LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
A Managua les manifestation de rue (ici par les étudiants vendredi dernier) et leur répression auraient fait plus de 30 victimes

Du Caucase à l'Amérique centrale : la rue fait vaciller le pouvoir

5 min
À retrouver dans l'émission

Au Nicaragua, le président Ortega abroge sa réforme de la Sécurité Sociale après cinq jours de manifestations de rue. En Arménie, c'est le Premier ministre Serge Sarkissian qui concentre sur sa personne la vindicte populaire. Les Etats-Unis attendent la visite d'Etat d'Emmanuel Macron.

A Managua les manifestation de rue (ici par les étudiants vendredi dernier) et leur répression auraient fait plus de 30 victimes
A Managua les manifestation de rue (ici par les étudiants vendredi dernier) et leur répression auraient fait plus de 30 victimes Crédits : INTI OCON - AFP

Au Nicaragua, première reculade du président Daniel Ortega : il a annoncé hier renoncer à sa réforme de la Sécurité sociale...  La Prensa, l'un des principaux quotidiens du pays, souligne ce matin que "Le président Daniel Ortega, a décidé de révoquer ce dimanche, après cinq jours de protestations et plus de 30 morts à la suite de la répression, les réformes de sécurité sociale qui ont déclenché les manifestations, mais a averti qu'il considère que celles-ci sont responsables du chaos qui, selon lui, mine la stabilité du Nicaragua". La BBC rappelle pour sa part que samedi, Daniel Ortega était apparu une première fois à la télévision, après quatre jours de manifestations, annonçant des négociations autour de cette réforme - laquelle prévoyait une hausse des contributions de tous les allocataires ainsi qu'une baisse de 5% de leurs allocations - des négociations qui devraient s'ouvrir avec le Conseil supérieur des entreprises privées (Cosep), la puissante association patronale. Mais la Cosep publiait immédiatement un communiqué annonçant qu'elle refusait de s'asseoir à une table de négociation tant que les violences policières perdureraient et que la liberté de parole n'était pas restaurée. Plusieurs chaînes de télévisions qui couvraient les manifestations des derniers jours ont été effectivement interdites et un journaliste a été tué par balle alors qu'il réalisait un direct vidéo sur Facebook... Moins de 24 heures plus tard, poursuit la BBC, Ortega "s'adressait à nouveau à la nation pour annoncer que la réforme était abandonnée, tout en accusant certains partis d'opposition d'incitation à la violence et de chercher à renverser son gouvernement". Ce matin El Nuevo Diario de Managua publie un nouveau communiqué du Cosep annonçant qu'il acceptait de discuter avec le gouvernement, l'Eglise catholique du pays se portant garante de ces négociations, mais annonçait aussi qu'il maintenait son appel à une marche nationale de protestation pour ce lundi après-midi dans le centre de Managua. 

Autres manifestations et autre chef d'un exécutif aux prises avec la rue :  en Arménie, Serge Sarkissian, l'ancien président qui ne pouvait pas se représenter à ce poste est devenu en début de semaine dernière premier ministre du pays, une fonction dont les pouvoirs avaient été considérablement renforcés... 

Depuis lors, Erevan, la capitale arménienne, vit au rythme des manifestations de rue, exigeant son départ...  Celles d'hier se seraient soldées par des arrestations en masse, de plusieurs centaines de personnes. L'agence russe Interfax citant des responsables de la police, avançait le chiffre de 200 interpellations. Le leader d'un petit parti d'opposition, Nikol Pashynian ainsi que deux autres hommes politiques d'opposition auraient également été arrêtés... "Pashynian a été arrêté, rappelle le site de la chaîne paneuropéenne Euronews quelques heures après avoir pu rencontrer Serge Sarkhissian - pendant qq minutes à peine sur un plateau de télévision, le premier ministre quittant ledit plateau au motif que les revendications de ces manifestations étaient totalement indues" ; à vrai dire elles demandent surtout et avant tout son départ de l'exécutif. 

"Pourquoi cette frustration s'exprime-t-elle ainsi aujourd'hui, demande le site d'information arménien Civilnet.am, alors que les élections parlementaires d'avril se sont tenues dans une atmosphère d'apathie et d'indifférence politique ?" Ce qui a changé , explique le site,  c'est que "plusieurs problématiques se sont conjuguées pour nourrir la présente tempête ; Il y a d'abord le mécontentement sous-jacent depuis dix ans avec le parti Républicain, celui du Pouvoir, celui de Sarkissian ; il y a aussi eu plusieurs éruptions populaires et manifestations durant les cinq dernières années, autour des hausses du prix des transports en commun, de celle de l’électricité ou du fait de la guerre de 4 jours (contre l'Azerbaijan il y a un an et demi) qui a coûté la vie à tant de jeunes... mais avec la perspective du départ de Serge Sarkissian, les Arméniens s'attendaient à une rupture peut-être pas complète mais claire d'avec l'ancien système...  Et donc quand en l'espace de deux mois on a vu poindre  la perspective d'un Serge Sarkissian Premier ministre, l'humeur du pays à commencé à tourner à la frustration ouverte... Les manifestations ont explosé il y a dix jours, quand il a été annoncé que Sarkissian serait l'unique candidat pour ce poste de Premier Ministre". Et il faut bien voir, poursuit Civilnet.am que "les manifestations des derniers jours ont leur vie propre, elles ne sont pas emmenées par un pouvoir politique ou un autre... elles ne sont que la traduction de la défiance et du rejet complet de l'administration Sarkissian". Manière de dire qu'elles sont donc là pour durer. 

Enfin, la presse internationale, notamment anglo-saxonne, se penche également ce matin sur la visite du président français aux Etats-Unis. En amont de cette visite qui débute donc ce lundi, la chaîne Fox News, celle qu'affectionne particulièrement Donald Trump, a diffusé hier un long entretien avec le président français. Un entretien où le quotidien USA Today relève de vraies similitudes entre les deux chefs d'exécutif, le Français et l'Américain... notamment l'explication qu'en donne Emmanuel Macron lui-même ; "l'un comme l'autre, a expliqué à Fox news le Président français, nous ne faisons pas partie du système politique classique ; l'élection de Donald Trump était inattendue dans votre pays et la mienne également dans le mien... Nous avons construit une relation spéciale parce que nous sommes tous les deux des outsiders du système" a encore expliqué Emmanuel Macron.  "Relation spéciale", ou "special relationship" c'était normalement ce qui caractérisait les relations des Etats-Unis et de la Grande Bretagne... Aujourd’hui, cette special relationship est bel et bien devenue une "relation spéciale", résume (en Français dans le texte) le Sunday Telegraph de Londres ; "M. Macron s'est, indiscutablement, installé comme le leader européen préféré du président américain", poursuit le quotidien dominical britannique... 

Pour autant, prévient le New York Times, Macron prend un vrai risque avec ce voyage et cette "relation spéciale" ; "il fait le pari qu'il peut courtiser Trump sans être terni par lui, alors que les deux hommes sont politiquement presque l'exacte contraposée l'un de l'autre"... Le risque, poursuit le quotidien new-yorkais, "c'est que Macron courtise trop Trump et qu'il n'obtienne pas grand chose en échange".

Emmanuel Macron est le 1er dirigeant à faire une visite d'État aux Etats-Unis depuis l'élection de Donald Trump
Emmanuel Macron est le 1er dirigeant à faire une visite d'État aux Etats-Unis depuis l'élection de Donald Trump Crédits : Visactu
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......