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Capture d'écran d'un article du Washington Post, l'un des plus critiques au sujet de cette polémique

La polémique sur le hijab de Decathlon vue par la presse étrangère

5 min
À retrouver dans l'émission

La marque de sport française a finalement renoncé à commercialiser son "hijab de running" et de nombreux journaux étrangers commentent ce "Decathlon gate". La presse internationale qui évoque aussi le sort judiciaire des derniers djihadistes de Daech.

Capture d'écran d'un article du Washington Post, l'un des plus critiques au sujet de cette polémique
Capture d'écran d'un article du Washington Post, l'un des plus critiques au sujet de cette polémique

La polémique sur le hijab de Decathlon a été largement reprise dans toute la presse internationale comme c'est le cas à chaque fois que la France s'enflamme sur un sujet lié au concept de laïcité.

Il faut dire que c'est un concept très propre à notre pays. A tel point que ce mot n'est pas généralement pas traduisible directement, sans faire de contresens. Du coup, chacun y va de sa définition. Le Guardian parle ce matin d'un sécularisme basée sur la stricte séparation de l'Église et de l'État. La BBC rappelle que les signes religieux ostentatoires sont incompatibles avec l'apparence de neutralité exigée des scolaires et des fonctionnaires dans le cadre très strict de la loi française.

Et je ne rentre pas dans les détails des explications de texte qui reviennent régulièrement dans les médias au Proche-Orient par exemple, où le concept de laïcité est bien souvent confondu avec l'athéisme.

Le journal qui étrille la France ce matin est le Washington Post. Un hijab pour les joggeuses musulmanes en France, quel scandale ! 

C'est sous ce titre ironique que le correspondant à Paris du Post porte un regard assez consterné sur cette polémique.

Il parle de débat national acerbe et rappelle qu'aux Etats-Unis le regard sur ce sujet est totalement différent puisque le voile y est vu comme un moyen de faciliter l'accès au sport à des femmes, et donc de les inclure davantage.

Il rappelle ainsi que dimanche dernier encore, on a pu voir pendant les Oscars une publicité pour un autre équipementier.

Cette publicité montre des sportives qualifiées de folles pour avoir brisé des barrières en changeant de discipline sportive par exemple, en revenant en compétition après avoir eu un bébé ou en devenant la première athlète américaine à participer au JO en portant un voile, comme l'a fait l'escrimeuse Ijtihab Mohamed.

Dans The Local, l'ancien correspondant en France de The Independant, John Litchfield, est encore plus caustique. La France, ironise-t-il, est un pays émotif qui se targue de vouer un culte à la logique. Or, dans le débat français sur l'islam, dit il encore, les émotions et les préjugés défient toute raison. Puisqu'il n'est pas interdit en France de marcher dans la rue avec un foulard, pourquoi cela devrait-il poser un problème de courir avec, demande-t-il.

Bref, et on ne va pas re-rentrer ce matin dans la polémique, mais il est toujours intéressant de constater le poids de nos différences culturelles et sociales historiques sur des sujets communs et se rappeler que le regard extérieur de la presse internationale peut nous amener à nous poser des questions.

Le sort judiciaire des derniers djihadistes de Daech

Alors que l'on procède en Syrie à l'évacuation des derniers djihadistes, alors que le débat existe en France sur leur sort judiciaire, The Economist se penche sur la question de ces combattants étrangers dont les gouvernements occidentaux ne savent que faire.

Le journal s'indigne de ces hommes et de ces femmes qui ont hier brûlé leur passeport et qui se comportent aujourd'hui comme des touristes en détresse victimes d'un voyage mal organisé. Et qui demandent à leur pays d'origine de les ramener à la maison.

41 000 étrangers auraient en tout rejoint la Syrie et l'Irak pour rallier Daech. Entre ceux qui sont rentrés et ceux qui sont morts, il resterait sur place 850 hommes et quelques milliers de femmes.

Jusqu'ici, les pays étrangers étaient plutôt contents de les laisser sur place. Mais depuis l'annonce du retrait des troupes américaines, il devient urgent de trouver une solution. Donald Trump a demandé aux pays concernés de rapatrier ces citoyens que les forces kurdes sur place n'ont pas les moyens de gérer.

Alors comment faire, demande le journal.

Il y a bien la déchéance de nationalité qui permet de renvoyer le problème sur d'autres, mais cela vaut uniquement pour les binationaux.

C'est ce que fait l'Australie, par exemple.

C'est aussi ce que fait l'Angleterre. Et on a le cas de cette jeune femme, Shamima Begum, dont le sort enflamme le Royaume-Uni. Elle avait rejoint le Groupe État islamique quand elle était adolescente, elle vient d'être déchue de sa nationalité. Son bébé dans les bras, éplorée, elle a demandé son rapatriement.

"Désolée pour toi ma petite djihadiste sans cœur mais comme on a fait son lit on se couche" lui répond Alison Pearson dans The Telegraph.

NBC News rappelle que la question est particulièrement difficile pour les pays européens car en Syrie et en Irak les prisonniers peuvent peuvent encourir la peine de mort.

Une pratique à laquelle l'Union européenne est opposée. La Belgique a déjà dit qu'elle ne ferait pas d'efforts pour faciliter le retour de ses ressortissants. D'autres sont silencieux, et en France, le pays d'Europe avec le plus grand contingent de djihadistes, le débat est difficile.

Comment définir une position, ensemble, en Europe, quand chaque pays a une position différente ?

Dans The Telegraph, un reportage à Qamichli donne la parole aux autorités kurdes du nord-est de la Syrie, qui suggèrent d'établir un tribunal international comme celui de Nuremberg. Mais à la condition que les gouvernements occidentaux construisent des prisons en Syrie et fournissent les moyens de sécurité pour surveiller les djihadistes.

Or mettre en place en place un tel tribunal serait terriblement compliqué aujourd'hui, quand la Russie, alliée de Bachar al Assad, a un veto au Conseil de sécurité des Nations unies et pourrait s'y opposer.

Ce matin, on se demande donc une fois de plus comment trouver des solutions quand il n'y a jamais de réponses simples, faciles et uniques à apporter. 

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