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Le Premier ministre australien Scott Morrison

L'Australie tancée pour sa position ambiguë sur Jérusalem

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En reconnaissant "Jérusalem-Ouest" comme capitale d'Israël, le Premier ministre australien Scott Morrison fâche Benyamin Netanyahou sans satisfaire pour autant les Palestiniens. En Italie, énième accord à l'arrachée entre M5S et Ligue sur le budget. Manifestations anti-Orban à Budapest.

Le Premier ministre australien Scott Morrison
Le Premier ministre australien Scott Morrison Crédits : MICK TSIKAS - Maxppp

Mais que diable les Australiens allaient-ils faire dans cette galère ?

Ça s'est passé samedi mais la presse, de Canberra à Tel-Aviv,  ne s'en remet toujours pas : samedi, Scott Morrison le Premier ministre australien déclarait ceci:  

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C'est court mais précis : "l'Australie reconnaît que Jérusalem-Ouest, siège de la Knesset et de plusieurs institutions, est la capitale d'Israël". 

Au premier abord, ça pourrait ressembler à un alignement sur les positions de l'Amérique de Donald Trump, faisant de Jérusalem, et non de Tel-Aviv, la capitale de l'Etat d'Israël. Sauf qu'à un mot près, cette simple phrase venue de Canberra a fâché les autorités israéliennes. Le journal en ligne  Middle East Eye nous en dit plus : si l'Australie devient bien l'un des rares pays à affirmer qu'il veut déménager son ambassade à Jérusalem, le fait de préciser "Jérusalem-Ouest" est considéré comme une très fâcheuse "erreur", par  l'entourage de Benyamin Netanyahou. Cela revient à acter la division de la ville Sainte, sur laquelle Israël revendique la souveraineté complète, quand les textes de droit international reconnaissent comme légitime le contrôle de l'autorité palestinienne sur l'Est de la ville. 

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Mais est-ce bien une "erreur" innocente faite par Scott Morrison?  Certainement pas, estime le quotidien israélien Haaretz : en prenant cette position finalement assez claire en faveur d'une solution à deux Etats au Proche-Orient, le chef du gouvernement australien adresse à son homologue israélien un rappel à la réalité qui veut que non, tout le monde comme Donald Trump n'est pas d'accord avec sa vision des choses.

En cela, poursuit Haaretz, Canberra se comporte comme un "véritable ami d'Israël", le genre qui n’hésite pas à vous dire, en trouvant les mots, quand vous êtes dans le tort et dans le déni.  

Alors, on lira dans le Times of Israel cet appel lancé par la Ligue Arabe : "M. Morrisson, pas question de vous arrêter en si bon chemin, il faut aller au bout de votre démarche et reconnaître à présent Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine, sans quoi la position australienne sera incompréhensible".  

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Pour calmer le jeu on lira finalement le Sydney Morning Herald qui voit dans ces passions autour du discours de Morrison "beaucoup de bruit pour rien", tant il est vrai que la lointaine Australie n'est vraiment pas un acteur de poids au Proche-Orient. Le quotidien de Sydney prend le pari : "Dans un an tout cela aura été oublié, notre ambassade sera toujours à Tel Aviv, et le statu-quo aura été maintenu ; c'est toujours comme ça, avec le conflit israélo-palestinien".

Le gouvernement italien a vécu hier son "jour le plus long". 

C'est en tous cas le grand titre des journaux transalpins ce matin pour évoquer le laborieux sommet gouvernemental d'hier soir sur le budget de l'Italie pour l'an prochain. Plus de quatre heures de débats à huis-clos entre les ténors du pouvoir italien, le Président du conseil Giuseppe Conte, ses deux vice-présidents Salvini et Di Maio, et le ministre de l'économie Giovanni Tria. 

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A la sortie, après minuit, nous dit le Corriere della Serra, le communiqué officiel décrivait une "atmosphère amicale" mais personne n'y croit vraiment.  Difficile en effet de ne pas voir les tensions qui déchirent les deux partis au pouvoir, le Mouvement 5 étoiles et la Ligue d'extrême-droite, sur les tergiversations de leurs dirigeants face à l'intransigeance de l'Union européenne. 

La marge de manœuvre était étroite, nous confirme le Corriere : mais Luigi Di Maio se félicitait cette nuit que personne n'ait du finalement "baisser son pantalon" face à Bruxelles. Lui et Matteo Salvini semblent y être parvenu en signant un pacte de non-agression tout en faisant chacun des concessions. Pour le détail, on lira Il Messagero : la Ligue, par exemple, accepte de ne pas complètement "saboter" le projet d'écotaxe, en approuvant finalement une taxe sur les voitures de luxe et les grosses cylindrées plus populaires de type SUV. Ça permet aux 5 Etoiles d'obtenir une hausse de la prime à l'achat d'un véhicule non-polluant et de débloquer des fonds pour boucher les nids-de-poule dans les rues de Rome, une ligne rouge pour l'électorat du mouvement populiste.  

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Le gouvernement, insiste pour sa part Il Fatto Quotidiano,  sauve aussi son programme visant à faciliter le départ anticipé à la retraite des femmes, en maintenant à 40% la diminution des "retraites dorées" versées par l'Etat aux anciens ministres et haut-fonctionnaires. Là encore la Ligue y était opposé ; elle obtient en échange que les maires des communes italiennes puissent passer des contrats sans appel d'offres pour tous les marchés publics jusqu'à 200 000 euros, une manière affichée de favoriser les entreprises et les emplois locaux. 

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Toujours est-il, nous dit enfin La Repubblica, qu'en trouvant un terrain d'entente les frères ennemis du gouvernement italien ont la conviction d'avoir fait le plus dur, d'avoir vécu "leur moment le plus important", dixit Luigi Di Maïo, depuis l'élection qui les a amenés au pouvoir.  A se demander si le leader des 5 Etoiles a plus peur du couperet de la Commission Européenne ou de son soi-disant allié Matteo Salvini.

En Hongrie également la nuit qui s'achève a été très longue pour ces députés et militants d'opposition qui ont décidé de camper dans le centre de Budapest. 

Une manière d'ancrer dans la durée leur mouvement de révolte contre Viktor Orban et son gouvernement.  En lisant la presse hongroise ce matin on comprend que la révolte n'a fait que monter depuis 4 jours de manifestations, et qu'hier elle a clairement franchi un seuil. 

Au départ il y a la loi sur le Travail,  voté mercredi dernier et en particulier sur les heures supplémentaires, déplafonnées à 400 heures par an et payable par les employeurs trois ans après avoir été effectuées.  

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C'est "de l'esclavagisme", lit-on sur les pancartes des milliers de manifestants, mais la revendication est plus large, "Nous voulons de la Démocratie pour Noël, a par exemple lu le Huffington Post parmi le cortège d'hier dans la capitale hongroise. "Orban démission", aussi, forcément, tant cette loi Travail semble être la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour l'opposition hongroise. 

Et le vase a largement débordé, hier à en croire le site d'info pro-gouvernemental Origo : on n'y parle ce matin que de la violence, qui a opposé les manifestants aux forces de l'ordre, en particulier devant le siège de la radio-télévision publique. La violence, c'est la nouvelle arme de l'opposition pour déstabiliser le pouvoir, affirme Origo, qui y voit en action la nouvelle étape d'un plan ourdi par personne d'autre que le philanthrope américano-hongrois Georges Soros. 

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"Le sort de notre Hongrie est-il entre les mains des casseurs et des pillards ? ", s'interroge le média, possédé par l'opérateur national Magyar Télékom.  Sur le site du magazine HVG on lit un autre récit des manifestations, hier soir au pied de la radio-télé hongroise : les manifestants dont plusieurs députés de gauche ont demandé à pouvoir lire un texte sur les antennes nationales , cela leur a été refusé et les policiers ont ensuite chargé sous les lacrymogènes. De tout cela, bien entendu, les chaines d'Etat n'ont quasiment pas parlé.

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