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Andrew Gillum en 2016

Les candidats issus de la diversité se font une place dans la campagne des mid-terms américaines

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Les primaires démocrates pour les élections de mi-mandat aux Etats-Unis ont vu investis de nombreux candidats africains-américains, latinos ou issus de minorités. Ils font face à des républicains qui appliquent la rhétorique Trump, n'hésitant pas à jouer sur les angoisses et rancœurs raciales.

Andrew Gillum en 2016
Andrew Gillum en 2016 Crédits : PAT BENIC - Maxppp

Cette fois c'est bel et bien parti : aux Etats-Unis la presse se passionne pour la campagne des élections de mi-mandat. 

Elle a vraiment, cette campagne, cette semaine avec les primaires pour de nombreux postes qui seront mis au vote début novembre. Postes de gouverneurs, en particulier, et de concert le New York Times et le Washington Post font une même observation: pour ces élections, le Parti Démocrate donne une place beaucoup plus importante aux candidats issus des minorités.  Une "percée inimaginable il y a encore quelques années", s'enthousiasme le Times, mais à relativiser tout de même puisque le quotidien dénombre... trois candidats noirs ou latinos... aux postes de gouverneurs. Mais tout de même, en incluant les élections au Congrès, on voit qu'un "nombre record d'afro-américains, musulmans, gay, lesbiennes, et transgenre sont investis par le Parti Démocrate pour des postes de haut niveau". 

Et il y a un homme qui incarne ce nouveau visage c'est Andrew Gillum: il a remporté mardi la primaire en Floride, pour le poste de gouverneur.

Il promet dans son spot de campagne d'incarner l'aile la plus progressiste du parti démocrate (il est d'ailleurs soutenu par Bernie Sanders). Gillum est noir, il a 39 ans, et depuis bientôt quatre ans il est le maire de la ville de Tallahassee. Le Washington Post nous explique qu'il incarne cette nouvelle génération d'élus "non-blancs", poussée par des mécènes privés convaincus qu'il est temps d'en finir avec une classe politique presqu'exclusivement composée de "mâles blancs".  

Et c'est d'autant plus frappant, nous dit le New-York Times, qu'en face de ces candidats démocrates issus de la diversité,  il y a des républicains biberonnés à la rhétorique Trump, et qui jouent clairement, dans leurs discours, sur "les angoisses et la rancœur raciales".  Le résultat, c'est que les "questions ethniques se retrouvent au coeur de la campagne, de manière beaucoup plus conflictuelle que lors des dernières élections américaines". Il y a d'ailleurs une phrase prononcée hier qui illustre cette tension raciale. On la doit à Ron DeSantis, le rival républicain d'Andrew Gillum en Floride : 

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DeSantis appelle les électeurs à ne pas saccager les effets de la politique républicaine menée depuis des années dans cet Etat en cédant au programme "socialiste" de son adversaire. Sauf qu'il le dit en employant la formule "Don't monkey this up", avec ce mot "monkey", le singe. Aussitôt accusé de dérive raciste, DeSantis s'en est bien sûr défendu sur la chaîne préférée du président, Fox News: sa phrase n'avait "vraiment rien à voir avec un quelconque sous-entendu racial". Sur cette même chaîne le dernier mot est revenu à Andrew Gillum pour qui ce débordement sémantique  est loin d'être anodin. Pour lui "DeSantis a juste pris une page dans le manuel de campagne de Donald TRump et l'a appliqué à la lettre".

En Russie, Vladimir Poutine a cédé, en partie, sur la réforme très impopulaire du système de retraites russe. 

90% de la population opposée à un relèvement de l'âge de la retraite voulu par le Kremlin, c'est clairement une réforme impopulaire, et jusque-là Vladimir Poutine s'était bien gardé de s'exposer sur ce sujet. Mais ce mercredi, pendant trente minutes d'allocution télévisée, seul face au peuple comme dit le journal Izvestia, le président a repris la main, et il a corrigé la copie du gouvernement: 

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Question de "justice", a-t-il expliqué, l''augmentation de l'âge de départ en retraite ne peut pas être plus importante pour les femmes que pour les hommes. Il consent donc à ramener à 60 ans l'age légal pour les travailleuses contre 63 ans prévus au départ. Autre signe fort adressé en particulier aux femmes: une possibilité de partir trois ans plus tôt si elles ont eu trois enfants, quatre ans plus tôt si elles en ont eu 4. Mieux encore, décortique le site d'info Lenta.RU, les mères de cinq enfants et plus en seront tous simplement pas concernées par la réforme, et pourront cesser de travailler comme avant, à 50 ans. 

Ces annonces donnent dans la presse russe un flot de commentaires plutôt élogieux, sur le sens politique de Vladimir Poutine qui cède face à la grogne de la rue mais se donne l'image de l'arbitre, de celui qui remet du bon sens dans la réforme.  "Poutine, comme toujours, prend tout sur ses épaules; il a entendu les citoyens, il a dit ce qu'ils attendaient, avec sens de la justice et honnêteté; la thérapie de choc a été évitée", lisent donc ce matin les russes dans leurs journaux. Pas vraiment la conclusion tirée par le journal économique Vedomosti, selon lequel  "Poutine a présenté hier des modifications à la réforme qui sont en fait une repli tactique vers des positions... qui avaient été préparées à l'avance. Il a joué un bon coup politique, mais il n'a pas réglé le problème des retraites russes."  

Enfin nous partons pour l'Australie où une jeune Française sème la zizanie au sein du gouvernement libéral. 

On l'appellera Alexandra, une jeune fille au pair au cœur d'un scandale qui implique l'actuel ministre de l'Intérieur, le libéral Peter Dutton. 

ABC News nous explique tout: en 2015 les douaniers australiens voient débarquer Alexandra à l'aéroport de Sydney, avec un visa de tourisme qui lui interdit de travailler. Les services de l'immigration décident de l'arrêter et de la placer en rétention en vue d'une expulsion, après qu'elle leur a expliqué qu'elle compte travailler, "bénévolement", chez une famille. 

Mais pas n'importe quelle famille: celle du pasteur Callum McLachlan... cousin de Gillon McLachlan, lequel dirige la ligue de football australien et compte parmi les plus généreux donateurs du Parti Libéral. Vous voyez déjà où tout celà nous mène: on a appris ces derniers jours que le ministre de l'immigration de l'époque, Peter Dutton, est intervenu directement, sur demande de l'influent cousin, pour désavouer l'autorité de son service, et libérer Alexandra de manière, explique-t'il, "discrétionnaire et humanitaire". Le mot, semble mal à-propos, d'autant plus reproché à l'actuel ministre de l'Intérieur qu'il s'est fait une réputation, ces dernières années, sur l'intransigeance de sa politique migratoire.

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