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Le journaliste russe Arkadi Babtchenko "ressuscité" après une tentative d'assassinat

On ne vit que deux fois, du moins, ça en a tout l'air

5 min
À retrouver dans l'émission

Kiev a révélé que la pseudo mort du journaliste Arkadi Babtchenko n'était qu'une mise en scène, destinée à déjouer une tentative d’assassinat. Un Ukrainien recruté par les "services de sécurité russes" et présenté comme l'"organisateur" a été arrêté.

Le journaliste russe Arkadi Babtchenko "ressuscité" après une tentative d'assassinat
Le journaliste russe Arkadi Babtchenko "ressuscité" après une tentative d'assassinat Crédits : SERGEI SUPINSKY / AFP - AFP

«You only live twice». Ainsi chantait Nancy Sinatra au générique du cinquième opus de la célèbre saga James Bond. Et c'est également le titre choisi, ce matin, en Une du SUN et de son confrère DAILY STAR pour raconter la vraie fausse résurrection, hier, d'Arkadi Babtchenko, de retour d'entre les morts, peut-on lire cette fois-ci en manchette du I. Hier, le journaliste russe dont les autorités ukrainiennes avaient pourtant annoncé la mort quelques heures plus tôt est apparue bien vivant, et même tout sourire, à la conférence de presse censée éclaircir les circonstances de son meurtre. Lorsque le mort est entré dans la salle, raconte le quotidien britannique, les palpitations et les halètements des journalistes, le souffle littéralement coupé, se sont rapidement mêlés aux acclamations de joie, avant que les autorités ne finissent donc par livrer les détails de ce scénario, au mieux génial, au pire tordu, estime pour sa part le correspondant du TEMPS, une opération spéciale aux contours nébuleux et visant à identifier le commanditaire d’un meurtre réellement planifié. 

Il y a quelques jours, en effet, un tueur de nationalité ukrainienne, ayant pour projet d'assassiner Babtchenko pour le compte de la Russie, aurait été arrêté à Kiev. Sauf que le complot une fois déjoué, les services ukrainiens ont choisi de mettre en scène la fausse mort du journaliste, afin de faire croire aux représentants des services spéciaux russes que l’assassin avait bien rempli sa mission. Evidemment, Babtchenko, lui, a aussitôt présenté ses excuses à ses proches, et tout particulièrement à sa femme, pour avoir été contraint de les laisser croire à sa mort. «Je suis désolé, mais il n’y avait pas d’autre possibilité. Il a fallu deux mois pour préparer cette opération, à l'issue de laquelle un homme a été arrêté», a-t-il expliqué, avant de remercier les services de sécurité de lui avoir «sauvé la vie». 

Quoi qu'il en soit, cette affaire pour le moins rocambolesque pose, d'ores et déjà, plusieurs questions. Car elle n'aura pas seulement permis à Arkadi Babtchenko de devenir, sans doute, le premier journaliste de l’histoire à pouvoir lire les nécrologies émues que ses confrères du monde entier lui ont consacrées, elle aura surtout jouer avec la vérité. Or en utilisant l’arme des «fake news» contre les champions des «fake news», la stratégie ukrainienne pourrait désormais se retourner contre elle. «La victoire stratégique des services secrets ukrainiens risque de se transformer en désastre stratégique», estime notamment un politologue interrogé toujours dans les colonnes du journal. En clair, les russes ne manqueront pas de rire à la face des Ukrainiens la prochaine fois que ceux-ci les accuseront de choses horribles, quand bien même ces choses auront peut-être été commises. On pense, évidemment, au crash du vol de la Malaysia Airlines. Mais l'on pourrait tout aussi bien citer l'affaire Skripal au Royaume-Uni ou les soupçons d'ingérence dans la campagne présidentielle américaine. 

D'où cet article à lire, cette fois-ci, dans les colonnes du NEW-YORK TIMES. Qu’elle qu’en ait pu être la raison, on ne fait pas ça !, s'insurge l'éditorialiste. Selon lui, les autorités ukrainiennes auront surtout donné, hier, de l'eau au moulin à tous les théoriciens du complot. En l’occurrence, nul doute que le Kremlin s'emparera de cette tromperie officielle pour montrer jusqu'où ses ennemis sont capables d'aller pour ternir l'image de la Russie.

Elle a disparu mais n’est toujours pas réapparue publiquement. Elle, c'est Melania Trump. L'épouse du président américain n'a pas été vue en public depuis trois semaines, maintenant. Ce que les complotistes n’ont pas manqué de faire remarquer en lançant, depuis quelques jours, de nouvelles théories concernant la Première dame, note le magazine NEWSWEEK : Est-elle retournée vivre à New-York ? Est-elle en train d'écrire un livre sur son mari ? Ou vit-elle avec les Obama ? En début de semaine, son confrère BUSINESS INSIDER faisait, lui aussi, état de quelques-unes de ces théories fumeuses, parmi lesquelles Melania serait une espionne russe. 

Bien entendu, toutes ces histoires n'ont aucun sens, tranche le site POLITICO. D'autant qu'hier, après que son mari eut expliqué que son épouse avait subi une intervention chirurgicale pour un problème «bénin» au rein, la Première dame a elle-même posté un message sur Twitter, dans lequel elle assure se trouver à la Maison Blanche, où elle «travaille dur pour le peuple américain et les enfants». Sauf que son message n'a pas permis de mettre fin aux spéculations. Bien au contraire, note le quotidien USA TODAY. Tout d'abord, parce qu'il ne s'agit là que d'un Tweet. Et ensuite, renchérit THE HUFFINGTON POST, parce que certains ont cru déceler derrière les mots de Melania et dans la formulation même de son message, la main de … Donald Trump himself.

Enfin, lui aura-t-il disparu d'ici demain soir ? Le Parlement espagnol est appelé à se prononcer à partir d'aujourd'hui sur une motion de défiance visant le chef du gouvernement Mariano Rajoy. Hier, dans un entretien à la station de radio COPE, le chef de file du parti Ciudadanos a légèrement tué le suspens, en précisant qu'il ne voterait pas en faveur de la destitution du Premier ministre. Or, sans l'appui des centristes la motion de censure déposée par les socialistes n'a aucune chance de passer. Ou presque. Tout dépendra, désormais, du vote des nationalistes basques. Le sort de l'Espagne entre les mains du PNV, le titre est à la Une, ce matin, de toute la presse ibérique. 

Et puis, surtout, ce vote est aussi l'occasion pour les commentateurs d'afficher clairement la couleur. Quand le quotidien conservateur ABC ne fait pas dans la nuance et juge que la motion sera rejetée grâce aux compétences et à l’expérience du chef du gouvernement, son confrère madrilène EL PAIS estime, lui, qu'avec son refus d'assumer ses responsabilités politiques, Mariano Rajoy met aujourd'hui tout le système démocratique sous une tension insupportable. La corruption prouvée de son parti et son manque de crédibilité personnelle auraient dû l'amener à démissionner, avant même que l'opposition ne soumette au vote une motion en ce sens. Et l'éditorialiste d'en conclure ce matin, en refusant ainsi de quitter le pouvoir, le Premier ministre se prive de la dernière chance qu'il avait d'honorer sa fonction par une décision, enfin, courageuse.

Par Thomas CLUZEL

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