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Affiches officielles à Islamabad

Entre Pakistan et Inde, une tournée asiatique "en funambule" pour Mohamed Bin Salmane

6 min
À retrouver dans l'émission

Le prince héritier d'Arabie Saoudite MBS est au Pakistan pouis en Inde cette semaine pour une tournée asiatique troublée par la recrudescence des tensions indo-pakistanaises au Cachemire. amazon renonce à installer son deuxième QG à New-York. Marche néo-nazie à Sofia, dans l'indifférence bulgare?

Affiches officielles à Islamabad
Affiches officielles à Islamabad Crédits : SOHAIL SHAHZAD - Maxppp

Le prince héritier d'Arabie Saoudite Mohammed Bin Salmane a entamé hier une tournée très stratégique en Asie. 

Pakistan, Inde, Chine : ce sont les trois destinations retenues pour cette première grande tournée en Asie de celui que l'on surnomme de ses initiales MBS, qui n'est pas encore roi, mais qui est déjà aux commandes du royaume saoudien. 

MBS, donc, est à Islamabad depuis dimanche ; il se rendra ensuite à New Delhi, et cet enchaînement résume à lui seul, pour le South China Morning Post, "l'exercice d'équilibriste géopolitique" que représente cette tournée.  "La corde est étroite" tout autant qu'elle est raide, quand on connait les tensions qui persistent entre le Pakistan et l'Inde : pas plus tard que ce lundi matin 7 indiens ont été tués dans un attentat au Cachemire. 

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Les deux puissances nucléaires de l'Asie se disputent déjà les faveurs du prince, et ce dernier a mis la barre haut, en terme d'amitié et de contrats signés, dès hier avec les autorités pakistanaises. C'est le Times of India qui détaille, non sans une bonne dose de dédain, comment "le Pakistan, au bord de la banqueroute, déroule le tapis rouge à MBS".  Le premier ministre pakistanais Imrane Khan a tout fait pour soigner l'accueil du saoudien, et ça paye en terme de contrats, il y en aurait pour 20 milliards de dollars.  

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Dans le journal anglophone pakistanais Le Levant, MBS se dit convaincu que "le Pakistan va devenir un pays incontournable dans un futur proche, et l'Arabie Saoudite veut être à ses côtés". "Incontournable", le Pakistan l'est déjà , poursuit le South China Morning Post, en ce qui concerne la politique saoudienne de containment de l'Iran : pas de surprise, donc, si c'est dans la région frontalière du Balouchistan que Riyad concentre ses investissements, attendus à hauteur de 10 milliards de dollars pour cette seule région. 

Mais attention, nous dit le quotidien de Hong-Kong : plus MBS en rajoutera dans ses déclarations d'amour intéressées au Pakistan, plus l'Inde, où il se rendra dès demain, risque de se vexer.  Et personne  n'y a intérêt : pas les dirigeants indiens, en pleine campagne électorale particulièrement tendue et avec le conflit au Cachemire qui reprend de l'intensité ;  pas non plus le prince héritier saoudien, qui s'est lancé dans cette tournée asiatique pour se donner un peu d'air, renforcer ses alliances dans une région du monde où il est encore le bienvenu sans qu'on lui demande des comptes sur l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.  

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La chaîne qatari Al Jazeera s'interroge d'ailleurs sur ce que ce nouveau tropisme asiatique nous dit des relations déclinantes entre Riyad et son traditionnel grand allié de l'ouest, les Etats-Unis.

Les Etats-Unis où la contestation prend de l'ampleur face aux pratiques sociales et fiscales du géant de la vente en ligne Amazon. 

Et c'est précisément à New-York que cette contestation a pris corps en fin de semaine dernière, comme nous le rappelle le Magazine Time.  Jeudi, Amazon annonçait qu'elle renonce à installer dans la métropole de l'Est américain, ses deuxième quartiers généraux, après bien sûr son siège historique de Seattle sur la côte ouest. 

Amazon, et son richissime autant que médiatique PDG Jeff Bezos claquent donc la porte au nez de New-York : ils n'y créeront pas les 25 000 emplois promis autour du quartier populaire du Queens, et c'est une réaction à la colère qui montait, dans la gauche new-yorkaise, contre les largesses promises à l'entreprise par l’administration fiscale.  

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Amazon avait obtenu un allègement d'impôts locaux de près de 3 milliards de dollars contre son installation, une sorte de zone franche taillée sur mesure, concédée nous dit Time dans des accords secrets avec le gouverneur démocrate Andrew Cuomo. 

Trois milliards de recette en moins pour le fisc, ce serait donc le prix à payer pour 25 000 emplois ?  L'aile gauche des démocrates, incarnée par la jeune et omniprésente Alexandria Ocasio-Cortez, y a vue une concession inacceptable, un blanc-seing accordé à Amazon, laquelle est accusée d'incarner aussi bien les ravages de la vente agressive en ligne sur les commerces dans les centre urbains, que l'abaissement des standards de protection sociale des salariés.   

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Au final, ce matin encore dans le New York Times deux écoles s'affrontent, entre la vieille garde démocrate qui regrette les emplois perdus dans des quartiers où le chômage est très élevé, et l'aile Ocasio-Cortez qui se réjouit d'avoir posé un premier acte retentissant de résistance contre Amazon. Ce camp-là est rejoint dans une tribune au Times par le maire de New-York Bill di Blasio : il renvoie la faute sur Amazon et non sur ses détracteurs. Le géant d'internet, dit-il, aurait pu répondre aux critiques en leur donnant tort, s'engager à améliorer ses pratiques sociales et à payer ses impôts. ll a préféré renoncer plutôt que de discuter, et celà, conclut Bill di Blasio, en dit long sur le sentiment de toute puissance qui anime les dirigeants d'Amazon. 

On en termine pour aujourd'hui avec ces images glaçantes venues de Bulgarie. 

Images de près de deux mille militants néo-nazis qui ont défilé samedi soir, torches enflammées à la main, dans le centre de Sofia. 

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C'était leur "Marche Lukov", du nom de Hristo Lukov, général pro-nazi, figure collaborationniste, tué par un communiste pendant la seconde guerre mondiale. Des saluts hitlériens, des chants nationalistes, des slogans racistes et antisémites, rien n'a été épargné pour ce moment d'affirmation en pleine capitale de l'extrême-droite la plus radicale de Bulgarie. 

La Deutsche Welle allemande remarque tout de même que de nombreux participants venaient d'autres pays : d'Allemagne, justement, mais aussi de Hongrie, ou de Suède. A Euronews, certains de ces nouveaux nazis européens ont expliqué l'importance de ce genre de rassemblement, car ils permet aux différents mouvances nationalistes du nord du continent, de "garder le contact", d'échanger, de travailler ensemble pour défendre, je cite, leur conception de  pays "libres et indépendants". 

"Sur les 2000 qui ont défilé à Sofia samedi, combien connaissaient vraiment l'histoire de Hristo Lukov?"; s'interroge le journal bulgare Fakti, avant de répondre qu'ils étaient bien peu, la plupart venue là pour y défouler "sa haine, son agressivité, et sa complexité"aussi.

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Le site spécialisé Balkan Insight donne lui la parole aux centaines d'antifascistes bulgares, qui sont venus samedi faire face à la "Marche  Lukov". Eux dénoncent "l'indifférence" des politiques à la tête du pays face à cette démonstration de force des néo-nazis. Le parti de centre-droit du premier ministre  Borissov a du s'allier à des formations nationalistes pour obtenir une majorité ; depuis la parole d'extrême-droite s'exprime toujours plus librement en Bulgarie. La marche de samedi avait d'abord été interdite par la Ville de Sofia, avant d'être finalement autorisée par un tribunal local.

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