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Des bougies en hommage aux victimes d'une série d'attaques à Surabaya

La menace est partout

5 min
À retrouver dans l'émission

En Indonésie, quatre kamikazes ont été tués lundi dans un attentat suicide contre un commissariat de police à Surabaya, une attaque dont le dernier bilan fait état d’au moins 10 blessés.

Des bougies en hommage aux victimes d'une série d'attaques à Surabaya
Des bougies en hommage aux victimes d'une série d'attaques à Surabaya Crédits : IVAN DAMANIK - AFP

En Indonésie, le bandeau «Breaking News» avait à peine disparu, hier soir, de l'édition en ligne du JAKARTA POST après une série d'attaques suicides qu'il a réapparu, tôt ce matin, pour prévenir d'un nouvel attentat, perpétré contre une base de la police et qui aurait fait au moins une victime. La terreur frappe à nouveau, le titre de l'édito en Une du journal, ce matin, n'était évidemment pas censé devoir résonner de manière aussi brûlante. Ce lundi, le pays tout entier portait encore le deuil, dit-il, des trois attentats perpétrés la veille contre des églises, et dont le dernier bilan faisant état de 13 morts et une quarantaine de blessées est d'ores et déjà l'un des plus lourds dans l'archipel depuis 10 ans. Selon la BBC, cette série d'attaques revendiquées par le groupe Etat Islamique impliquerait une seule et même famille, un père, une mère et leurs quatre enfants (dont deux fillettes âgées de 9 et 12 ans). Quant au JAKARTA POST, il précise à nouveau que toutes ces attaques interviennent à quelques jours seulement du début du Ramadan, dans le plus grand pays musulman du monde, lequel après avoir été salué ces dernières années pour avoir lancé une offensive majeure contre les extrémistes assiste, depuis peu, à une résurgence du radicalisme inspiré par le groupe État islamique

Et cette série d'attentats fait évidemment écho, ce matin, à l'attaque au couteau perpétrée samedi soir à Paris et revendiquée, là aussi, par Daech.Il était près de 21 heures, la nuit allait tomber, il faisait bon et les rues du quartier étaient remplis de gens sortis pour la soirée, lorsqu'un homme en noir, couteau à la main et âgé d'une vingtaine d'années seulement a semé la terreur, faisant un mort, raconte THE TELEGRAPH. Un homme que le quotidien madrilène ABC dépeint, lui, comme un fanatique et un fou. Un «soldat» de Daech ainsi que l’écrit pour sa part l’organisation islamiste qui a rapidement revendiqué cette atrocité. Une formulation, d’ailleurs, qui n’est pas anodine, note THE NEW YORK TIMES, car elle suggère que l’attaquant a été inspiré à distance par l’EI mais n’a pas été envoyé directement par l’organisation. Cet assaillant d'origine tchétchène, naturalisé français, sans antécédent judiciaire figurait, en revanche, depuis 2016 sur le fichier «S» des services du renseignement français. L’occasion pour le journal LE TEMPS de rappeler que la France compte aujourd’hui environ 18 000 individus fichés «S» pour leur radicalisation religieuse islamiste, dont 4000 seulement sont suivis de près par les forces de l’ordre, dont les moyens sont malheureusement insuffisants face à un tel nombre. En d'autres termes,  conclue le journal, la plaie djihadiste française va continuer de faire souffrir le pays et elle sera longue à cicatriser.

Et quand il est encore question de Daech, ce matin : ce weekend, les Irakiens étaient appelés aux urnes pour élire un nouveau Parlement et remettre sur pied un pays en lambeaux, après trois années de guerre contre l'EI.Sauf que les électeurs ont visiblement surtout choisi de porter un coup à l'ensemble de la classe politique, note ce matin THE WALL STREET JOURNAL, non seulement en boudant massivement les urnes (la participation est inférieure à 45%), mais aussi en plaçant en tête de ces législatives deux listes anti-système, qui ont largement distancé le Premier ministre soutenu par la communauté internationale et pourtant donné favori.  Après dépouillement de plus de la moitié des bulletins de vote c'est l'imam chiite modéré Moktada al Sadr qui arriverait en tête, suivi d'une autre liste du chef d'une milice chiite, soutenu lui par Téhéran. Preuve, écrit toujours le quotidien américain, que les observateurs avaient raison de considérer ce scrutin comme un test de l'influence de l'Iran contre celle des États-Unis. 

Direction Israël, à présent, qui s'apprête à connaître plusieurs jours de très hautes tensions.C'est aujourd'hui que les principales autorités de l'Etat hébreu vont célébrer le déménagement de l'ambassade des Etats-Unis dans la Ville Sainte.  Bien évidemment, ce matin, il y a ceux qui fulminent mais aussi ceux qui jubilent. C'est le cas, en particulier raconte la correspondante du TEMPS à Jérusalem, des évangéliques américains sionistes, qui croient que la décision de leur président Donald Trump va hâter la rédemption du monde. Et pourquoi ? Pour le comprendre, dit-elle, il faut découvrir leur lecture littérale de la Bible, selon laquelle les juifs étant le peuple élu de Dieu, ce n’est qu’en les soutenant dans leur volonté de régner sur l’Israël biblique, que l’on peut plaire au Tout-Puissant. Une manière, toujours selon eux, de s’attirer en retour de fructueuses bénédictions du Ciel. Reste que dès demain, des dizaines de milliers de Palestiniens manifesteront, eux, leur colère à l’occasion des 70 ans de leur expulsion au moment de la création de l’Etat hébreu. De sorte, conclue le journal, qu'ajouté à la guerre qui se profile déjà avec l’Iran, nul doute que ce mois de mai en Israël pourrait rester tristement gravé dans les mémoires.

Et de fait, en déplaçant l’ambassade des Etats-Unis mais aussi en jetant aux oubliettes l’accord sur le nucléaire iranien, Donald Trump risque non seulement de précipiter la recomposition des camps dans la région, mais aussi et surtout de faire planer le spectre d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient. C'est en tous les cas l'inquiétude partagée par le magazine DER SPIEGEL dont la dernière Une choc montre une main à l'effigie de Donald Trump avec le majeur bien tendu.

Et puis autre couverture, elle aussi remarquée notamment par le Courrier International, celle de l'hebdomadaire TIME, avec cette question : les hommes coupables peuvent-ils changer ? Ici, la question est liée au mouvement #MeToo. Le magazine américain consacre un grand article aux traitements suivis par des hommes derrière les barreaux pour des infractions à caractère sexuel. La journaliste y raconte, notamment, trois jours de thérapie avec 16 hommes condamnés. 

Enfin sans transition, comme on dit, on a appris ce weekend que Silvio Berlusconi, condamné en 2013 à une peine d'inéligibilité pour fraude fiscale, pourra à nouveau se présenter à des élections. Un tribunal de Milan a décidé, en effet, de réhabiliter l'ex-Cavaliere, en effaçant tous les effets de sa condamnation précise IL CORRIERE DELLA SERA et ce deux jours, seulement, après que le magnat des médias a accepté de donner son feu vert à un accord entre son alliée la Ligue (d'extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles. Les deux partis antisystème ont trouvé un accord sur un programme de gouvernement et devrait annoncer, aujourd'hui, le nom du Premier ministre. Et c’est ainsi que ce matin nombre de journaux, à l'instar d'IL GAZETTINO, se plaisent à essayer de deviner le nom du futur appelé.

Par Thomas CLUZEL

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