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Nicolas Maduro, réélu président du Venezuela

Le débat, à nouveau

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Au Venezuela, Nicolas Maduro a été réélu à la présidence du pays malgré un scrutin contesté en raison d'irrégularités présumées.

Nicolas Maduro, réélu président du Venezuela
Nicolas Maduro, réélu président du Venezuela Crédits : JUAN BARRETO - AFP

Après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote, la Commission électorale a annoncé, tôt ce matin, la victoire de Nicolas Maduro à l'élection présidentielle. Avec près de 70% des suffrages, il devance son principal adversaire de plus de 45 points, un «record historique» s'est aussitôt réjoui Nicolas Maduro. Reste que la plupart des journaux, eux, insistent ce matin sur le peu de crédibilité à accorder à ces résultats, en tout point conformes aux craintes formulées par la majeure partie de l'opposition qui, rappelle notamment le site de la BBC, avait appelé au boycott de ce scrutin assimilé au «couronnement d'un dictateur». Dès-hier soir, précise pour sa part la version en ligne du quotidien de Caracas TAL CUAL, le principal concurrent de Nicolas Maduro, anticipant l'issue attendue de ce vote, a réclamé l'organisation de nouvelles élections. Il dénonce de très nombreuses irrégularités et en particulier l'installation, à proximité des bureaux de vote, de stands à l'effigie du gouvernement où les Vénézuéliens pouvaient venir recevoir de l'argent et de la nourriture. Une manière, en somme, de tordre le bras des électeurs. 

Enfin, preuve incontestable d'une vraie crise de légitimité au Venezuela, le taux de participation d'environ 46% (contre 80% lors de la précédente élection) est tout simplement le plus faible de toute l'histoire du pays. Et en ce sens, pour le journal de Caracas, l'abstention est bien la grande vainqueur de ces élections. D'où ce commentaire, d'ailleurs, à lire cette fois-ci dans les colonnes du CHIGACO TRIBUNE, qui note la contradiction flagrante qui existe à présent entre d'un côté la colère réelle d'une grande partie de la population contre son gouvernement et de l'autre la frustration des Vénézuéliens déçus, face à la division des partis de la coalition d'opposition. Et THE WASHINGTON POST, notamment, de s'inquiéter ce matin des conséquences de ce vote sur une crise sociale naissante au Venezuela en train, dit-il, d'exploser.

En Italie, à présent, c'est aujourd'hui que l'on devrait connaître le nom du futur Premier ministre.Deux mois et demi après les élections législatives, le Mouvement (antisystème) 5 étoiles et la Ligue (d'obédience d'extrême droite) doivent présenter, ce lundi, au président Mattarella et à tout le pays le nom du chef du futur gouvernement populiste. Les deux camps se sont enfin mis d'accord, prévient ce matin IL GAZZETTINO. Evidemment, toute la presse parie d'ores et déjà sur un certain nombre de personnalités, parmi lesquelles Giuseppe Conte (54 ans, un juriste quasi inconnu, spécialiste de la justice administrative) ressort, a priori, comme le favori. Et puis d'autres noms circulent comme celui d'Andrea Roventini, 41 ans, un jeune économiste mais aussi Paolo Savona, 81 ans, ex-ministre de l'Industrie et qui s'est notamment toujours opposé au traité de Maastricht, présenté justement dans le programme commun comme le début de la dérive de l'Union européenne. 

Enfin, si la féroce lutte d'égos entre les chefs de file des deux partis les a finalement forcés à choisir une tierce personne pour diriger le premier gouvernement antisystème d'Italie, Luigi Di Maio et Matteo Salvini devraient, néanmoins, chacun se réserver des maroquins de choix. A en croire toujours la presse transalpine, quand le président du Mouvement 5 Etoiles pourrait réclamer le grand ministère du Développement économique (incluant le Travail), son homologue de la Ligue pourrait lui récupérer le Ministère de l'Intérieur.

Une séance de rattrapage, à présent, à la Une de la presse britannique.Même si l'on se demande bien qui aurait pu y échapper, toujours est-il que les heureux mariés sont, encore ce matin, en première page de tous les journaux outre-Manche. Quand THE DAILY EXPRESS se réjouit de ce que la cérémonie a été absolument magnifique, THE GUARDIAN relève pour sa part que le couple a été félicité pour le caractère multiculturel de leur mariage, une célébration de l'identité noire. Si les noces du petit-fils de la Reine sont forcément un événement (entourées de tout le faste de la tradition britannique), ce mariage royal, écrit le journal, restera dans les mémoires pour une toute autre raison. Et il suffit pour cela de regarder la liste des invités : l'acteur et producteur britannique Idris Elba, l'actrice d'origine cubaine Gina Torres, mais aussi la joueuse de tennis Serena Williams, sans oublier l'animatrice américaine Oprah Winfrey, dont un présentateur télé a d'ailleurs plaisanté lorsqu'elle est entrée samedi dans le château de Windsor sur le fait que la véritable reine venait d’arriver. Enfin, il y aura eu ce sermon enflammé du révérend afro-américain Michael Bruce Curry (chef de l’Église anglicane aux États-Unis), qui en citant Martin Luther King a prononcé une ode au pouvoir de l’amour. 

Bref, si tous ces symboles n’ont pas nécessairement marqué ceux qui font généralement partie de la majorité, estime toujours le journal de Londres, ils auront en tout cas très certainement raisonné chez tous ceux qui peuvent désormais s’identifier à la situation de Meghan Markle : une personne de couleur, qui pénètre dans le milieu sûrement le plus blanc et le plus sélect de la planète, celui de la famille royale britannique.

De son côté le tabloïd américain NEW YORK DAILY NEWS a, lui, choisi de manière assez étrange de faire se percuter deux actualités : d'un côté le mariage royal de l’Américaine Meghan Markle profitant de son conte de fées en Angleterre et de l'autre les dix familles réunies à l'église, hier, pour les obsèques des victimes du massacre dans un lycée de Santa Fé vendredi dernier. Tandis qu'ils font des mariages royaux, nous, nous enterrons nos enfants, titre le quotidien. Pour sa part le tabloïd NEW YORK POST publie sur son site, ce matin, une vidéo troublante du tueur, en costume traditionnel grec, effectuant une danse dans une église orthodoxe, quelques jours à peine avant de passer à l'acte. 

Enfin, comme après chaque tuerie, les mêmes questions parcourent la presse. Va-t-on, une fois l'émotion retombée et lorsque les drapeaux en berne flotteront à nouveau, assister une nouvelle fois à un débat stérile, qui ne fera pas bouger d'un millimètre la problématique des armes aux Etats-Unis ?, s’interroge la correspondante du TEMPS. Quoi qu’il en soit, cette fusillade est le 22ème massacre commis dans un établissement scolaire depuis le début de l'année aux Etats-Unis, soit presque un par semaine.

Par Thomas CLUZEL

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