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Une précédente opération de secours de l'ONG Sea Watch 3 en Méditerranée

Retour forcé en Libye pour une centaine de migrants secourus in extremis en Méditerranée

5 min
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Pendant 24 heures la vie d'une centaines de migrants a été suspendue à l'incapacité des Européens et Libyens à s'entendre pour organiser leur sauvetage en mer. Ils ont été finalement ramenés à Misrata. La question irlandaise au cœur du Brexit après l'explosion d'une bombe de la "Nouvelle IRA".

Une précédente opération de secours de l'ONG Sea Watch 3 en Méditerranée
Une précédente opération de secours de l'ONG Sea Watch 3 en Méditerranée Crédits : FEDERICO SCOPPA - AFP

Ce matin encore l'actualité nous entraîne en Méditerranée, au large des côtes de la Libye. 

"Je n'aurai bientôt plus la force de vous parler, je gèle. Aidez-nous, je vous en supplie!

Voila le dernier message, envoyé hier soir par l'un des passagers d'une barge à la dérive entre Libye et Italie. Il fait la Une des quotidiens La Repubblica, et le Corriere della Serra en Italie ce matin. Dernier message de détresse, après 24 heures d'appels à l'aide, laissés sans réponse sur le système "Alarm Phone", mis en place pour faciliter l'organisation des secours en Méditerranée. 

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Au bout du fil, ce week-end, il n'y avait personne, côté libyen, ou plutôt des services maritimes, pourtant financés par l'Union Européenne pour secourir les migrants, mais qui se renvoyaient la balle. Et transféraient l'appel vers la capitainerie de Misrata où personne ne répondait. Les heures passant, sans solution officielle, le navire humanitaire SeaWatch 3 a décidé de changer de cap pour se rendre sur zone. Mais il était  à 15 heures de navigation, et sur la barge, le froid menaçait la vie des hommes, des femmes, des enfants, autant que le risque d'un naufrage imminent. 

Il a fallu, poursuit Il Corriere, que l'ONG qui gère "l'Alarm Phone" prenne directement à partie, via Twitter, le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, pour que le pire soit finalement évité. Le Palazzo Chigi, siège du gouvernement à Rome, a directement contacté les autorités libyennes... mais celles-ci n'avaient pas de navire secours disponible : c'est en derniers recours un cargo battant pavillon Sierra-Léonais, qui croisait dans le secteur, qui a reçu l'ordre de se dérouter pour porter secours aux migrants, les récupérer à son bord... et les ramener en Libye.  

"Conte et l'Italie ont obligé Tripoli à agir", résume donc La Repubblica en titre de Une.

Mais cela ne résonne pas vraiment comme une satisfaction : d'abord, parce que la Libye, pour les migrants africains, c'est une prison à ciel ouvert, quand ce n'est pas un gigantesque centre de torture, d'esclavage et de mort. Ensuite, parce que ce qui s'est passé hier soir illustre à nouveau les conséquences très concrètes de la politique italienne en matière d'immigration.  

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Même au sein de majorité, cette ligne dure de fermeture des ports suscite des critiques, des oppositions de plus en plus vives, en particulier au sein du Mouvement 5 étoiles. Alors, sur l'aile gauche du parti, le député Alessandro Di Battista, cité par la Repubblica, tente de masquer ces dissensions en attaquant l'ennemi commun des  populistes et de l'Extrême-droite : la France d'Emmanuel Macron. 

Notre pays est jugé plus que jamais responsable de la crise migratoire par son "attitude néo-coloniale qui appauvrit et exploite l'Afrique".  "Moi ce que j'aurais fait, dit Alessandro di Battista, c'est que j'aurais secouru les migrants, et je les aurais fait débarquer dans le port de Marseille". Avant de conclure : "Tant que nous ne provoquerons pas d'incident diplomatique avec la France, rien ne sera résolu" en Méditerranée.

En Irlande du Nord, les journaux s'interrogent sur cette "nouvelle IRA" qui fait parler d'elle après l'explosion d'une voiture piégée.  

Ça s'est passé dans la nuit de samedi à dimanche, dans la ville nord-irlandaise de Londonderry dont les habitants, nous dit The Irish Times, ont eu l'impression d'être projetés trente, voire quarante ans en arrière. 

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Une "nouvelle IRA" serait donc derrière cette attaque que l'on revit ce matin avec forces images de vidéosurveillance sur les sites d'info irlandais : une voiture s'arrête devant le Palais de Justice de Bishop Street, le conducteur part en courant, et le véhicule piégé explose, sans faire de victime mais des dégâts conséquents.  

En lisant The Irish Times, on comprend que l'effet a surtout été symbolique, replongeant les habitants de Derry dans des scènes qu'ils auraient voulu chasser une bonne fois pour toutes de leurs rues et de leurs esprits. Le mode opératoire, le lieu, le moment choisi, tout renvoie à la tradition terroriste des républicains catholiques nord-irlandais de l'IRA, l'ancienne, celle des années 70 à 90.  

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Mais cette fois, nous confirme le Belfast Telegraph, derrière l'attaque à la bombe se trouverait la "Nouvelle IRA", groupuscule dissident, dont les quatre membres présumés qui ont été arrêtés pour interrogatoire, n'ont pas plus de trente ans. A croire les enquêteurs, cités par l'Irish Times, ils voudraient revivre "la gloire", entre guillemets, de leurs illustres prédécesseurs, et surtout poursuivre "leur révolution inachevée". Mais ce petit groupe, comme d’autres d'ailleurs qui revendiquent le même héritage, est "peu voire pas du tout soutenu par la population, et c'est cela la grande différence avec l'IRA d'hier", conclut l'Irish Times.   

Le quotidien de Dublin fait aussi le lien, forcément, avec le Brexit.   

Les deux Irlandes, et la frontière qui les sépare, restent le principal point d'achoppement qui prive Theresa May d'une majorité à la Chambre des Communes.  L'idée de voir la République d'Irlande être dans l'Union européenne, alors que l'Irlande du Nord la quitterait et verrait ses ses liens resserrés avec la Grande-Bretagne, c'est le cauchemar des républicains nord-irlandais.  

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A Londres, le Daily Telegraph croit savoir que, pour tenter de calmer les esprits sur l'île, la Première ministre britannique va clairement axer sur cette question irlandaise le plan B qu'elle présentera dans la journée au Parlement. Elle envisagerait même de renégocier le "Good Friday Agreement", ces accords dits "du Vendredi Saint" qui en 1998 avaient posé les bases de relations politiques enfin pacifiées entre Londres, Belfast et Dublin. 

L'idée serait d'y inscrire noir sur blanc "l'engagement que jamais une frontière physique ne sera ré-établie entre le nord et le sud de l’île". C'est à peu près ce que laissait déjà entendre The Sunday Times d'hier. 

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The Guardian, enfin, confirme que la question irlandaise sera au cœur du plan B de Theresa May, mais d'après ses informations la Première ministre n'avait encore hier soir "aucune véritable solution" à proposer.

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