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Les recherches sur Google contenant comme mots clés «Terre plate» ont triplé en l’espace de quatre ans. Capture d'écran Youtube

Ça ne tourne pas très rond

5 min
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Persuadé que la terre est plate, un américain a construit dans son garage, sa propre fusée pour aller le vérifier. Il n'est parvenu qu'à 570 mètres d’altitude... Sur la civière qui l'emmenait à l'hôpital, il s'est écrié : "Je l’ai fait !"

Les recherches sur Google contenant comme mots clés «Terre plate» ont triplé en l’espace de quatre ans. Capture d'écran Youtube
Les recherches sur Google contenant comme mots clés «Terre plate» ont triplé en l’espace de quatre ans. Capture d'écran Youtube

Cette semaine, décidément, ça ne tourne pas très rond. Et l'exemple le plus frappant est-il, sans doute, à trouver du côté de la presse outre-Atlantique. Ou quand l'on apprend qu'un américain de 61 ans, Mike Hugues, convaincu que la Terre est plate, a décidé pour en avoir le cœur net de s'envoler à bord d’une fusée construite dans son garage. Et c'est ainsi, précise USA TODAY, qu'après avoir dépensé 20 000 dollars pour transformer un mobile home et un échafaudage en rampe de lancement, l'homme s'est projeté dans l'espace ou (pour être tout à fait précis), disons plutôt, en direction de l'espace. La scène a d'ailleurs été immortalisée et diffusée sur une chaîne de télévision en ligne américaine NOIZE TV. Dans un nuage de fumée et sans attendre le traditionnel compte à rebours, note le magazine FORTUNE, on peut voir l'engin décoller jusqu'à 570 mètres d’altitude, avant que Mike ne déclenche un premier parachute, puis un second et vienne finalement s'écraser sur le plancher des vaches. Au total, son épopée entre Terre et ciel n'aura duré qu'une minute. Mais couché sur sa civière, l'homme n'en reste pas moins fier de lui : «J’en ai marre qu’on me dise que je me suis dégonflé et que je n’ai pas construit de fusée», a-t-il déclaré à la presse, avant d'ajouter : «Je l’ai fait!»

Bien sûr, si l'on considère que sa mission était déjà de revenir vivant d’une telle aventure, on dira que Mike a réussi. En revanche, ironise une chroniqueuse du TEMPS, s'agissant de ses recherches il est pour l'heure encore trop tôt pour trancher. Sponsorisé par «Flat Earth Research» (un groupe qui soutient que la Terre est plate), Mike Mad, comme on le surnomme dans le milieu, estime devoir atteindre une altitude plus élevée pour vérifier enfin sa théorie, selon laquelle la Terre a la forme d’un «frisbee». 

Alors on pourrait prendre Mike pour un original. Et pourtant, il n’est pas le seul, relève toujours le journal. Ses semblables, identifiés aux Etats-Unis comme les «Flat Earthers», sont probablement suffisamment nombreux pour nous faire croire à un retour à l’ère moyenâgeuse. Le 28 novembre dernier, en se basant sur des données de Google Trends, le très sérieux hebdomadaire britannique THE ECONOMIST avait, lui-même, remarqué que les recherches contenant comme mots clés «Terre plate» avaient triplé en l’espace de quatre ans. Quant à Mike, précise à nouveau USA TODAY, il a déjà un prochain plan en tête : se présenter au poste de gouverneur de Californie.

Direction Washington à présent où, là-bas non plus visiblement, cela ne tourne pas très rond.A moins que cela ne tourne, au contraire, un peu trop vite. Toujours est-il que Donald Trump a décidé, hier, de virer à la hussarde son ministre des Anciens combattants David Shulkin et d'annoncer (sur Twitter, comme à son habitude) le nom de son remplaçant : Ronny Jackson, le médecin de la Maison Blanche. Shulkin est donc le dernier membre en date de l’administration à se voir ainsi remplacé avec plus ou moins de ménagement. D'où, d'ailleurs, ce graphique interactif disponible sur le site du NEW YORK TIMES et qui permet à tous ceux qui auraient un peu de mal avec le turnover incessant à la Maison-Blanche de se mettre à jour. 

Pourquoi, tout d'abord, Shulkin a-t-il été remercié ? Selon la presse américaine qui évoque des problèmes de gestion au ministère des Anciens combattants, le plus gros de l'administration (après celui de la Défense) avec près de 360.000 fonctionnaires, l'homme était sur un siège éjectable. Au cours des derniers mois, précise toujours ce matin THE NEW YORK TIMES, un groupe de conservateurs nommés par l'administration Trump avait commencé à rompre avec le ministre et à fomenter son éviction. La question était de savoir dans quelle mesure et à quelle vitesse privatiser les soins de santé pour les anciens combattants. Un projet de loi vise, en effet, à assouplir les règles concernant les anciens combattants qui cherchent à obtenir des soins de santé privés, aux frais du gouvernement. Or pour mener à bien cet objectif, ce groupe de conservateurs en est venu à considérer Shulkin comme un obstacle. Dès-lors, la question était juste de savoir quand il serait licencié. 

Et puis s'agissant de son remplaçant, Ronny Jackson, il faut bien reconnaître qu’il présente plusieurs avantages certains, relève le quotidien USA TODAY. Tout d'abord c'est un militaire et Donald Trump aime ça. Ensuite, il a servi à la fois dans les administrations démocrate et républicaine, tout en recevant des éloges de part et d'autre. Enfin remarque THE WASHINGTON POST, Ronny Jackson avait de toute façon d'ores et déjà réussi son examen de passage avec le président Trump, avant même que celui-ci ne se mette en quête d'un nouveau ministre. C'était le 16 janvier dernier. Lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, Ronny Jackson, après avoir établi le premier examen de santé officielle du nouveau président (dont nombreux étaient ceux à douter de ses capacités à assumer ses fonctions), avait  affirmé : malgré «un léger embonpoint», Donald Trump est en «excellente santé». Il a beaucoup d'«énergie et d'endurance». Je suppose qu'il a des «gènes extraordinaires». «C'est ainsi que Dieu l'a fait. Comment dire qu'après un tel bilan, Donald Trump ne pouvait que lui vouer une reconnaissance éternelle. 

Enfin une autre démission, cette fois-ci, outre-Manche.L'information est à la Une, ce matin, de toute la presse britannique. Le président de la Commission des libérations conditionnelles, Nick Hardwick, a été forcé de démissionner, hier, après que sa décision de libérer un violeur en série a finalement été annulée. Trois juges ont, en effet, estimé que ladite Commission n'avait pas tenu compte de douzaines d'autres viols présumés, pour lesquels John Worboys n'était pas poursuivi. Quand THE SUN, THE I mais aussi THE DAILY TELEGRAPH saluent, ce matin, une victoire pour les victimes, THE DAILY MAIL, lui, s'interroge du coup sur la pertinence même du système de libération conditionnelle britannique. Est-il adapté à l'objectif ? Et le journal de rapporter, notamment, que le gouvernement a ordonné la révision urgente de plusieurs autres récentes décisions de libérer six criminels des prisons de haute sécurité.

En revanche, un an jour pour jour après que Theresa May a inauguré le processus de sortie de son pays de l'UE, ou dit autrement un an après le lancement du Brexit, seul THE DAILY EXPRESS a choisi de marquer l'évènement ce matin avec en première page une photo ensoleillée des côtes britanniques avec une vue dégagée sur l’horizon et cette légende, empruntée au ministre des affaires étrangères Boris Johnson : Notre voyage hors de l'UE est presque terminée, de sorte que nous profiterons bientôt d'une vue splendide sur le continent.

Par Thomas CLUZEL

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