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La statue vandalisée de Marianne sous l'Arc de Triomphe

Gilets jaunes : la France, "vrai malade de l'Europe" ?

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La presse étrangère multiplie les commentaires sur les défis auxquels la colère des gilets jaunes confronte la démocratie française et européenne. Face à une "fake news" persistante, le président nigérian Buhari, déclare publiquement qu'il n''est pas mort et n'a pas été remplacé par un sosie.

La statue vandalisée de Marianne sous l'Arc de Triomphe
La statue vandalisée de Marianne sous l'Arc de Triomphe Crédits : Simon Guillemin - AFP

Les commentateurs de la presse étrangère se pressent ce matin au chevet de la démocratie française.

Le patient présente de violents accès de fièvre jaune, et c'est Il Giornale à Rome qui prononce le diagnostic : "Le vrai malade de l'Europe, c'est la France", écrit Gaia Cesare, non sans un petit goût de revanche transalpine.  "Les gilets jaunes veulent rappeler à leurs dirigeants que la Révolution fait toujours partie de l'équation française", voilà le fond de l'affaire, selon donc Il Giornale, pour qui la révolte, désormais, "dépasse très clairement la question des taxes sur les carburants".  

"L'exaspération sociale, ne trouve plus de réponse à travers les canaux de la démocratie représentative", écrit Gaia Cesare ; Emmanuel Macron pourrait bien y laisser sa tête, mais il pourrait aussi "profiter de la situation pour mettre de son côté la France Républicaine, celle qui aura trop peur du chaos".  Ce qui est sur pour Il Giornale, c'est que notre pays est "à la croisée des chemins, et qu'il pourrait bien entraîner toute l'Europe avec lui".  

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L'Europe?  Non, c'est l'idée même de la démocratie moderne qui est menacée, surenchérit le Washington Post: ce coup de sang populaire qui secoue aujourd'hui la France, "toutes les démocraties actuelles y sont ou y seront confrontées", prédit Anne Applebaum, "et leurs institutions vont y jouer leur survie : soit elles réussissent à trouver un moyen de se réformer, d'incorporer cette remise en question fondamentale qui vient de la base, soit la Démocratie pourrait bien ne pas survivre au 21e siècle".   

Moins grandiloquent, le Tagesspiegel allemand, pour qui ce qui se passe en France, c'est avant tout une déclinaison de la "lutte des classes".

Une lutte entre les victimes des inégalités sociales contre l'élite arrogante des privilégiés. Cette dernière caste, à défaut de classe, est incarnée par un Emmanuel Macron qui se retrouve dans une situation "extrêmement sensible" comme nous le dit Tanja Kuchenbecker : le Président français est piégé, en fait, par sa propre intransigeance, ce mépris affiché d'une France qui refuserait toute réforme. S'il plie face aux gilets jaunes, la suite de son programme se retrouvera entravée, il aura perdu face à "la vieille France réfractaire".  

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En attendant, ce même Emmanuel Macron, ça c'est le constat d'Angélique Chrisafis pour The Guardian , ce même Emmanuel Macron "n'est plus crédible, sur la scène internationale", dans le rôle qu'il s'était choisi de "défenseur d'une démocratie européenne menacée par le populisme et le nationalisme". Comment le serait-il encore, crédible, lui qui n'a pas senti monter la fièvre jaune?  Et pourtant, tous les symptômes étaient déclarés, dans la présence de Marine Le Pen au second tour de la dernière présidentielle : très forte abstention, dégoût de la classe politique, sentiment d'injustice sociale et rejet d'une élite déconnectée de la réalité quotidienne des masses laborieuses... A tous ces signaux d'un mal-être profond, analyse le Guardian, Emmanuel Macron n'arrive pas à apporter de solution.  

La réponse du président pour le moment est "inaudible", surenchérit Gero Van Randow son commentaire pour Die Zeit. L'hebdomadaire allemand titre ainsi "Marianne est borgne", référence au moulage de la statue de vandalisée de l'Arc de Triomphe, aussi bien qu'à l'incapacité de l'exécutif à voir autre chose que les violence, dans la colère exprimée par la rue.  

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Cette colère, enfin, est loin d'effrayer le photographe et bloggeur d'opposition russe Ilya Varlamov. Sur la radio Echo de Moscou, il ironise sur la manière dont le Kremlin médiatise la violence des manifestations françaises, manière très classique, finalement, de dissuader les Russes de toute velléité de contestation dans la rue. Mais à bien y regarder, nous dit le photographe, ce que l'on voit à Paris et sur les ronds-points de France c'est "un peuple qui riposte, face à l'injustice et à l'impuissance" dans lesquelles ses dirigeants voudraient le maintenir...  L'idée qu'il n'y aurait pas seulement à subir ces injustices, mais qu'il resterait un espace, public, collectif, ou rappeler son existence aux puissants. Tout ce qui manque, finalement, au peuple russe, conclut Ilya Varlamov.

Nous vivons à l'heure des "fake news" ou "infox" en bon français, et la dernière en date au Nigéria a poussé son président à une déclaration plutôt inattendue.

C'est à lire dans les pages Afrique du Guardian : Muhammadu Buhari, au cours d'une conférence à la COP24 en Pologne, qui prend le micro  pour déclarer ceci :  

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"Je tiens à déclarer que je ne suis pas un clone", dit Buhari, et ça déclenche des rires dans la salle. Il le fait parce que, explique-t'il, depuis les cinq mois qu'il a passé en Angleterre pour y soigner une mystérieuse maladie, de nombreux Nigérians croient dur comme fer qu'il est mort et qu'il a été remplacé par un sosie soudanais prénommé Jubril : c'est très précis comme toute intox qui se respecte. 

Mais voilà, "c'est bien le vrai moi qui suis face à vous", nous assure Muhammadu Buhari, qui à 76 ans affirme se sentir "très fort :  les seuls qui m'épuisent, dit-il pour faire rire la sale polonaise, ce sont mes petits-enfants et ils commencent à être un peu trop nombreux". 

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Voilà donc le genre d'exercice public auquel il faut se livrer pour tenter de faire taire les rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux. Mais s'ils ont fait sourire les médias étrangers, ces propos de Buhari n'amusent pas du tout les opposants au Président décrit comme un dictateur au Nigéria, et qui, a 76 ans, sans clone soudanais mais avec toutes ses forces paraît-il, est bien candidat à sa propre succession lors des élections de février prochain.

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