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Brett Kavanaugh pendant les auditions devant le Sénat en vue de sa confirmation à la Cour Suprême américaine

Brett Kavanaugh rattrapé par une accusation d'agression sexuelle aux portes de la Cour Suprême américaine

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Le juge conservateur Brett Kavanaugh est accusé d'avoir agressé sexuellement une adolescente en 1982 alors qu'il avait 17 ans. A quatre jours de sa confirmation à la Cour Suprême, des voix démocrates et républicaines s'élèvent pour exiger un report de la décision.

Brett Kavanaugh pendant les auditions devant le Sénat en vue de sa confirmation à la Cour Suprême américaine
Brett Kavanaugh pendant les auditions devant le Sénat en vue de sa confirmation à la Cour Suprême américaine Crédits : SAUL LOEB - AFP

Aux Etats-Unis, le souvenir d'une soirée étudiante vieille de 35 ans vient hanter Brett Kavanaugh.

Le juge conservateur avait été nommé par Donald Trump à la Cour Suprême et auditionné début septembre par le Sénat qui doit confirmer cette nomination dans 4 jours. Mais en Une du Washington Post, voici que paraît le témoignage d'une femme qui l'accuse d'agression sexuelle, du temps où il avait 17 ans, et elle 15. 

C'était l'été 1982 : une maison bourgeoise du Maryland, une bande d'adolescents de la très bonne société américaine, beaucoup d'alcool, et Christine Blasey Ford, aujourd'hui professeur renommée en psychologie, qui se souvient que Brett Kavanaugh l'avait jetée sur un lit, l'y avait maintenue de force, main sur la bouche pour l'empêcher de crier. Elle décrit touchée, avait essayé de lui arracher ses vêtements, sous le regard hilare d'un de ses amis, avant qu'elle n'arrive finalement à s'enfuir. 

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"Sur le coup, j'ai pensé qu'il allait me tuer", raconte celle qui a aujourd'hui 51 ans. Après cette nuit, elle n'a plus jamais reparlé à Kavanaugh. Comme tant d'autres, elle a décidé de ne pas dire ce qu'elle avait subi, elle s'est dit qu'il ne l'avait pas violée, qu'il ne s'était rien passé. Mais quand elle a vu que son agresseur était aujourd'hui aux portes de la cour Suprême, soutenu par Donald Trump et sur le point de faire basculer la Cour vers des positions particulièrement conservatrices, Christine Blasey Ford a décidé d'agir "selon sa responsabilité de citoyenne", comme elle dit dans le Washington Post, d'accepter que sa vie soit jetée en pâture aux médias pour confondre l'homme au sommet de gloire. 

Brett Kavanaugh et ses soutiens dans le camp républicain, réfutent en bloc, depuis 4 jours que la polémique enfle. Ils sont aujourd'hui face à une femme qui parle à visage découvert du haut de la crédibilité, de la légitimé que lui confèrent une carrière reconnue.

Et alors que confirmation prévue du Juge Kavanaugh par le Sénat est prévue pour jeudi, de nombreuses voix, démocrates et républicaines, appellent à repousser cette nomination. 

A lire sur The Atlantic, la tribune de David Frum, ancienne plume de Georges W. Bush à la Maison Blanche : il s'indigne de cette phrase prononcée par un avocat proche de l'administration Trump, ce week-end,  expliquant qu'il ne faut surtout pas tenir compte des accusations contre Kavanaugh, parce que "si lui peut être accusé de cette manière, alors n'importe qui, vous, moi, n'importe quel homme peut l'être". D'ailleurs, tout ça c'était il y a plus de 35 ans, il avait seulement 17 ans et était certainement trop saoul pour savoir ce qu'il faisait. Ce qu'il a fait est mal, mais est-ce qu'on doit vraiment sacrifier la carrière d'un homme de bien à cause d'une non-histoire comme celle-ci ? 

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Le genre de discours dominant, dans un Sénat à très grande majorité masculine, nous dit David Frum toujours dans The Atlantic, avant de nous rappeler qu'en matière de nomination à la Cour Suprême, les sénateurs agissent au nom du Peuple américain; que leur assemblée va être profondément renouvelée par les élections de mi-mandat dans 6 semaines. Alors oui, dit-il, il faut repousser la nomination, pour que ce soient des sénateurs fraîchement élus, à la lumière de toute cette affaire, qui décident, ou non, si Brett Kavanaugh est le mieux placé pour fixer les lois de son pays, sur l'avortement, sur les violences faites aux femmes ou sur les droits des minorités. 

Cette position, depuis les révélations faites par Christine Blasey Ford, rencontre une approbation grandissante à Washington : CNN cite en particulier trois sénateurs particulièrement influents dans le camp républicain, qui appellent eux aussi à repousser la décision de jeudi.

A la Une également de la presse internationale, les présidents russe et turc qui se rencontrent ce lundi pour tenter de définir une position commune avant l'assaut final sur Idleb en Syrie. 

Et gare, nous dit le spécialiste du Moyen-Orient James Miller, dans le journal turc en exil Ahval, gare à ce que la chute annoncée d'Idleb ne soit pas, pour notre monde l'équivalent de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand pour celui d'il y a un siècle : un "catalyseur de cette explosion, à l'oeuvre depuis 7 ans de guerre en Syrie, ce cataclysme" qui a entamé la redéfinition de toutes les relations internationales, a remis en selle la Russie sur la scène internationale, et a mis la Turquie dans une situation impossible.  

Idleb, dernier bastion insurgé
Idleb, dernier bastion insurgé Crédits : VALENTINA BRESCHI, SOPHIE RAMIS, THOMAS SAINT-CRICQ - AFP

Ankara a permis pendant des années aux rebelles syriens piégés dans la poche d'Idleb, qu'ils soient modérés ou liés à Al-Qaeda, de s'armer, de se ravitailler: sans la proximité avec la frontière turque, Idleb aurait été écrasée en quelques mois. Or cette même Turquie, alliée de l'Otan nous rappelle James Miller, a récemment déployé des chars sur cette frontière, laissant entendre que l'assaut des forces pro-Assad sur Idleb pourrait "dégénérer en affrontement régional, voire possiblement mondial".  

Autre point qui met la Turquie au cœur du casse-tête syrien, dans cette dernière étape, à lire également dans Al Monitor : quelle issue pour les millets de combattants d'Al Qaeda sont venus de l'étranger, pour combattre en Syrie et qui se sont repliés progressivement vers Idleb?  Pour eux il n'y a plus que deux solutions: rester, combattre l'armée syrienne jusqu'au bout, et mourir... ou bien tenter de fuir une dernière fois vers la Turquie.  

La clé là encore, est bien entre les mains de Recep Tayyip Erdogan,  qui rencontre Vladimir Poutine aujourd'hui à Sotchi. Dans le journal turc Hürriyet, Yusuf Kanli nous explique que les Russes veulent faire porter à Ankara la responsalilité du "tri", entre civils à secourir et djihadistes à éliminer à Idleb. "La Turquie ne peut pas corriger les erreurs du passé en Syrie", conclut-il, "mais elle peut éviter d'en commettre de nouvelles".

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