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Manifestation à Idleb contre l’imminent assaut des forces syriennes et russes

Les civils syriens d'Idleb piégés par le début de l'ultime bataille

5 min
À retrouver dans l'émission

Comment déloger d'Idleb les milliers de combattants rebelles syriens, en partie liés à Al-Qaeda, en évitant un massacre de civils? La question hante la presse internationale, qui revient aussi sur le blocage politique en Suède et les nouvelles manifestations d'extrême-droite dans l'Est Allemand.

Manifestation à Idleb contre l’imminent assaut des forces syriennes et russes
Manifestation à Idleb contre l’imminent assaut des forces syriennes et russes Crédits : Anas ALkharboutli - Maxppp

A travers la presse mondiale, ce matin, on s'interroge sur "le dilemme d'Idleb" en Syrie. 

C'est le journal en ligne Al-Monitor qui pose les termes de ce "dilemme": "Que faire des 10 000 terroristes liés à Al-Qaeda?", ces combattants rebelles armés qui sont terrés dans le réduit d'Idleb, région qui compte encore trois millions de civils et qui redoute d'un jour à l'autre l'assaut ultime lancé par l'armée de Bachar El Assad avec ses alliés russes et iraniens.

Etat des forces en présence en Syrie au 07/09/2018
Etat des forces en présence en Syrie au 07/09/2018 Crédits : AFP

La Turquie voisine, nous dit Al-Monitor, est consciente qu'il faut en finir avec cette enclave djihadiste, mais redoute un nouveau flot de réfugiés syriens à sa frontière. Car les derniers habitants d'Idleb ont déjà commencé à fuir les bombardements ce week-end, comme le montrent les derniers reportages d'Al-Jazeera

Mais Ankara a échoué, en fin de semaine dernière, à obtenir des groupes rebelles non-armés de la région, qu'ils se désolidarisent de ceux qui sont sous franchise d'Al-Qaeda. Ces forcenés-là, nous explique Al-Monitor, n'ont aucun intérêt à négocier l'ouverture d'un couloir humanitaire pour évacuer les civils. Ils ont besoin que la bataille d'Idleb soit la plus meurtrière possible, pour fragiliser les russes et les iraniens, et espérer se maintenir dans leur réduit. Cette logique des civils comme bouclier humain, si elle ne semble pas émouvoir les bombardiers de Damas et Moscou, est attestée par les informations publiées par le Washington Post, au début du week-end: ses reporters y signalaient toute une organisation mise en place par les islamistes du Hayyat-Tahrir Al Sham, autour d'Idleb, pour traquer, torturer et exécuter tous ceux qui seraient tentés de fuir, de se rendre ou de négocier une réddition.      

Bien peu de certitudes après l'élection législative d'hier en Suède.  

Au lendemain du vote, "bien malin qui peut dire qui va pouvoir former le prochain gouvernement", reconnaît ce matin la télévision publique SVT. Et la montée de l'extrême-droite, qui réussit son plus haut score avec 18% des voies mais reste la troisième force politique du pays, n'est finalement déjà presque plus un sujet de discussion pour les commentateurs politiques suédois. 

"La politique des blocs est morte", commentait dès les premiers résultats hier soir, toujours sur SVT, le chef des socio-démocrates:  le premier ministre Stefan Löften compte bien se maintenir au pouvoir. Et vu le très faible écart, un seul siège de député, qui sépare sa coalition rouge-vert, et l'alliance de centre-droit, il faut s'attendre à ce que "l'incertitude sur la prochaine coalition de gouvernement ne dure jusqu'à la fin du mois", prédit Karl-Geusta Bergström dans l'Expressen.  Il va falloir compter avec trois petits partis qui ont réalisé des scores historiques à leur échelle, dans l'ombre de l'épouvantail xénophobe des Démocrates de Suède: les chrétiens-démocrates, le parti de gauche et le Centre n'ont certes pas réussi concurrencer les vieux partis bourgeois (qui n'ont d'ailleurs pas si mal résisté), mais à ce stade, analyse Mat Knutson pour la chaîne SVT, "chacun tente de faire paraître sa victoire plus large qu'elle ne l'est vraiment, pour peser dans les discussions en vue de former une coalition". On reste donc bien finalement dans le scénario classique des lendemains d’élections dans les démocraties de consensus du Nord de l'Europe: la "politique des blocs", n'en déplaise au Premier ministre, a encore de beaux jours devant elle.    

En Allemagne, les journaux tentent de se rassurer ce matin: "non, nous dit Der Spiegel, la petite ville de Köthen, en Saxe-Anhalt, n'est pas un second Chemnitz"

"Pas encore" en tous cas: comme à Chemnitz il y a deux semaines, Köthen a été frappée par un fait divers, la mort d'un jeune allemand dans une bagarre avec deux réfugiés afghans. Et comme à Chemnitz, des groupuscules néo-nazis, ou simplement d'extrême-droite nationaliste et anti-migrants, ont appelé à des manifestations. Elles ont eu lieu, ont réuni 2500 personnes ce dimanche, avec des slogans à la gloire du national-socialisme ou de la "résistance blanche", nous raconte Der Spiegel.

Mais la violence est restée verbale, pas d'émeute ni de chasse au migrant comme à Chemnitz. Il faut dire, explique l'article, qu'entre les appels à manifester et l'heure du rassemblement, la police avait dévoilé les résultats d'une première autopsie: il apparaissait que la victime, jeune homme de 22 ans, n'était pas mort des blessures causées par la bagarre, mais d'une attaque cardiaque, lui qui souffrait de problèmes au cœur. 

De quoi éviter, sans doute à Köthen, l'emballement violent que l'on avait pu voir à Chemnitz. Mais la colère, la haine étaient bien là, ce dimanche où les orateurs ont appelé la foule à manifester, en masse, le 9 novembre à Berlin pour exiger une nouvelle fois la démission d'Angela Merkel.   

Les médias américains n'en finissent pas de commenter la chute d'un de leurs plus éminents représentants, le désormais ex-patron de la chaîne CBS. 

Il s'appelle Leslie Moonves et il apparaît aujourd'hui comme un homme puissant de plus, rattrapé par les accusations d'agressions sexuelles accumulées tout au long de sa carrière au sommet. 

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Le coup de grâce est venu hier du New Yorker,et de la publication de six témoignages de femmes qui disent être tombées entre ses griffes de prédateur sexuel. Elles s'ajoutent à six autres, déja dans le New Yorker en juillet. Dès lors les investisseurs de CBS, dont Moonves avait fait la chaîne la plus regardée d'Amérique, l'ont lâché après d'âpres négociations . 

Le New York Times ce matin nous raconte les conditions de cette exfiltration: le conseil d'administration de CBS va prélever 20 millions de dollars des indemnités de départ de Moonves pour les verser à des associations qui œuvrent contre les violences faites aux femmes. Mais l'ex-tycoon pourrait tout de même partir avec 120 millions en poche, ce qui "écoeure" certaines plaignantes citées par le NYT. 

Après Harvey Weinstein à Hollywood, après d'autres grande figures de la télé américaine, Les Moonves est donc la dernière et l'une des plus importantes prises du mouvement #metoo, analyse le Times. Ces scandales à répétition, et au sommet, "nous rappellent que le monde du divertissement et de l'info aux Etats-Unis a été et reste dominé par des hommes". Avec les dérives que l'on connaît désormais, des crimes qui, rappellent le New Yorker, projettent la "honte" sur les institutions qui avaient connaissance de cs crimes pendant des décennies mais ont couvert leurs hommes puissants.

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