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Couple à Kazan, Tatarstan, face à une intervention télévisée de Vladimir Poutine le 1er mars 2018

Drôle de campagne en Russie

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A une semaine de sa probable réélection à la présidence russe, Vladimir Poutine est omniprésent dans les médias. Bien plus que sur le terrain.

Couple à Kazan, Tatarstan, face à une intervention télévisée de Vladimir Poutine le 1er mars 2018
Couple à Kazan, Tatarstan, face à une intervention télévisée de Vladimir Poutine le 1er mars 2018 Crédits : Maksim Bogodvid / Sputnik - AFP

Vladimir Poutine est omniprésent dans les médias, à moins d’une semaine maintenant de sa réélection très probable à la président russe. Et c’est une drôle de campagne, en vérité, pour Poutine, qui n'aura tenu aucun meeting, ni participé au moindre débat télévisé cette année, préférant, après 18 années de pouvoir, les plateaux télé aux les bains de foule, les interviews en face à face, plutôt que l'échange politique.

On en a eu deux exemples pas plus tard qu'hier : d'abord avec un film à la gloire du président, sobrement intitulé "Poutine", et diffusé par la chaîne de télévision publique ROSSIYA-1 : deux heures sur le mode du documentaire hagiographique, avec interview réalisée directement par le propre directeur de campagne du candidat, et déclarations de proches, amis d'enfances, et autres affidés : "je ne saurais dire s'il a jamais commis la moindre erreur", déclare ainsi, face caméra, le patron de l'entreprise pétrolière Rosneft.

Mais Vladimir Poutine sait aussi se montrer combatif : il a ainsi accordé une longue interview, depuis le Kremlin, à la chaîne américaine NBC, pour répondre, à sa manière, à quelques questions qui fâchent. 

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A propos des ingérences, présumées russes aux Etats-Unis, dans la campagne présidentielle américaine de 2016 : "je m'en moque éperdument, explique Vladimir Poutine. Les gens qui ont fait ça ne représentent pas le gouvernement. Ni les intérêts de la Russie. Peut-être ne sont-ils même pas russes mais ukrainiens... tatars... ou juifs avec la nationalité russe. Peut-être ont-ils une double nationalité ou une carte verte, peut-être ont-ils été financés par les Etats-Unis. Comment pouvez-vous savoir ? Moi, je ne sais pas."

Une interview qui a immédiatement fait réagir, notamment aux Etats-Unis. C'est à lire, par exemple, en une de l'édition électronique du WAHINGTON POST ce matin. "Ce commentaire, qui nie en substance aux Juifs Russes une pleine citoyenneté, semble être arraché aux pages du "protocole des sages de Sion", explique au quotidien américain le démocrate Jonatnan Greenblatt, ancien conseiller de Barack Obama, et directeur de la "ligue anti-diffamation", qui lutte contre l'antisémitisme.

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La radio publique NPR a quant elle a donné la parole à la chercheuse américano-russe Masha Gessen, qui rappelle les purges staliniennes, envers les Tatars, ou les Juifs, qui avaient, d'après Gessen, bien peu de droits sous les tsars russes.

Toujours à propos de cette affaire d’ingérences dans la campagne américain, Donald Trump commencerait-il à paniquer en raison de l’enquête du procureur spécial Robert Mueller ? 

Pas du tout, si on en croit le compte twitter du président américain, surveillé de près par le site internet de VANITY FAIR : “Je suis très content de mes avocats, a tweeté Donald Trump, hier, ils font du bon boulot”. Et pourtant, l’équipe de juristes de la Maison Blanche pourrait bientôt se voir complétée, prochainement, d’une nouvelle recrue, en la personne de Emmet T. Flood. C’est que, explique VANITY FAIR : “parmi les responsables républicains en poste à Washington, beaucoup désormais pensent sérieusement que Trump pourrait bien un jour avoir à faire face à une procédure “d'impeachment”. Un risque d’autant plus grand si les élections de mi-mandat, qui arrivent en novembre, voient les démocrates reprendre la majorité à la Chambre des représentants. »

Or il se trouve que ce Emmet T. Flood, que Trump tente visiblement de recruter, n’est pas un inconnu à Washington. C’est ce qu’explique le NEW YORK TIMES qui a sorti l’info, ce week-end. Flood, en effet, connaît bien la Maison blanche, pour avoir travaillé avec George Bush fils, et surtout pour avoir conseillé Bill Clinton, en 1998, lors de la procédure de destitution consécutive à l’affaire Lewinsky. Procédure qui, finalement, on s’en souvient, n’a pas abouti.

Flood a-t-il rencontré Trump, récemment, dans le bureau ovale, pour commencer à discuter de l’enquête russe, comme l’affirme le NEW YORK TIMES, citant plusieurs sources internes à la Maison Blanche ? Ou bien est-ce une « fake news”, comme l’a tweeté hier le président américain ? Quoi qu’il en soit, d'après VANITY FAIR, cette agitation souligne le fait que Donald Trump, qui pensait pouvoir se sortir de l’enquête Mueller au moment de Thanksgiving, en novembre dernier, puis à Noël, puis au début de 2018, va devoir adapter sa stratégie, et sa gestion du temps dans cette affaire.

Egalement dans la presse internationale ce matin, l’annonce de mesures, prises par les Nations unies au Bangladesh, pour protéger les réfugiés Rohingyas des éléphants sauvages. 

C’est à lire dans le WALL STREET JOURNAL, qui explique que depuis le début de l’exode des Rohingyas, fuyant les persécutions en Birmanie, 10 réfugiés au moins ont trouvé la mort dans des charges d’éléphants. Il faut dire, explique le journal, que les camps de réfugiés se trouvent souvent sur les routes migratoires des éléphants, et qu’en pleine saison sèche, la recherche de nourriture et d’eau rend la situation véritablement critique. Pour tenter de remédier au problème, 17 équipes d’intervention ont été formées dans les camps, pour aider à chasser les éléphants.

Et alors qu'un rapport d'Amnesty International publié ce matin, démontre que des bases militaires sont actuellement construites par l'armée birmane à l'emplacement d'anciens villages Rohingyas rasés, notamment dans l’état Rakhine, c'est avec de simples lampes de poches, et quelques sifflets, que les 700.000 Rohingyas déplacés se prémunissent de la nouvelle menace qui plane sur eux.C

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