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Patrick Shanahan était considéré comme un "fix-it man" du temps de Boeing.

Un "business guy" nommé ministre de la Défense par Donald Trump

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Sans période de transition, Patrick Shanahan, ancien vice-président de Boeing, prendra ses fonctions le 1er janvier 2019. Un homme qui ne risque pas de contredire Donald Trump, une fois n'est pas coutume.

Patrick Shanahan était considéré comme un "fix-it man" du temps de Boeing.
Patrick Shanahan était considéré comme un "fix-it man" du temps de Boeing. Crédits : MANDEL NGAN - AFP

Dans la presse ce matin, une grande partie de l'attention se porte sur la saga de la politique américaine. Une fin d'année tumultueuse aux États-Unis, avec pour dernière péripétie, la nomination surprise, par Donald Trump, d'un nouveau ministre de la Défense. 

Les journaux ce matin s'étonnent de voir Jim Mattis, général "4 étoiles" très respecté, remplacé dès le 1er janvier. C'est Donald Trump en personne, via Twitter, qui l'a annoncé hier, après plusieurs jours d'une couverture médiatique plutôt élogieuse du militaire fraîchement retraité, et qu'on imagine avoir particulièrement agacé le président américain, nous raconte CNN

Mattis, ministre de la Défense, n'était bien entendu pas un opposant à Trump, mais il n'avait pas la langue dans sa poche et montrait sans retenue ses désaccords avec la politique étrangère engagée par la Maison blanche. Au point donc, jeudi dernier, de démissionner, tout juste après l'annonce par Donald Trump du retrait des troupes américaines de Syrie. Jim Mattis, comme de coutume, devait quitter ses fonctions après une période transition de quelques semaines. Mais de transition, le président américain a finalement décidé qu'il n'y en aurait pas. L'ère Mattis doit être balayée vite. 

Le 1er janvier 2019, le poste sera donc récupéré par Patrick Shanahan. Un homme présenté comme "très talentueux" par Donald Trump et avec un profil totalement différent de son prédécesseur. Pour El Pais, qui peint son portrait dans ses colonnes, c'est un vétéran de l'industrie des armes sans être un vétéran de guerre. Il se défend pourtant de bien connaître le sujet, avec un père qui a fait le Vietnam et une carrière irréprochable chez Boeing. Notamment au sein de la division Defense, Space & Security, l'une des plus importantes firmes militaires privées au monde. 

Chez Boeing, il était le "fix-it man", le bricoleur, l'homme répare tout, nous explique Fox News. Celui qui a sorti la compagnie de nombreuses difficultés. Ce n'est qu'au début d'année 2017 que Shanahan quitte l'entreprise pour devenir le numéro 2 de Jim Mattis à la Défense. Sur ses débuts en politique, l'hebdomadaire Defense News évoque quelqu'un qui semble peu porté sur la politique et la géopolitique, mais plutôt un "business guy", un homme d'affaires. Caractéristique qu'il partage justement avec le patron de la Maison Blanche. 

Shanahan est considéré comme un "business guy".
Shanahan est considéré comme un "business guy". Crédits : PIERRE VERDY - AFP

Parmi ses faits d'armes, celle notamment d'avoir fait machine arrière sur la question des bombes à sous munitions. Elles sont aujourd'hui bannies par 102 pays en raison du fort risque de dommages collatéraux quand elles explosent. Les États-Unis se sont engagés à ne plus les utiliser il y a environ 10 ans. Les stocks de bombes, précise le New York Times, devaient être détruits. Patrick Shanahan est revenu sur cet engagement, laissant à l'armée la possibilité d'écouler les stocks. Il n'y a pas de gâchis...

Pour ces différentes raisons, on comprend qu'il plaise à Donald Trump. Selon des proches du président américain, citées par ce même article du New York Times, Trump l'apprécie car Shanahan lui dit souvent qu'il a raison de s'agacer du coût des systèmes de défense actuels. Il est visiblement celui qui murmure des mots qui sonnent doux aux oreilles du président : réforme du système, modernité, performance. Et on peut aussi aisément comprendre aujourd'hui que Donald Trump cherche à s'entourer de profils qui lui ressemblent et le soutiennent. Lui qui, toujours selon le New York Times, est bien isolé en ce moment, à la Maison blanche, au point de régulièrement insulter ses propres conseillers de "fucking idiots" pendant des réunions dans le Bureau ovale. Un président en guerre contre sa propre administration, résume le journal. 

Un drôle de spectacle que déplorent, aux États-Unis, les conservateurs. Comme The Hill, pour qui le cabinet de Trump se réduit à peau de chagrin. Mais qui en revanche amuse la presse internationale, comme le BILD comptabilise, par exemple, le nombre de membres du gouvernement partis depuis le début du mandat. 30 personnes, dont 2 chefs d'état-major, 2 directeurs de la communication et un porte-parole. "Au suivant ?", s'interroge le quotidien allemand. 

Loin des turpitudes américaines, c'est un autre spectacle qu'on peut voir dans les journaux. Les images et les récits du passage du tsunami ce weekend en Indonésie. 

Une photo qui illustre le temps qui s'est arrêté.
Une photo qui illustre le temps qui s'est arrêté. Crédits : Demy Sanjaya - AFP

Les photos de l'épaisse fumée grise qui s'échappe du volcan en éruption, provoquant le tsunami qui a fait 281 morts : une mise en avant sobre faite par le Times of India

Aussi, celles choisie par Al-Jazeera et le Corriere Della Serra. Un homme, peut-être un secouriste, qui tient dans ses bras un rescapé en pleurs, avec une main réconfortante sur son visage, mais le regard dirigé sur le spectacle de désolation autour de lui. Mais dans ce genre situation, on le sait, les photos les plus frappantes des catastrophes sont celles qui montrent comment la vie et le temps se sont arrêtés. En particulier, ce cliché à retrouver dans le Jakarta Post. Des synthétiseurs, étalés par terre. Une guitare et une basse dont on devine que certaines cordes ont été arrachées par la violence des vagues qui les ont emportés. Symbole de ce moment de vie coupé net. 

Ce concert donné près de la plage, en plein air, par le groupe pop "Seventeen". Les vidéos du groupe, en train de jouer, submergé par les vagues, circulent sur les réseaux sociaux, mais cette photo, elle, vaut toutes les images. 

On termine avec un dernier cliché, mais plus heureux et plus en phase avec la période de Noël.

C'est à retrouver en ligne, sur le MiddleEastEyer. A vrai dire, c'est une série de photos qui accompagne un article sur les fêtes de Noël à Bagdad. Des irakiennes, foulard sur la tête, en train de faire leur shopping. Des Pères Noël, des sapins décorés de guirlandes, de boules et de pommes de pins. Et dans le reflet d'une vitrine, un bâtiment qu'on devine être une mosquée. 

Un Noël fêté en toute tranquilité cette année
Un Noël fêté en toute tranquilité cette année Crédits : Haidar HAMDANI - AFP

L’esprit de Noël, peut-on lire, a gagné la capitale irakienne ces dernières semaines. Puisque cette année, contrairement aux autres, les célébrations ne coïncident pas avec celles du Muharram, très importantes pour les chiites, majoritaires dans le pays. Que la minorité chrétienne puisse fêter Noël de la sorte, selon le journal, est une preuve de la stabilité du pays. D'une certaine fraternité qui y règne, loin des images de pays ravagé que les médias occidentaux ont l'habitude de proposer. Qui pourtant sont bien réelles, elles aussi. Appelons ça alors, la trêve médiatique de Noël...

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