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L'organisateur de l'événement de ce dimanche, Jason Kessler (centre de l'image), était déjà à l'origine du rassemblement de l'an dernier à Charlottesville. Il n'a réuni hier qu'une poignée de néonazis

Retour sur un week-end de tensions aux Etats-Unis, un an après les événements meurtriers de Charlottesville

5 min
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Au sommaire de cette revue de presse : le suprémacisme et le racisme aux Etats-Unis depuis l'élection de Donald Trump, la visite du camp d'Auschwitz-Birkenau par des réfugiés musulmans et des jeunes juifs et la fin en Allemagne du veto sur les symboles nazis dans les jeux vidéos.

L'organisateur de l'événement de ce dimanche, Jason Kessler (centre de l'image), était déjà à l'origine du rassemblement de l'an dernier à Charlottesville. Il n'a réuni hier qu'une poignée de néonazis
L'organisateur de l'événement de ce dimanche, Jason Kessler (centre de l'image), était déjà à l'origine du rassemblement de l'an dernier à Charlottesville. Il n'a réuni hier qu'une poignée de néonazis Crédits : Leigh Vogel / UPI - Maxppp

Au final les manifestants néo-nazis n'ont été qu'une poignée à se rassembler à Washington hier constate La Tribune de Genève. Les suprémacistes n'étaient qu'une quarantaine devant la Maison Blanche, sous surveillance policière renforcée, face à des centaines de contre manifestants. Dès le début d'après-midi, raconte la quotidien suisse, ces contre manifestants avaient commencé à se rassembler, brandissant des pancartes "Non aux nazis, non à une Amérique fasciste."  

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Un manifestant de 22 ans témoigne : "Certains disent que la meilleure stratégie c'est d'ignorer les suprémacistes blancs... Mais nous pensons vraiment que ce serait une énorme erreur de laisser les fascistes battre le pavé dans la capitale du pays sans opposition...."  A Charlottesville même, explique USA Today, un hommage a été rendu aux victimes du 12 août 2017. C'est là, rappelle le quotidien américain, à 200 kilomètres de Washington qu'un sympathisant néo-nazi avait foncé sur une foule de manifestants anti racistes, tuant une jeune femme de 32 ans. 

Sa mère a pris la parole hier, citée dans le journal. "Il n'y a pas de guérison. Nous avons un énorme problème racial dans notre ville et dans notre pays. Nous devons régler ce problème ou nous reviendrons ici dans peu de temps." En écho, dans la foule des contre-manifestants de Washington, la Libre Belgique cite Jim, un Américain noir. Son sentiment aujourd'hui est que les Américains sont plus racistes sous Donald Trump : "Cela a enhardi les mecs blancs", assure-t-il dans les pages du quotidien belge. "Quand ils marchent sur le trottoir, leur position c'est 'tu as intérêt à bouger de mon chemin'. C'était subtil, ça ne l'est plus. C'est comme l'Allemagne nazie." Et selon un sondage publié par CBS news, 61% des personnes interrogées ont le sentiment que les tensions raciales se sont accentuées depuis un an. Ils sont 58 % à ne pas être d'accord avec la façon dont Donald Trump gère ces questions. Le président américain, rappelle Newsweek, s'était montré réticent l'an dernier à critiquer les manifestants néo-nazis, dont beaucoup soutenaient ouvertement sa candidature présidentielle. Il avait même déclaré qu'il y avait "de très belles personnes des deux côtés". 

Cette fois, Donald Trump a publié un message sur Twitter, condamnant tous les types de racisme et d'actes de violence mais sans condamner spécifiquement les suprémacistes, constate The New York Times. 

Qu'est-ce qui a changé depuis les événements de Charlottesville ? se demande la presse internationale. Est-ce-que les événements ont affaibli ou renforcé l’extrême droite dans le pays ? Depuis les événements de Charlottesville, explique le site d'information américain Vox, elle est divisée sur la manière d'arriver à son objectif : un état blanc. D'un côté, il y a ceux qui estiment qu'il faut soigner l'apparence et laisser de côté les aspects les plus durs comme les drapeaux nazis et les tatouages de croix gammées. D'autres estiment que c'est un signe de faiblesse. Mais l'un des objectifs de la suprématie blanche continue le journaliste de Vox est de pousser ses opinions dans les médias grand public. Et plusieurs médias ont déjà été accusés par certains de les "normaliser". L’extrême droite continue de gagner du terrain mais de façon plus fragmentée et moins visible estime George Selim. Le premier vice-président de la ligue anti-diffamation s'exprime dans les pages de Politico, comme 15 autres intellectuels interrogés par le média politique de Washington. Des dizaines de militants ont été licenciés, expulsés des universités et évités par les familles et les amis, explique Georges Selim. Mais l’extrême droite, stimulée par le climat politique, a connu une croissance explosive depuis 2015, avec de nouvelles recrues. Beaucoup de  jeunes, relativement instruits. Il est peu probable que ces nouveaux membres enthousiastes abandonnent leurs croyances haineuses simplement parce que certains de leurs dirigeants se battent entre eux ou qu'ils perdent des relations sur Twitter. Des militants moins susceptibles d’être "skinheads" tatoués au front, mais tout aussi susceptibles de partager ces points de vue en portant un polo : la nouvelle génération de suprémacistes blancs émerge.  

Pendant ce temps là, de l'autre côté de l'Atlantique, la presse raconte un voyage particulier dans le camp d'Auschwitz-Birkenau : des réfugiés musulmans et des jeunes juifs qui déposent ensemble des roses en mémoire aux victimes de la Shoah. C'était hier, raconte Die Welt, alors que le quotidien allemand le rappelle : beaucoup plus d'infractions antisémites ont été signalées dans le pays au premier semestre 2018. Ce projet construit des ponts assure Felix Klein, responsable de la lutte contre l'antisémitisme au gouvernement fédéral. Cela envoie un message : si vous voulez vous intégrer en Allemagne, vous devez connaître son histoire. Une visite des camps de concentration devrait être obligatoire pour les étudiants. 

L'Allemagne qui vient aussi de lever le veto sur les symboles nazis dans les jeux vidéos. C'est La Stampa qui le raconte. Le pays laisse tomber une interdiction qui a duré près de 20 ans. Depuis les années 90, aucun jeu vidéo en Allemagne ne pouvait montrer des croix gammées, ou d'autres symboles nazis. Ils pourront désormais le faire, à condition que cela ne serve aucune propagande. L'an dernier, rappelle La Tribune de Genève, la sortie de "Wolfenstein II", un jeu dans lequel le joueur doit tuer des nazis, avait suscité un vif débat en Allemagne. De nombreuses voix s'étaient élevées en criant à la censure, parce que dans la version allemande du jeu les symboles nazis avaient été modifiés et la moustache d'Adolf Hitler avait été effacée. 

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