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Une supportrice espagnole après la défaite de la "Roja", en huitième de finale de la Coupe du monde de football

Il n’y a rien de pire que les scénarios dont on connaît déjà la fin

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Un Mondial décidément fatal aux favoris. L'Espagne, champion du monde 2010, a été éjectée par une surprenante Russie, qui a déjoué les pronostics en se hissant en quarts de finale.

Une supportrice espagnole après la défaite de la "Roja", en huitième de finale de la Coupe du monde de football
Une supportrice espagnole après la défaite de la "Roja", en huitième de finale de la Coupe du monde de football Crédits : NIU BO / IMAGINECHINA - AFP

Vous avez dit suspens ? Après l'Allemagne, après l'Argentine, après le Portugal, hier, l'Espagne a rejoint à son tour la longue liste des ténors du ballon rond au tapis. Et ce matin la presse espagnole n'a pas de mots assez durs contre son équipe nationale. Quand le quotidien ABC parle de véritable désastre sportif, LA VANGUARDIA évoque tout à la fois un échec absolu, un fiasco monumental, un coup terrible, une calamité. L'éditorialiste du quotidien sportif MARCA y voit, lui, ni plus ni moins qu'une autre page noire de notre histoire. Enfin EL PAIS ne peut que constater, ce matin, qu'après 10 ans de flirt, hier l'Espagne et le ballon rond se sont refusé l'un à l'autre.

Une autre histoire d'amour bat de l'aile, ce matin, celle entre deux petites sœurs : la CDU et la CSU. Horst soumet sa demande de divorce, le titre barre ce matin la Une du journal de Hambourg MORGEN POST. Hier soir, le ministre allemand de l'Intérieur et président de la formation bavaroise a, en effet, menacé de démissionner avant, finalement, de suspendre sa décision. Alors un petit retour en arrière s'impose. Au centre de cette intrigue, rappelle la correspondante du TEMPS, on retrouve le sommet de Bruxelles de jeudi et vendredi derniers. Angela Merkel était rentrée à Berlin avec un résultat nettement supérieur à ce qu’attendaient les observateurs sur la question migratoire. Dans une lettre, la chancelière assurait notamment avoir négocié avec 14 Etats européens des accords bilatéraux de rapatriement (garantissant ainsi le retour vers ces pays des migrants y ayant déjà déposé une demande d’asile). Sauf que les assurances de la chancelière ont été immédiatement remises en cause par plusieurs de ces pays, précise DER STANDARD, au premier rang desquels la République tchèque, la Hongrie et la Pologne, auxquels sont venus s'ajouter l'Italie et l'Autriche. Et voilà comment, alors que l’heure semblait au désamorçage du conflit, le ton est de nouveau monté hier. 

De sorte que les observateurs spéculent toujours, ce matin, sur l’issue de la crise. Les conséquences de la rupture, c'est le titre de cet article à lire dans les colonnes du quotidien DIE PRESSE. Plusieurs scénarios sont évoqués : la démission du ministre de l’Intérieur ou le dépôt par Angela Merkel de la question de confiance au Bundestag. Le cas échéant, cela signerait, évidemment, la fin du gouvernement de coalition. Ce qui pourrait donner lieu à de nouvelles élections. Autant dire que la guerre est loin d'être terminée, écrit pour sa part l'éditorialiste du TAGESSPIEGEL. Mais, selon lui, Merkel serait tout de même bien inspirée de siffler, enfin, la fin du match. Elle en est, d'ailleurs, assez proche. Et à cet égard, Merkel sur le point de prendre son courage à deux mains, c'est peu de dire que c'est déjà quelque chose, dit-il. Sans compter que les sondages semblent lui donner raison. Selon une nouvelle étude publiée hier par le quotidien BILD, la chancelière recueillerait 47% d’opinions positives, contre 32% pour son ministre de l'Intérieur.

Et que dire, à présent, des divisions au sein de l'exécutif britannique ? Le gouvernement étudie actuellement deux scénarios autour du Brexit. Et c'est peu de dire, en effet, que la question divise, entre d'un côté ceux qui veulent rompre les amarres de manière définitive avec l'UE, et de l'autre les partisans du maintien de liens étroits. C'est le cas, en particulier, de Theresa May laquelle travaillerait sur un accord douanier, dans lequel le Royaume-Uni percevrait des taxes au nom de l'UE pour les biens destinés au marché des 27 mais transitant sur son territoire. Ce qui n'a pas eu l'heur de plaire au ministre britannique de l'Environnement, Michael Gove, lequel aurait carrément déchiré le rapport gouvernemental lors d'une réunion mercredi dernier. C'est en tous les cas ce qu'ont rapporté hier la BBC et THE SUN.

De son côté, le chef de file des Brexiters sans concession, Jacob Rees-Mogg, prend la plume ce matin dans THE DAILY TELEGRAPH pour avertir la Première ministre qu'elle devra livrer le Brexit tel qu'elle l'a promis, sous peine de voir son gouvernement s'effondrer. Même avertissement de la part du journal THE I. La réunion du conseil des ministres, vendredi prochain, au cours de laquelle Theresa May devra préciser ses intentions quant à la future relation qu'elle souhaite avec l'UE après le Brexit pourrait bien remettre en question son avenir politique, dit-il. Et ce ne sont certainement pas les révélations du TIMES, ce matin, qui devrait lever l'hypothèque d'une crise inter-gouvernementale. Selon le journal, le négociateur en chef de Theresa May aurait d'ores et déjà prévenu les ministres qu'ils n'auront aucune chance de conclure un accord commercial sur mesure avec l'Union européenne.

Enfin, pour ne rien arranger, THE NEW YORK TIMES rapporte ce matin qu'un homme d'affaires britannique, Arron Banks, ayant eu des contacts avec des responsables russes au moment du référendum sur le Brexit, aurait dépensé plus de huit millions de livres sterling pour promouvoir une rupture avec l'UE, en échange de lucratives offres d'investissement dans des mines d'or et de diamants appartenant à la Russie.

Enfin, toujours au chapitre des scénarios à choix multiples ce matin, il semblerait que le film entre la Corée du Nord et les Etats-Unis nous réserve encore quelques surprises. Ce weekend, la chaîne NBC et THE WASHINGTON POST ont tous deux rapporté que le régime de Pyongyang avait pris des mesures pour continuer à dissimuler certains sites nucléaires secrets, y compris depuis l'organisation du sommet historique entre Kim Jong-un et Donald Trump. Les services d'espionnage américains auraient obtenu des indices permettant de conclure que, in fine, Kim Jong-un avait bel et bien l'intention de conserver une partie de son stock nucléaire. Ce que THE BOSTON GLOBE résume d'une phrase ce matin : Pyongyang, pyromane et pompier à la fois. Une nouvelle preuve troublante que Kim Jong-un n'honore pas ses promesses, titre de son côté THE WALL STREET JOURNAL. Officiellement la Maison Blanche, elle, n'a pas commenté ces informations. Reste que dans un entretien à CBS, hier, le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, ne les a pas démenties, avant d'assurer que les Etats-Unis avaient conçu un programme spécial pour mettre hors d'usage, en un an, toutes les armes de destruction massive de la Corée du Nord.

Par Thomas Cluzel

Chroniques

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