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Cesare Battitsti  dans l'avion qui l'emmène vers l'Italie et la prison à perpétuité

Cesare Battisti extradé vers l'Italie, sans repasser par la case Brésil

5 min
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L'ancien combattant d'extrême-gauche italienne Cesare Battisti est attendu à la mi-journée à Rome d'où il a été finalement été extradé directement depuis la Bolivie. Theresa May a "24h pour sauver le Brexit". Brève arrestation au Venezuela du président de l'Assemblé nationale Juan Guaido.

Cesare Battitsti  dans l'avion qui l'emmène vers l'Italie et la prison à perpétuité
Cesare Battitsti dans l'avion qui l'emmène vers l'Italie et la prison à perpétuité Crédits : Polizia di Stato - AFP

Cesare Battisti se trouve en ce moment même dans un avion affrété par l'Italie où l'attend une peine de prison à perpétuité.  

L'ancien membre des "Prolétaires armés pour le communisme", dans l'Italie des années 70, avait été reconnu coupable de quatre meurtres en 1993. Après près de 40 années de cavale à travers l'Europe puis l'Amérique latine, il a donc été arrêté samedi en Bolivie où il avait fuit voyant que le Brésil de Jair Bolsonaro avait révoqué son statut de résident permanent. 

"Battisti est renvoyé vers l'Italie dans ce qui ressemble bien à superproduction de cinéma international" commente La Razon en Bolivie. Le quotidien de la Paz raconte en particulier le bal des avions officiels hier sur le tarmac de l'aéroport de Viru Viru, près de Santa Cruz où Battisti a été arrêté: car hier, lira-t-on aussi côté brésilien dans O Antagonista, l'entourage de Jair Bolsonaro voulait à tout prix que le fugitif italien soit extradé de Bolivie vers le Brésil, avant de le renvoyer lui-même en Italie. 

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Le fils du président Eduardo Bolsonaro l'avait dit sans équivoque, Battisti devait être "un cadeau" que le nouveau pouvoir d'extrême-droite brésilien offrait à son camarade italien Matteo Salvini ; Brasilia avait donc envoyé un avion pour réceptionner le "colis" à Santa Cruz, le ramener au Brésil et mettre en scène sa réexpédition vers Rome.  

Mais le chef d'Etat Bolivien Evo Morales ne lui a finalement pas fait ce plaisir, nous dit encore La Razon. Morales, dirigeant de gauche, a certes voulu éviter une crise diplomatique frontale avec le Brésil, mais n'a pas fait de cadeau à Bolsonaro. L'avion affrété par ce dernier est rentré à Brasilia sans sa précieuse cargaison, et Cesare Battisti lui s'est envolé directement vers Rome dans un jet arborant des couleurs de l'Etat italien. 

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Mais l'hebdomadaire brésilien Istoé note qu'en ne le refaisant pas passer par la case "Brésil", ces intenses tractations diplomatiques ont aussi privé l'ancien militant d’extrême-gauche d'un ultime recours : celui déposé par son avocat brésilien, qui en appelait à la Cour Suprême du pays, au nom de l'Habeas Corpus, pour essayer d'éviter l’extradition vers l'Italie. Une tentative un peu désespérée, l'avocat le reconnaissait lui-même, face à l'enjeu politique qu'a pris cette fin de cavale de Cesare Battisti, attendu tel un trophée par le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini. 

Le compte-à-rebours final est enclenché pour la Première ministre britannique Theresa May. 

Et la presse britannique ne se prive pas de faire monter la pression, sur le 10 Downing Street : "24 heures pour sauver le Brexit", titre le Daily Express ce matin, à la veille donc du vote à la Chambre des Communes, sur l'accord de sortie de l'UE négocié avec Bruxelles.  

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Tout aussi tragique, The I nous explique que "Theresa May va livrer tout à l'heure, face aux députés, son plaidoyer de la dernière chance" pour le Brexit, mais aussi pour elle-même et son gouvernement. Car la défaite qui s'annonce lors du vote de demain pourrait bien tourner à "l'humiliation". 

La Première ministre tente donc le tout pour le tout dans un ultime retournement stratégique relevé par le Financial Times : son argument tout à l'heure ce sera de "dire aux partisans du Brexit, que s'ils ne soutiennent pas son accord à elle, alors il n'y aura peut-être pas de Brexit du tout", tant il risque d'être bloqué, empêché justement par le rejet des parlementaires. Finalement, la menace n'est plus celle d'un "No-deal Brexit", une sortie de l'UE sans accord préalable, mais celle d'un "No Brexit", un Royaume-Uni coincé dans "le piège européen" et à la merci de brimades constantes de la part des 27, avertit Theresa May. 

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Il n'y a bien que The Guardian pour proposer une perspective moins sombre à la Première ministre : on y affirme que Bruxelles serait prête à accorder un nouveau délai aux Britanniques. Repousser "au moins jusqu'à la fin du mois de juillet" la date butoir du 29 mars qui, de toute façon, semble de plus en plus illusoire quel que soit le résultat du vote de demain. Accessoirement, cela voudrait aussi dire prolonger de quelques mois l'interminable calvaire politique de Theresa May.   

Nous repartons en Amérique du sud pour terminer cette revue de presse internationale en parcourant les journaux du Venezuela.

Ce qu'il reste de presse indépendante, en tous cas, dans ce pays, s'alarme de ce qui s'est passé hier : deux journalistes de médias étrangers, CNN et le colombien Caracol News, ont été violemment interpellées par des policiers, hier alors qu'elles tentaient, nous dit La Prensa, de couvrir l'arrestation du président de l'Assemblé nationale. Juan Guaido, poursuit El Nacional, c'est le principal opposant au président Nicolas Maduro, en ce qu'il "dirige le Parlement, dernière institution qui échappe encore au contrôle des chavistes". 

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Il a donc été arrêté et brièvement détenu, hier, par les services du renseignement intérieur vénézuélien, alors qu'il se rendait à un meeting dans la région de Vargas. Il a été rapidement libéré, après quelques vérifications, mais l'avertissement est plutôt clair, écrit le journal centriste El Carabobenio : "cette détention, même courte, rend plus irrespirable encore le climat politique au Venezuela". 

Pas plus tard que vendredi, nous rappelle El Pais, Juan Guaido avait appelé la communauté internationale à l'aide : face à l'investiture, "illégitime" selon lui, de Nicolas Maduro pour un second mandat présidentiel, il s'est même déclaré, symboliquement, seul chef légitime de l'Etat vénézuélien.   

Mais dans les heures qui ont suivi son arrestation ce dimanche, l'Etat chaviste a tout fait pour réfuter toute responsabilité : dans les colonnes du Correo del Orinoco, journal pro-chaviste, on apprend qu'une enquête a été ouverte contre le chef policier qui a dirigé de la détention de Guaido. Il aurait agi de sa propre initiative, est accusé d'avoir monté une "opération médiatique" pour servir les intérêts de ce que le communiqué officiel désigne comme "l'extrême-droite vénézuélienne", comprenez... l'opposition, clairement soupçonnée d'avoir orchestrée toute l'affaire pour permettre à son leader de poser en victime.

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