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Migrants à bord du SeaWatch 3 attendant leur débarquement en Sicile

Le navire humanitaire Sea Watch 3 débarque en Sicile, entre soulagement et craintes

6 min
À retrouver dans l'émission

Après 13 jours bloqués en mer, les 47 migrants secourus par le Sea Watch 3 sont autorisés à débarquer à Catane, où l'ONG craint d'être placée sous séquestres. Au Liban, la fin de huit mois sans gouvernement ? Le Japon abaisse la majorité à 18 ans, les fabricants de kimonos s'affolent.

Migrants à bord du SeaWatch 3 attendant leur débarquement en Sicile
Migrants à bord du SeaWatch 3 attendant leur débarquement en Sicile Crédits : FEDERICO SCOPPA - AFP

Le navire humanitaire Sea Watch 3 avec 47 migrants à bord a été autorisé à accoster dans le port de Catane, en Sicile. 

47 hommes, femmes, adolescents, secourus il y a 13 jours au large de la Libye, nous rappelle ce matin Il Corriere della Serra, et un bateau, affrété par l'ONG allemande Sea Watch, qui était bloqué depuis vendredi dernier dans la rade de Siracuse : les autorités portuaires italiennes lui interdisaient de débarquer, comme elles interdisaient à toute autre embarcation de s'approcher de lui. 

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Mais ce jeudi le Sea Watch 3 va bien accoster dans le port de Catane: le feu vert lui a été donné mercredi soir, mais des avaries techniques, explique Il Giornale, ont repoussé de quelques heures le débarquement tant attendu. Pour arriver à faire céder Rome, et en particulier son ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, il a fallu trouver un accord avec 7 pays européens qui vont se partager l'accueil des 47 naufragés. L’Italie va aussi prendre sa part, et c'est une autre brèche dans la ligne de fermeture et de fermeté incarnée par Salvini, même si ce dernier précise que "sur les 47, seul un ou deux migrants pourront rester en Italie". 

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Le quotidien La Sicilia n'est toutefois pas dupe des raisons qui ont poussé Salvini à diriger le Sea Watch 3 vers le port de Catane, plutôt que vers celui de Siracuse où il avait jeté l'ancre : le dirigeant d'extrême-droite envoie les volontaires de l'ONG "dans la gueule du loup", dans cette ville de Catane où est basée le District policier anti-Mafia, celui-là même qui enquêtes sur des crimes tels que l'aide à l'immigration illégale. Et c'est justement sur ce motif que Salvini, il ne s'en cache pas, veut faire poursuivre les humanitaires en Méditerranée. Le risque, selon La Sicilia, c'est donc qu'une fois ses passagers débarqués, le Sea Watch 3 et son équipage se retrouvent bloqués à Catane par décision de Justice et empêché de rependre la mer pour sauver d'autres vies. 

Oui mais voilà, c'est l'autre titre de la presse italienne sur ce sujet de l'immigration en Méditerranée : Matteo Salvini pourrait bien être jugé lui-même, pour "séquestration aggravée, arrestations illégales, et abus de pouvoir". Ça concerne le sort réservé par le ministre à un autre bateau de secours en mer : c'était en août dernier, le Diciotti, avec 150 migrants à bord, avait du errer au large de la Sicile pendant une semaine, avant de pouvoir débarquer lui aussi à Catane. 

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On apprend dans La Repubblica que le procureur sicilien d'Agrigente a recommandé le renvoi en procès de Salvini. Il risque en théorie 15 ans de prison, mais il est pour le moment protégé par son immunité de sénateur. Une commission du Sénat décidera de la levée ou non de cette immunité le 23 février, mais à lire Il Giornale ce matin on comprend que la question taraude la majorité :  "faut-il ou non sauver le tyran Salvini ?". Il semblerait que dans les rangs du Mouvement 5 Etoiles, de plus en plus de sénateurs soient tentés par le camp du "non".

Sur une autre rive de la Méditerranée, le Liban n'a plus de gouvernement depuis 8 mois!  

En l'occurrence depuis les dernières élections législatives, qui remontent à mai 2018, le Premier ministre désigné Saad Hariri n'arrive pas à boucler la composition de son équipe, pour qu'elle représente toutes les composantes, politiques, confessionnelles mais aussi géopolitiques du Parlement. 

A  Beyrouth, le quotidien L'Orient-Le Jour consacre ce matin un "éclairage" salutaire, à cette crise gouvernementale dont l'entourage de Hariri annonce "la fin imminente". 

Un gouvernement au complet nommé dans les tous prochains jours? Ce n'est pas encore fait, mais on n'en a jamais été aussi près, veut croire l'OLJ qui nous explique que,  pour y arriver, il aurait fallu "les pressions conjuguées de Moscou, de Washington et de Paris".

Pressions focalisées en particulier sur le Hezbollah libanais : le poids des sanctions américaines, les menaces d'une intervention israélienne dans le sud du Liban et le lobbying de la Russie via l'Iran, tout cela semble avoir achevé de convaincre mouvement chiite pro-iranien d'accepter la main tendue par Saad Hariri.  

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Car c'est bien autour du Hezbollah que résidait le blocage... enfin, ce serait trop simple comme ça : en fait, précise le journal libanais en anglais The Daily Star, si la situation s'est apparemment débloquée hier, c'est parce qu'une solution a été trouvée pour que soit représentée au gouvernement la Rencontre consultative sunnite, un petit groupe de 6 députés, sunnites comme leur nom l'indique, mais soutenus par le Hezbollah chiite.  Nous voilà servi, si tant est qu'on ait encore besoin d'une illustration du morcellement à l'infini de la vie politique libanaise...

Mais "attention à ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué", écrit aussi l'Orient Le Jour tant que la composition du nouveau cabinet Hariri n'est pas officialisée, la situation reste la même : le Liban entre demain dans son neuvième mois sans gouvernement.  

EDIT : Depuis la diffusion de cette revue de presse l'Orient Le Jour a publié un article beaucoup moins optimiste sur la fin de cette crise gouvernementale...

Enfin au Japon, l'abaissement de la majorité légale à 18 ans inquiète les fabricants de Kimono.

C'est dans l'Asahi Shimbun que l'on comprend l'ampleur de ce débat de société, qui met aux prise cette évolution de la loi, la majorité à 18 ans plutôt que 20 actuellement... avec le poids de la tradition. En l’occurrence, la tradition, qui se déroule à cette période de l'année, c'est celle du Seijinshiki, la cérémonie de passage à l'age adulte.  Elle concerne tous les jeunes âgés donc de 20 ans, et elle est organisée, nous dit l'Asahi, depuis 70 ans dans environ 80% des villes et des écoles nippones... une sorte de bal de promotion à l'américaine, mais dans un style très traditionnel qui nécessite... bien sur le port du kimono d'apparat. 

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Alors, les fabricants de ce vêtement rituel s'érigent en gardiens du temple. Ils refusent que les cérémonies du Seijinshiki soient ouvertes aux jeunes de 18 ans : question, selon eux, de respect de la tradition. 

Mais en face, il y a des pressions économiques : des élus locaux en particuliers, voudraient que le rituel du passage à l'age adulte soit un peu dépoussiéré, ramené à 18 ans donc, mais surtout qu'on puisse organiser des cérémonies toute l'année et plus seulement au mois de janvier, histoire d'en faire un événement touristique. 

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Une folklorisation inacceptable, pour la confrérie des fabricants de kimonos. En lisant l'article de l'Asahi Shimbun on comprend aussi qu'il y a derrière tout ça un intérêt très pécuniaire : la crainte qu'à 18 ans , les jeunes nippons encore étudiants n'aient tout simplement pas les moyens de se payer un kimono de cérémonie.

Chroniques

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