LE DIRECT
Le site nucléaire iranien de Natanz endommagé par l'attaque du 2 juillet 2020

L'Iran reconnaît une attaque majeure sur son programme nucléaire

5 min
À retrouver dans l'émission

L'incendie survenu jeudi sur le site nucléaire de Natanz en Iran était bien une attaque qui a détruit un centre de développement des centrifugeuses d'uranium nouvelle génération. Selon le New York Times, il s'agirait d'une bombe israélienne. La neige vire au rose sur les glaciers italiens.

Le site nucléaire iranien de Natanz endommagé par l'attaque du 2 juillet 2020
Le site nucléaire iranien de Natanz endommagé par l'attaque du 2 juillet 2020 Crédits : Iran Atomic Organization - AFP

Il s'est bien passé quelque chose de grave jeudi à la centrale nucléaire de Natanz en Iran.  

Nous avions bien été alertés jeudi matin par cette rapide dépêchede l'Agence France Presse, évoquant un incident mineur et sans gravité  signalé par l'autorité nucléaire iranienne sur ce site très sensible. "Pas de dégâts, pas de victimes" : le jour-même, vous l'avez compris, la tonalité c'était clairement "circulez, il n'y a rien à voir"... comme du reste pour tout ce qui concerne les installations atomiques iraniennes. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Mais le ton a changé dimanche soir, quand Téhéran a de nouveau communiqué sur cet "incident" qui avait bel et bien été observé à Natanz. A lire sur PressTV, organe de communication du régime vers l'étranger, cette reconnaissance que c'est bien un hangar où étaient fabriquées des centrifugeuses, destinées à l'enrichissement d'uranium qui a été frappé par cet incendie grave "dont la nature sera précisée dans un second temps" nous explique-t-on. Le hangar a été en partie détruit, de même que ses équipements mais, toujours sur PressTV, on nous annonce fièrement qu'il sera remplacé par "un batiment encore plus grand et un nombre encore plus important de centrifugeuses".  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Or, si l'on décrypte ces infos lâchées par Téhéran, on en retient une chose, et c'est d'ailleurs le titre de l'article qu'y consacre The Guardian :  si l'Iran reconnaît un incident et des dégâts sur un sujet d'ordinaire aussi opaque que ses installations nucléaires, alors c'est que la situation est beaucoup plus grave, que les dégâts sont majeurs, et qu'il s'agit de tout sauf d'un simple incendie à la cause indéterminée. D'ailleurs la photo satelitte du fameux hangar de Natanz publiée par le quotidien de Londres confirme que les deux tiers du batiment ont été réduits en cendre. Le programme d'enrichissement d'uranium a été sérieusement endommagé, en particulier le développement par l'Iran de centrifugeuses de nouvelle génération produites et testées sur le site de Natanz... et qui devrait mettre des mois à s'en relever.  

Reste à savoir à présent ce qui a causé cet incendie sur un site aussi stratégique... et là aussi l'Iran communique sans vraiment communiquer.  "Nous savons précisément ce qui s'est passé et nous avons de probables responsables, mais nous vous le révelerons en temps voulu" : voilà le discours qu'a tenu hier le responsable de l'agence iranienne de sureté nucléaire. Mais forcément, confirme la BBC, ça conforte ceux qui, parmi les officiels iraniens proches du corps des Gardiens de la Révolution islamique, crient depuis jeudi à la cyber-attaque ourdie depuis Israël ; des médias israéliens ont évoqué, eux, la possibilité d'une attaque menée par la voie des airs, un missile. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Mais c'est ce matin The New York Times qui va le plus loin en affirmant,  fort d'une "source issue du milieu des renseignements au Moyen-Orient bien informée sur le dossier", que c'est une bombe posée tout près du hangar qui a  été utilisée jeudi à Natanz... et que ce sont bien les Israéliens qui sont derrière ce sabotage. On citera, tout de même, les propos de Benni Gantz, l'actuel ministre de la Défense et co-Premier ministre d'Israel ; hier sur la radio publique Kan il déclarait que "tout ce qui se passe en Iran n'est pas forcément lié à Israël"... ce qui, comme le commente le New York Times n'est pas vraiment un démenti franc et massif.  

Les journaux à Tel Aviv et Jérusalem conservent d'ailleurs ce matin le conditionnel quand ils évoquent le rôle possiblement joué par leur pays.  Mais, comme l'écrit pour Israël Hayom le journaliste spécialisé dans les questions de défense Yoav Limor, "quel que soit son auteur, l'attaque de jeudi est un succès remarquable, tant en terme de renseignement sur le lieu très précis et les activités qui s'y déroulaient, que d'inflitration sur place" pour aller poser la bombe en s'assurant qu'elle va faire un maximum de dégâts. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Yoav Limor s'inquiête déjà des représailles que devrait subir Israël quand l'Iran va vouloir riposter. D'autant, poursuit The Jerusalem Post... que l'attaque subie jeudi par le programme nucléaire iranien pourrait s'avérer beaucoup plus vaste, car la semaine dernière ce seraient non pas une mais au moins trois explosions mystérieuses qui auraient été entendues en Iran, sur trois sites liés au complexe militaro-industriel.  

Dans la presse italienne, on s'inquiête du rosissement des glaciers alpins.   

Depuis quelques semaines, constatait récemment la Stampa, les randonneurs ramènent de leurs virées en altitude des clichés étonnants de névés et de glaciers... roses comme des barbes à papa. Les glaciers du Trentin, par exemple, sot particulièrement touchés par ce mystérieux phénomène qui n'est vraiment pas un vague reflet mais bien des tâches roses qui apparaissent sur la neige  et s'étendent ensuite sur des grandes surfaces. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour aller plus loin que l'image et le constat, il faut dire, avec le quotidien régional Il Dolomiti et les scientifiques qu'il est allé interroger, que c'est un phénomène naturel, apparement causé par la prolifération dans la neige d'une algue nommée Ancylonéma Nordenskyoeldii déjà observée au Groenland, mais pas vraiment jusque-là dans les Alpes. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Cette algue produit des pigments, des caroténoïdes, d'où la couleur rose. Ce ne serait pas dangereux, si cela n'avait pas une fâcheuse conséquence, celle de rendre la neige plus sombre et donc de l'exposer plus aux rayons du soleil. Résultat : la neige rose fond plus vite, et ça risque d'accélérer le recul des glaciers alpins déjà très touchés, on le sait, par le réchauffement climatique.

Chroniques

7H40
30 min

L'Invité(e) des Matins d'été

Gouvernement Castex : "l'efficacité" pour quelle politique ?

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......