionnette transportant une trentaine de migrants, l’un d'eux tente de viser le conducteur de la fourgonnette. Une balle et une seule qui viendra directement frapper le visage de la petite Mawda, 2 ans, alors dans les bras de sa mère à côté du conducteur et qui décédera peu après dans l'ambulance, dans laquelle ses parents arrêtés n’auront même pas pu l’accompagner. Cette sordide affaire a donné lieu à plusieurs mobilisations ces derniers jours en Belgique, mais aussi nombre de commentaires dans les journaux, ainsi que le relève le Courrier International. Une enfant qui fuit la guerre (en l'occurrence l'Irak) ne peut mourir en Belgique d’une balle de la police. Pas chez nous, pas sur notre sol, s'indigne notamment l'éditorialiste du SOIR. On reste pantois devant un tel traitement d’êtres humains qui n’ont commis aucun crime, se désole à son tour son confrère de LA MEUSE. Enfin pour son confrère DE STANDAARD, la mort de Mawda présente tous les ingrédients pour devenir un dossier symbolique, qui conduirait à une réflexion sur la politique appliquée à toutes celles et tous ceux que l'on désigne encore sous le terme générique de «migrants» et réduits aujourd’hui à des statistiques froides. 

Enfin en Italie, alors que le pays traverse un invraisemblable chaos politique, voilà que le déraillement cette nuit d'un train résonne de la plus tragique des manières. Ainsi qu'en témoignent les premières images des chaînes de télévision, un train régional a déraillé après avoir heurté un poids lourd qui s'était arrêté à un passage à niveau, peu avant le passage du convoi. Deux personnes au moins (dont le conducteur du train) ont été tuées et plusieurs autres blessées. Selon des témoignages sur place, précise la version en ligne de LA STAMPA, l'accident s'est produit car le poids lourd était un «convoi exceptionnel», transportant un chargement particulièrement long. Une camionnette qui le précédait aurait franchi normalement le passage à niveau, mais lorsque les barrières ont commencé à s'abaisser, le poids lourd, lui, qui était une dizaine de mètres derrière, n'a pas réussi à freiner à temps et s'est arrêté sur les rails. Evidemment, la catastrophe est survenue trop tard pour faire ce matin la première page des journaux. Reste que le titre à la Une, ce matin, d'IL GAZZETTINO, sur la tâche qui attend le tout nouveau Premier Ministre, ajoute un peu plus encore au malaise face à la tragédie : La course à obstacle de Giuseppe Conte.

Par Thomas CLUZEL

L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......