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Le président du Parti démocrate slovène, Janez Jansa, vainqueur des élections législatives

Le nationalisme au pouvoir

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Les nationalistes du Parti démocratique slovène ont remporté les élections législatives. Le score du parti anti-immigration (25%) risque, toutefois, de ne pas lui suffire pour former un gouvernement de coalition, faute d'alliés au Parlement.

Le président du Parti démocrate slovène, Janez Jansa, vainqueur des élections législatives
Le président du Parti démocrate slovène, Janez Jansa, vainqueur des élections législatives Crédits : JURE MAKOVEC / AFP - AFP

Hier, sans surprise, le parti nationaliste anti-immigration (SDS) est arrivé en tête des élections législatives en Slovénie, faisant ainsi basculer un nouveau pays européen vers la droite et même l'extrême-droite, se désole ce matin THE NEW YORK TIMES. Ou quand l'histoire semble se répéter, invariablement. Avec ce slogan emprunté à Donald Trump, «La Slovénie d’abord!», le fougueux ex-Premier ministre Janez Jansa (condamné en 2014 à deux ans de prison pour corruption) n'a pas hésité à orchestrer son retour sur une partition de plus en plus nationaliste, allant même jusqu'à emprunter, cette fois-ci à son allié Viktor Orban, des accents xénophobes, en agitant notamment le spectre de l'«invasion» migratoire. 

Reste qu'avec 25% des voix, le Parti démocrate slovène (SDS) n'est pas assuré de pouvoir rassembler une majorité de gouvernement. Dès-hier soir, celui qui avait pourtant taclé sans ménagement ses adversaires durant la campagne a, d'ailleurs, invité tous les chefs partis à entamer des pourparlers avec lui. Pour l'instant tous semblent rejeter la possibilité de se joindre à une coalition de gouvernement, ce qui préfigure une période d'incertitude prolongée et l'éventualité de recourir à de nouvelles élections, prévient toujours le journal. Quoi qu'il en soit, coincée entre l'Autriche d'un côté et l'Italie de l'autre, la Slovénie vient aujourd'hui compléter un axe alpin radicalement populiste et nationaliste.

Et à ce titre, les déclarations en Italie du chef de La Ligue d'extrême-droite, hier, ne laissent que peu de place au doute quant à la cible privilégiée du tout nouveau ministre de l'intérieur.En visite dans un centre d'accueil pour migrants en Sicile, Matteo Salvini a lancé : «Le bon temps est terminé, préparez-vous à faire vos valises». Ou quand la bombe Salvini est désormais enclenchée, titre en Une ce matin LA REPUBBLICA

Et puis surtout, les déclarations du nouveau ministre italien de l'intérieur apparaissent d'autant plus choquantes que, la veille, un nouveau drame de l'immigration en Méditerranée a fait au moins 48 morts, au large de la Tunisie. Selon des responsables des services de sécurité tunisiens, environ 180 migrants avaient pris place à bord d'un bateau à destination des côtes européennes.  68 migrants au total ont pu être secourus. Sur la radio privée tunisienne MOSAÏQUE FM, un survivant précise que le bateau faisait environ 9 mètres de long et ne pouvait contenir plus de 70 personnes. Après avoir été repêché, alors qu'il avait passé neuf heures dans l'eau agrippé à un morceau de bois, un autre rescapé raconte, lui, que le capitaine a abandonné le navire lorsqu'il a commencé à sombrer pour éviter d'être arrêté par les garde-côtes. Plus à l'est de la Méditerranée, cette fois-ci, neuf migrants (dont six enfants et une femme) ont également perdu la vie, hier, lorsque leur bateau a fait naufrage au large de la Turquie. Cinq personnes ont pu être sauvées et une est toujours portée disparue. Enfin, au large des côtes espagnoles, 240 migrants ont été secourus ce week-end.

La crise migratoire, toujours et encore, en Allemagne cette fois-ci. Que savait Angela Merkel au sujet du scandale ?, interroge ce matin DER TAGESPIEGEL. La chancelière et son gouvernement ont été mis en cause, hier, dans une vaste affaire de corruption qui secoue depuis des semaines l'office chargé de gérer les centaines de milliers de migrants (Bamf) arrivés en Allemagne depuis 2015. Une des antennes de cet office dans la ville de Brême est accusée d'avoir validé au moins 1.200 demandes d'asile, en échange de divers avantages. 

Interrogé dans les colonnes de l'hebdomadaire DER SPIEGEL, l'ancien président de l'Office national des migrants et réfugiés estime que «l'échec se situe dans l'inaction [du gouvernement], dès lors que les défis auxquels le pays allait être confrontée avec l'arrivée des réfugiés étaient clairs». «La crise aurait pu être évitée», dit-il, avant d'indiquer avoir personnellement informé Angela Merkel à deux reprises des problèmes en 2017, sans que des mesures soient prises. 

Direction les Etats-Unis, à présent, où on ne compte plus les volte-face du président Donald Trump. Après l'avoir annulé d’un coup de menton il y a une semaine, le président américain a finalement confirmé qu’il se rendrait bien au sommet de Singapour le 12 juin prochain pour y rencontrer son homologue nord-coréen Kim Jong-un. Il s'agit là du dernier revirement dans un psychodrame diplomatique qui passionne tout autant qu'il déconcerte le monde entier, note THE NEW YORK TIMES. Mais ça n'est pas le seul revirement en date. Le magazine SLATE évoque, lui, la double volte-face des États-Unis s'agissant, cette fois-ci, du soutien au peuple palestinien. Les Etats-Unis ont, en effet, mis leur veto, vendredi, à un projet de résolution présenté au Conseil de sécurité des Nations-Unies et réclamant la protection des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie occupée. 

Par ailleurs, hier, l’aviation israélienne a mené plusieurs raids nocturnes, frappant une quinzaine de sites du Hamas, selon la presse locale repérée par le Courrier International. Cette attaque a été menée en riposte à des tirs de roquettes à la frontière avec Gaza, où des accrochages ont de nouveau eu lieu entre manifestants et soldats. Selon le quotidien YEDIOT AHARONOT, l’alerte «code rouge» a été déclenchée dans plusieurs localités frontalières. 

Et puis cette nouvelle détérioration de la situation intervient après la mort d’une secouriste palestinienne, de 21 ans, tuée par balles vendredi dernier. Ses obsèques, en plein Ramadan, ont réuni des milliers de personnes ce week-end. Selon le site de la télévision Al-JAZEERA, qui parle de la jeune femme comme de l'ange de la miséricorde de Gaza, la jeune fille été la cible d’un sniper israélien, pendant qu’elle portait secours à un blessé. De son côté, le quotidien HA'ARETZ cite des officiels palestiniens qui affirment que les secouristes avaient les mains en l’air lorsqu’ils se sont présentés à a frontière israélienne. Ce décès porte à 123 le nombre de Palestiniens tués par des soldats israéliens depuis le début d'un mouvement de protestation entamé il y a deux mois. 

Enfin, ultime volte-face pour Donald Trump : le site POLITICO assure que le président américain va bien accueillir, cette année, un dîner de rupture du jeûne pour le ramadan à la Maison Blanche. Le site rappelle que Donald Trump avait été largement critiquée l'an dernier en rompant avec cette tradition instaurée sous le président Clinton, et embrassée ensuite successivement par George W. Bush et Barack Obama. Reste à savoir s'il se trouvera des personnes souhaitant assister à ce dîner en compagnie du président américain et de son entourage. Pour l'instant, personne n'a encore de réponse sur ce point. Le journal indique, en effet, qu'un porte-parole de la Maison Blanche a refusé de fournir une liste des invités. 

Par Thomas CLUZEL

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