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Les politiques de tous les bords se servent du virus pour influencer la population

Élections en RDC : 1,2 million d'électeurs exclus temporairement à cause d'Ebola

6 min
À retrouver dans l'émission

Le pouvoir organise finalement des élections en deux temps. Tout le pays votera dimanche, sauf trois circonscriptions en raison de l'épidémie d'Ebola et des violences interethniques. L'opposition dénonce un tour de passe-passe du président Kabila.

Les politiques de tous les bords se servent du virus pour influencer la population
Les politiques de tous les bords se servent du virus pour influencer la population Crédits : Isaac Kasamani - AFP

De la colère et des suspicions dans la presse ce matin au sujet des élections en République Démocratique du Congo. Scrutin présidentiel et législatif attendu depuis 2 ans, à nouveau partiellement reporté. 

C'est une petite musique qui revient régulièrement aux oreilles des Congolais, constate la presse ce matin. Il y a d'abord eu un premier motif de report : fichier électoral incomplet, déclarait en septembre 2016 la CENI, la Commission électorale indépendante. En 2017, rebelote : rien n'est prêt, disait-elle, et il faut un an de plus. Ensuite, les scrutins présidentiels et législatifs devaient avoir lieu le 23 décembre cette année... Nous en avions parlé dans cette revue de presse la semaine dernière, reporté encore une fois d'une semaine, en raison de problèmes techniques, liés à l'incendie dans un dépôt de matériel électoral. 

Et puis, coup de théâtre hier, trois circonscriptions électorales, Beni et Butembo au Nord-Kivu et celle de Yumbi dans l'ouest du pays, ont été temporairement exclues de l'élection. Motifs invoqués : l'épidémie d'Ebola qui continue de sévir et la violence des conflits interethniques dans cette zone. Les élections sont bien maintenues à dimanche, sauf pour ces trois régions, qui voteront en mars prochain. Plus d'1 million d'électeurs sont ainsi exclus, s'indigne le quotidien belge Le Soir. Des électeurs dont le bulletin pourrait pourtant être déterminant sur le résultat de la présidentielle qui se jouera en un seul tour et sur le résultat de la législative, car la répartition des sièges est basée sur les résultats à l'échelle nationale. 

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Colère dans tout le pays. Pour l'opposition, c'est une manipulation du pouvoir pour truquer le scrutin, peut-on lire sur le site de la BBC Afrique qui cite également ce tweet d'une militante pro-démocratie : "Comment peut-on publier les résultats définitifs le 15 janvier, pendant que d'autres villes et territoires voterons en mars ? on nous prend vraiment pour des c...". Autre coup de colère d'un Congolais vivant dans l'une des régions exclues, à retrouver sur Al Jazeera : "Trop c'est trop. Ils n'ont pas le droit d'utiliser l'épidémie d'Ebola pour nous laisser de côté".  

Pourtant ces motifs de report sont bel et bien concrets. Depuis le mois d'août, le virus est hors de contrôle dans cette partie septentrionale du pays. Des équipes médicales sont à pied d'oeuvre pour tenter d'éradiquer le fléau. La situation est particulièrement bien détaillée dans un article du New York Times. Un virus d'autant plus difficile à combattre qu'il évolue dans une zone où sévissent des milices meurtrières. Ebola fait peur mais il n'y a pas que ça. "Nous avons peur des Mai-Mai", explique un épidémiologiste. Les Mai-Mai, ce sont les miliciens.

Mais il est difficile à combattre aussi car certains politiques s'en servent pour influer sur l'élection. Des candidats diffusent des rumeurs à la population. Qu'Ebola est une création du gouvernement pour les exterminer ou qu'Ebola est propagé par les étrangers. Difficile d'imaginer, dans ces conditions, des élections se dérouler dans un climat apaisé. 

Les médecins ont autant peur des milices que du virus.
Les médecins ont autant peur des milices que du virus. Crédits : Isaac Kasamani - AFP

Sur place, en RDC, la presse heureusement ne relaye pas ces fausses informations, mais analyse les conséquences d'un tel scrutin en deux parties.

MediaCongo par exemple, détaille les scénarios possible, avec une conclusion toujours identique. Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et qui ne peut plus être élu, se maintient à la tête du pays, puisque selon la constitution de 2006, "le président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu". Première hypothèse : la Cour constitutionnelle invalide la présidentielle à cause de l'exclusion des trois circonscriptions. Énième report de l'élections. Deuxième hypothèse : la Cour constitutionnelle demande le report général des deux scrutins. Et dans ces deux hypothèses, Joseph Kabila assurerait l'intérim. Troisième hypothèse : le président, en s'appuyant sur la Constitution, décrète que la situation d'insécurité ne permet pas la tenue des élections présentement. Il resterait alors au pouvoir, au nom de la sécurité publique et de la continuité de l'Etat, le temps que les violences soient éradiquées. Autant dire jamais...

La presse ce matin revient aussi beaucoup sur le déplacement surprise de Donald Trump en Irak pour rendre hommage aux troupes sur place. Avec un traitement de cette information qui varie en fonction des régions.

Dans la presse américaine d'abord. On s'étonne d'une telle visite du président américain, au moment où le pays vit à l'heure du shutdown des administrations. Et dans la mesure où, bien qu'il s'agisse d'une tradition pour un "Commander in chief", l'année dernière, Donald Trump l'avait tout simplement boudée. 

"Nous ne sommes plus des pigeons, les amis", a lancé Donald Trump.
"Nous ne sommes plus des pigeons, les amis", a lancé Donald Trump. Crédits : SAUL LOEB - AFP

Que retenir de cette visite éclair de trois heures en compagnie de sa femme et sans autre membre du gouvernement que John Bolton, le Conseiller à la sécurité nationale ? Fox News, comme le New York Times, et Bloomberg, rappellent bien entendu le contexte. Le déplacement intervient une semaine après l'annonce du prochain retrait de l'US Army en Syrie. Donald Trump hier, a réaffirmé que Daesh était "quasiment" vaincu, petite nuance par rapport à la semaine dernière. Mais même conviction. 

Mais ce qui est d'abord mis en avant, c'est cette partie du discours de Donald Trump, qui n'est pourtant pas la plus intéressante :"nous ne sommes plus des pigeons, les amis. On nous respecte à nouveau en temps que nation." Voila qui rappelle bien à quoi servent, de façon générale, ces visites aux troupes en poste à l'étranger. Le président lui même le sait. À retrouver sur son compte Twitter et relayé par la presse, un résumé vidéo de sa visite, avec cette musique pour l'accompagner. 

Dans les médias, hors Etats-Unis, c'est une autre phrase qui retient l'attention. 

Le Monde en France, Der Standard en Autriche, le Corriere Della Serra en Italie, tous titrent ou mettent en avant cette phrase du discours de Donald Trump : "les Etats-Unis ne peuvent pas continuer à être le gendarme du monde". Voila qui confirme un changement de ton et de position radical dans l'histoire de la politique étrangère et de défense des Etats-Unis, note la presse européenne. 

Quant à la presse au Moyen-Orient, elle a d'autres préoccupations, car cette visite surprise de Donald Trump s'est faite en tout petit comité et en seulement trois heures. Première visite sur un terrain d'opération, première visite sur le sol irakien même. Sans rencontrer son homologue, précise Al Jazeera. On apprend qu'un rendez-vous avec le Premier ministre Adel Abdul Mahdi était prévu, transformé à la dernière minute en coup de téléphone. La diplomatie en prend un coup. De nombreux politiques et membres du Parlement parlent du déplacement américain comme d'une violation la souveraineté irakienne. 

La visite de Donald Trump n'a pas plu aux autorités irakiennes.
La visite de Donald Trump n'a pas plu aux autorités irakiennes. Crédits : SAUL LOEB - AFP

Quant au journal israélien Haaretz, il s'inquiète d'une autre phrase prononcée par Donald Trump : "on donne à Israël, 4 milliards et demi de dollars tous les ans, tout ira bien pour eux." Pas de quoi rassurer le pays qui a déjà très mal pris l'annonce du retrait de Syrie.

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