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Une partie de la frontière USA/Mexique est déjà délimitée par une barrière métallique

Face au "mur" du shutdown, Trump propose du métal à la place du béton

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Le président américain feint le compromis face aux Démocrates sur la question du mur à la frontière avec le Mexique, alors que le blocage budgétaire s'éternise. Des maires italiens s'élèvent contre Matteo Salvini et sa politique migratoire. Le roi de Malaisie abdique après son mariage en catimini.

Une partie de la frontière USA/Mexique est déjà délimitée par une barrière métallique
Une partie de la frontière USA/Mexique est déjà délimitée par une barrière métallique Crédits : Paul Ratje - AFP

Les médias américains s'inquiètent d'un "shutdown" qui pourrait durer des semaines voire des mois.

Pour rappel, l'administration fédérale américaine est "partiellement fermée", faute d'accord sur le budget, depuis le 22 décembre, et Donald Trump, ce dimanche a redit qu'il ne cédera pas sur la cause de ce blocage qui prive des centaines de milliers de fonctionnaires de salaires, et des millions de citoyens de leurs services publics.

USA Today cite le président : il  tient dur comme fer à ce que le budget fédéral alloue près de 6 milliards de dollars, à la construction de "son mur" à la frontière avec le Mexique. Mais pour montrer qu'il ne reste pas de marbre, Trump fait une concession, reconnaît The New York Times : il laissait entendre hier que le mur pourrait aussi bien être finalement "une barrière de métal, puis qu’apparemment les Démocrates ont un problème avec le béton". 

C'est ce qu'on appelle contourner l'obstacle, et faire preuve d'une bonne dose de mauvaise foi, commente le Washington Post, comme si tout cela se résumait à un désaccord sur le papier peint dans une réunion de chantier. D'ailleurs, note le quotidien de la Capitale, les Démocrates restent clairs sur le fait que "la question du mur doit être dissociée de celle du shutdown", bras de fer politique et budgétaire qui rentre dans sa troisième semaine et auquel personne ne voit vraiment d'issue. 

Si aucune brèche ne s'ouvre lors des prochaines négociations mercredi, Trump menace de décréter "une forme d'état d'urgence", pour que le Mur soit bâtit avec les fonds et les moyens de l'Armée. "Ce serait une erreur majeure, voire même un crime fédéral", de mobiliser  des soldats pour le construire", avertit, toujours dans le New York Times, le professeur de droit à Yale Bruce Ackerman. Ça tombe bien, les Démocrates cherchent justement des raisons pour destituer le président. 

J'en termine, avec une réflexion qui traverse toute la profession journalistique et qui fait son chemin ici aussi à France Culture. On la trouve dans The Hill et sur CNN, avec le chroniqueur politique William Arkin qui annonce son départ de la chaîne NBC où il officiait. Il met un terme à sa carrière, qui l'aura vu signer des analyses dans les plus grands médias américains, parce qu'il ne supporte plus le "cirque Trump" et la manière dont les journaux, dit-t'il,  s'y complaisent malgré eux. William Arkin en appelle même à la création de "journées sans Trump" pendant lesquelles le journalisme d'enquête et de reportage pourrait retrouver sa place et ne plus être submergé par le commentaire permanent. 

C'est promis, on commence... demain!

Dans la presse européenne, des voix dissonantes se font entendre face à l'Italien Matteo Salvini. 

L’heure de "la rébellion" a sonné, titre ce matin Die Welt en Allemagne, en se faisant l’écho de ces dizaines d'élus à travers l'Italie, qui n'acceptent plus la politique d'extrême-droite, "inhumaine et anticonstitutionnelle" selon eux, que mène le vice-président du Conseil sur les questions d'immigration. 

Eux, ce sont des maires de grandes villes italiennes, de gauche pour la plupart, qui depuis le vote du décret Salvini sur la "sécurité et l'immigration", ont décidé de sortir de leur silence, ce cette léthargie dans laquelle était plongée l'opposition depuis les dernières élections. La fronde est en marche, confirme depuis Rome Il Giornal qui cite comme meneur le maire de Naples Luigi De Magistris, prompt à à aller au clash médiatique pour répondre aux "paroles ignobles" que profère un Matteo Salvini accro à Twitter.  

De Magistris s'étonne de voir à quel point le ministre de l'Intérieur est "nerveux" sur ces questions d'immigration, lui qui refuse toujours obstinément d'ouvrir les ports italiens aux navires humanitaires et aux réfugiés secourus en mer. Le maire napolitain se dit prêt à accueillir dans le port de sa ville ceux qui errent en ce moment en Méditerranée, et dont aucun Etat européen ne semble vouloir. 

Il sont 49 en ce moment contraints à errer en mer sur deux navires. Le Pape François a  appellé dimanche les dirigeants d'Europe à faire preuve de "solidarité" à leur égard, et ça semble avoir fait un minimum réfléchir Luigi Di Maio, l'autre vice-chef du gouvernement italien. Dans une interview au Corriere della Serra,  hier il faisait mine de contredire Salvini, se disant ouvert à ce que l'Italie "accueille dix femmes et enfants migrants, ne serait-ce que pour adresser une gifle morale à l'Europe bien pensante. C'est le gouvernement dans son ensemble qui doit décider", a déclaré Di Maio comme une remise au point. La réponse de Salvini, on la trouve dans Il Messagiero :  "C'est tout vu : nos ports sont fermés, ce sera zéro migrants accueillis". 

MISE A JOUR 9h11 : Dans le Corriere, le président du Conseil Guiseppe Conte affirme ce lundi matin que l'Italie dit "oui pour prendre en charge 15 des 49 migrants bloqués sur 2 bateaux en Méditerranée, et pas seulement à des femmes et des enfants. Pour cela il faut que Malte accepte d'accueillir les bateaux, ainsi notre politique migratoire et la 'ligne Salvini' sont préservées".

Le trône est vide, en Malaisie : le roi Muhammad V a abdiqué hier, et c'est sans précédent dans l'histoire de la monarchie asiatique. 

Le sultan Muhammad V avait obtenu le rang ultime d'Agong, le "Roi des rois", il y a à peine plus de deux ans. La Malaisie est une monarchie élective, l'une des seules au monde, et cette abdication qui suscite "choc et tristesse" dans la population selon le quotidien The Star de Kuala Lumpur, a pris tout le monde de court. 

Elle arrive pourtant au terme d'une période "troublée" : il y a quelques semaines les Malaisiens apprenaient que pendant qu'il était à l'étranger, en novembre, officiellement pour raisons médicales, leur souverain âgé de 49 ans aurait épousé, dans des noces princières et pas franchement discrètes, une ancienne reine de beauté russe. 

Tout ça, donc à l'insu de la presse et de la population malaisienne, nous confirme le New Straits Times, par qui le scandale est arrivée.  Pire : depuis ni le Roi en personne ni sa Cour ne se sont donné la peine d'officialiser cette union. En annonçant son abdication, par un simple message protocolaire, Muhammad V hier ne s'est pas donné la peine de fournir une explication. 

Ça correspond assez, finalement, reconnait le New Strait Times, à sa personnalité "d'homme spontané, proche du peuple et en phase avec son époque". De lui, on retiendra surtout la grâce qu'il avait accordé au leader du parti de centre-gauche PKR, Anwar Ibrahim, condamné à 5 années de prison pour le crime de sodomie.

Muhammad V abdique, un autre roi va arriver dans cette monarchie à laquelle les Malaisiens semblent particulièrement attachés. "God save the king" : c'est avec ces mots que s'achève l'article du New Strait Times.

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