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Une vedette des gardes-co^tes italiens débarque des  migrants africains à Lampedusa le 1er août 2020

Le gouverneur de Sicile veut expulser tous les migrants sous 24 heures

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Le gouverneur de Sicile et Lampedusa pose un ultimatum au gouvernement italien pour faire interdire les débarquements de migrants et fermer tous les centres d'accueil des deux îles. Aux USA, Donald Trump joue dangereusement avec les espoirs suscités par un traitement au plasma du Covid-19.

Une vedette des gardes-co^tes italiens débarque des  migrants africains à Lampedusa le 1er août 2020
Une vedette des gardes-co^tes italiens débarque des migrants africains à Lampedusa le 1er août 2020 Crédits : Alberto PIzzoli - AFP

Nous sommes ce matin en vue des côtes italiennes, et plus précisément même de celles des îles de Sicile et de Lampedusa. 

Deux îles qui pourraient devenir ce lundi soir minuit des territoires fermés aux dizaines de migrants qui y débarquent chaque jour ou presque. C'est en tous cas la volonté du gouverneur de la région de Sicile qui englobe les deux îles italiennes au sud de la Méditerranée : Nello Musumeci, c'est son nom, a adressé dimanche un véritable ultimatum en ce sens au gouvernement de Rome.

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"Une provocation", selon Il Fatto Quotidiano, "un défi" d'après La Repubblica : le gouverneur, élu avec les voix de la droite et de l'extrême-droite, annonce qu'il prend un arrêté fermant les frontières des îles à tout étranger arrivant par la mer en situation irrégulière et surtout exigeant l'expulsion immédiate, ce soir minuit donc, de tous les migrants présents sur le sol sicilien, dans les centre d'accueil et dans les hotspots européens.  

En tout, précise la Repubblica, ce sont 12 000 réfugiés qui se massent dans ces centres. Et si la Sicile "se rebelle", comme le salue le quotidien de droite Il Giornale, c'est contre un gouvernement central jugé absent, silencieux, coupablement immobile alors que la Sicile et Lampedusa subissent seules le fardeau de cette immigration méditerranéenne. 

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Ce discours n'est pas récent, il est en partie fondé, reconnaît Il Fatto Quotidiano... mais fallait-il pour autant, comme le fait le gouverneur Musumeci, parler d'une "invasion" insupportable et argumenter du fait que ces migrants ramèneraient avec eux le coronavirus dans des proportions plus importantes, par exemple, que les milliers de touristes qui se pressent en ce même moment et sans aucun contrôle sur les côtes siciliennes ?

Car c'est bien pour des raisons sanitaires que le gouverneur de Sicile veut expulser tous les migrants : c'est en tous cas la raison principale qu'il donne pour agir de manière aussi tonitruante à ce moment précis. il explique au Corriere della Serra qu'il n'est plus possible d'assurer les règles de base de lutte contre l'épidémie, et il dit : "en tant que gouverneur, la santé publique sur l'île est de ma responsabilité", d'où le ton très péremptoire de son ultimatum. 

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Sauf que, comme le résume le Huffington Post italien, "Musumeci veut fermer tous les centres... mais ce n'est pas lui qui en a la clé" : la compétence en matière d'immigration est entièrement entre les mains de l'Etat, et depuis Rome la ministre de l'Intérieur Luciana Lamorgese s'est fait un devoir de le rappeler à l'élu sicilien. 

Il n'y aura donc pas à priori mardi matin de "pont aérien" mis en place pour relocaliser les migrants sur le continent, comme l'exige le gouverneur...  lequel aura toutefois réussi , au sortir de l'été, à faire ré-entendre la voix de la droite anti-immigration italienne dans une période où son leader Matteo Salvini, il faut bien le dire, était devenu quasi-inaudible. 

Aux Etats-Unis, la nouvelle prescription du docteur Trump contre le Covid-19 est loin de faire l'unanimité.

Alors que les Etats-Unis déplorent la mort de plus de 176 000 personnes depuis le début de la pandémie, à en croire The New York Times le président a obtenu ce qu'il voulait : à la veille de la convention républicaine qui va officiellement l'investir comme candidat à sa propre réélection en novembre, Donald Trump voulait marquer les esprits avec une une annonce sensationnelle et il l'a fait dimanche soir : il a annoncé qu'il lançait un traitement "historique et puissant" pour soigner les malades du Covid-19, un traitement à base de plasma sanguin riche en anticorps prélevé sur des personnes qui ont eu la maladie et s'en sont remis. 

Le soucis, c'est que ce traitement si cher au président laisse sceptique, pour le moins, dans le milieu de la recherche médicale où de nombreux experts estiment qu'ils ne disposent pas d'assez de données scientifiques prouvant son efficacité. Trump pour avoir son effet d'annonce, a donc du littéralement, explique le Washington Post, forcer la main de la FDA, l'administration qui autorise la mise sur le marché des médicaments.  

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D'ailleurs la FDA a subi toute la semaine dernière les pressions et attaques de la Maison blanche pour délivrer l'autorisation d'urgence.  ,comme le nous raconte le site d'info Axios,  avec notamment une série de tweets incendiaires depuis le compte présidentiel affirmant que l'agence retardait sciemment son feu vert pour des raisons politiques : encore un coup du complot du "deep state", l'administration gauchiste, contre le président... avec des milliers de vies prises en otages. 

En vrai, derrière l'enthousiasme que Trump tente de créer autour du traitement au plasma, il y a surtout de ce qu'en dit la revue Nature, "un manque criant de preuves tangibles de son efficacité". Pour la spécialiste santé de Bloomberg, Ana Edney, on peut même craindre que le coup d'accélérateur provoqué par Trump pour des raisons politiciennes ne vienne retarder les recherches sur ce type de thérapie qui reste tout de même prometteur. Il aurait suffi d'attendre quelques semaines encore pour avoir les résultats des essais cliniques qui sont actuellement menés, mais dont il n'est plus sûr qu'ilss pourront être menés à leur terme.  

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Voilà donc pourquoi, en résumé, James Downie du Washington Post estime qu'en voulant se faire le médecin en chef des Etats-Unis, en voulant montrer qu'il est en pointe dans la lutte contre le Covid, "Donald Trump donne à nouveau le pire de lui-même" : il sème la confusion et les faux espoirs dans un pays déjà meurti et dans une population qui ne sait plus qui croire, des experts ou de son président-candidat.

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