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Manifestation hostile aux Etats-Unis à Téhéran le 04 novembre 2018

L'Iran face à des sanctions américaines "plus fortes que jamais"

5 min
À retrouver dans l'émission

Les Etats-Unis déclenchent ce lundi une seconde salve de sanctions économiques contre l'Iran depuis leur retrait des accords de Vienne. Leur efficacité laisse sceptiques les médias internationaux. Retour également sur le référendum néo-calédonien à travers le regard de la presse océanienne.

Manifestation hostile aux Etats-Unis à Téhéran le 04 novembre 2018
Manifestation hostile aux Etats-Unis à Téhéran le 04 novembre 2018 Crédits : Rouzbeh Fouladi - AFP

C'est donc ce lundi que les Etats-Unis vont déclencher de nouvelles sanctions économiques contre l'Iran.  

Des sanctions "plus dures que jamais", décrit la BBC qui cite en fait le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo. Car cette nouvelle salve de rétorsion depuis que les Etats-Unis ont récusé les Accords de Vienne sur le nucléaire iranien, semble bien aller "au-delà de la pression qui avait été mise sur Téhéran par l'administration Obama avant les accords". Exportations de pétrole, transport maritime, système bancaire : ce sont les piliers de l'économie iranienne qui sont visés ; pour les américains, nous rappelle la BBC il s'agit de "faire changer l'Iran d'attitude", de pousser la République Islamique à en finir avec "ses activités perfides" et anti-américaines, toujours selon Mike Pompeo. 

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Lequel assure aussi que les sanctions ont été conçues sur mesure pour "épargner le peuple iranien", en ciblant spécifiquement les milieux de pouvoir économique et politique. Mais ça ne convainc ni la BBC, ni l'Orient-Le Jour, le quotidien libanais, qui se demande si la société iranienne, déjà "à terre", va plier ou non cette fois. Le journal francophone cite des chercheurs spécialistes de l'Iran qui décrivent un pays déjà largement fracturé, paralysé par "le marasme économique et par l'incapacité du gouvernement à y faire face". Une population, qui a le sentiment que son avenir est complètement bouché, sentiment "d'injustice et d'indignité" renforcé par les sanctions... et qui amène à "une consommation d’anxiolytiques et d'antidépresseurs en forte hausse". 

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Pour autant, prédit l'Orient-le Jour, les dirigeants iraniens résisteront "même à genoux". Et c'est aussi l'analyse du Middle East Eye selon lequel l'aggravation des sanctions américaines va "renforcer, à moyen-terme, le régime iranien en le victimisant et en affaiblissant la présence des occidentaux au Moyen-Orient. Dans un scénario du pire, tout cela pourrait entraîner un conflit aux conséquences incalculables", écrit le site spécialisé basé à Londres. Car Washington, selon lui, "veut embarquer de force la communauté internationale dans sa guerre économique contre l'Iran", avec pour but ultime de pousser la population iranienne à le rébellion, d'installer à Téhéran un pouvoir pro-américain, et de reprendre le contrôle de toute la région à travers la création d'une sorte d'OTAN du Moyen-Orient, où Israël pourrait s'asseoir à la même table que l'Iran ou que l'Arabie Saoudite. 

Conclusion du Middle East Eye : "Trump joue très gros" sur ce coup-ci ; s'il échoue, "l'Amérique y perdra le plus gros de son influence sur la marche du Monde".

L'Europe aussi joue gros dans ce dossier, et le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle n'arrive pas à définir un discours commun à opposer à celui des américains..

Car, nous rappelle le Financial Times ce matin, les européens restent signataires des accords de Vienne sur le nucléaire iranien, et ils ne veulent pas suivre Trump dans ce retour à l'embargo et aux sanctions. Sauf que, bien obligé de le reconnaître, le dispositif censé permettre aux entreprises européennes de continuer à travailler en Iran, malgré les sanctions américaines, n'est pas prêt à temps. Les négociations entre membres de l'UE achoppent sur des détails importants comme celui-ci: aucun pays, par crainte de représailles américaines, ne semble prêt à héberger le canal spécial, le véhicule légal et juridique qui servira de bouclier aux échanges commerciaux entre Europe et Iran. 

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Par exemple le système SWIFT, qui permet les transferts bancaires à travers le monde, est basé en Belgique et directement frappé par les nouvelles sanctions sur la Banque centrale iranienne. Washington exige de SWIFT qu'il coupe les ponts avec Téhéran, ce que la société belge devrait faire faute d'un vrai soutien politique et juridique de la part de Bruxelles. 

Par la voix d'un homme d'affaires allemand, le Financial Times résume ainsi ce qui est en train de se jouer avec ces sanctions contre l'Iran : "En utilisant l'économie mondialisée pour atteindre ses objectifs politiques, l'Amérique de Trump est en train de forcer les relations internationales et de prendre en otage le partenariat transatlantique".  

Ce matin nous lisons aussi la presse d'Océanie pour voir ce qu'elle dit du référendum d'indépendance hier en Nouvelle-Calédonie et de cette victoire du NON à l'indépendance avec 56% des suffrages exprimés. 

Victoire "étriquée", selon le groupe américain Fox/ABC, mais rejet tout de même de l'indépendance. "Les habitants de l'archipel ont dit leur volonté de rester une partie de la France" mais, c'est vrai, la faiblesse de l'écart, entre le "oui" et le "non" hier confirme que "le débat sur la souveraineté va continuer à dominer la vie politique du Caillou". 

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ABC Australia rappelle aussi la France à ses engagements, de mener deux autres référendums en 2020 et 2022 : le processus de paix et d'autodétermination est donc loin d'être achevé, mais ce que constatent déjà les médias australiens, c'est que "le référendum a remis en lumière la division ethnique", très vive sur les îles de Nouvelle-Calédonie. C'est confirmé par la radio nationale néo-zélandaise, RNZ, qui publie la carte des résultats du vote : on y voit un territoire très largement acquis au "oui" à l'indépendance, à l'exception des zones plus densément peuplées autour de Nouméa, là où vivent les occidentaux.  

R2partition géographique du vote au référendum néo-calédonien du 04/11/18
R2partition géographique du vote au référendum néo-calédonien du 04/11/18 Crédits : Vincent LEFAI, Kun TIAN - AFP

Vu depuis la rive asiatique, enfin, le référendum d'hier renforce les projets d'Emmanuel Macron dans le Pacifique, analyse le South China Morning Post pour qui, derrière l'insistance de la France à conserver son confetti océanien, il y a la volonté de garder la main sur le tiers des réserves mondiales de nickel, bien sûr, mais aussi celle de contenir l'influence grandissante de la Chine dans le Pacifique. Pékin par exemple a considérablement accru ses investissements et sa présence aux Vanuatu depuis leur Indépendance en 1980. La Nouvelle-Calédonie, selon Emmanuel Macron, serait la prochaine  cible de la politique hégémonique chinoise en Océanie. En la gardant française,  le chef de l'Etat français promet d'en faire le pivot d'un axe Inde-Australie pour s'opposer à la Chine, ce qui, à vrai dire, ne semble pas être pris très  au sérieux par les médias chinois.

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