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L'actrice Yalitza Aparicio, symbole de la cause sociale portée par Roma

Trois Oscars pour Roma, le film qui met en vedette les plus vulnérables des travailleuses mexicaines

6 min
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La 91e cérémonie des Oscars fait la part belle au film mexicain Roma qui porte dans son pays un mouvement social pour les droits des employées de maison indigènes. A Cuba la nouvelle Constitution est porteuse d'une ouverture encore timide. Theresa May a 48h pour reprendre la main sur le Brexit.

L'actrice Yalitza Aparicio, symbole de la cause sociale portée par Roma
L'actrice Yalitza Aparicio, symbole de la cause sociale portée par Roma Crédits : KEVIN WINTER - AFP

Le film mexicain Roma d'Alfonso Cuaron a récolté trois Oscars cette nuit à Los Angeles.

Meilleur réalisateur pour Cuaron, meilleur film étranger et meilleure photographie : ce n'est pas la moisson-record qu'espérait le film Netflix avec ses 10 nominations, mais ça en fait clairement l'un des grands gagnants des Oscars cette année. 

Mais bien plus encore, c'est une immense fierté nationale au Mexique : il suffit de lire les journaux mexicains en ligne pour se rendre compte du phénomène sociétal qui accompagne le long métrage. Le magazine Proceso resitue le propos : Roma, c'est l'histoire d'une jeune employée de maison dans une riche famille mexicaine ; la dureté des conditions de vie et de travail, le manque de respect et de reconnaissance, c'est tout simple, mais, nous dit Proceso, ce "drame social" déborde de l'écran, depuis sa sortie, et rend une visibilité aux plus fragiles et au plus discriminées des travailleuses mexicaines.

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Selon une étude récente, elles sont plus de 2 millions au Mexique, pour la plupart issues de familles autochtones, venues des campagnes pauvres, descendues en ville souvent dès 15 ou 16 ans pour trouver du travail chez des employeurs blancs. Seule une sur dix bénéficie d'un statut légal, et donc des protections minimum. Seule 2% ont un contrat de travail écrit. 

Et pourtant ce sont elles qui sont l'âme des foyers mexicains, elles qui élèvent les enfants, sans être traitées dignement pour cela. C'est cela qu'a voulu rappeler Alfonso Cuaron pendant la cérémonie des Oscars tout à l'heure, retransmis par ABC News.  

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Cuaron "remercie l'académie des Oscars de récompenser une oeuvre centrée sur une jeune femme indigène, qui n'est qu'une parmi 70 millions de travailleuses domestiques à travers le monde privées de droits élémentaires. Le genre de personnage que le cinéma, historiquement, relègue à l'arrière-plan".  

Et puis dans les derniers mots de son discours, le réalisateur remercie "Libo", cette Liboria Rodriguez, que l'on retrouve dans les pages du Diario de Yucatan. C'est elle qui a inspiré le film à son auteur : Libo a servi la famille Cuaron pendant 58 années. Celle qui est aujourd'hui une belle vieille femme au cheveux blanc et au regard fier se félicite d'avoir été une source d'inspiration pour Alfonso Cuaron, et pour beaucoup d'autres à travers lui, pour "le monde", dit-elle. 

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Car oui, "Roma porte un vent de changement social, qui souffle au Mexique et bien au-delà", écrit Felix Rivera dans La Vanguardia.  Les choses changent, le film brise des décennies insensibilisation des employées de maison, et La Jornada s'en félicite, elle qui prenait acte la semaine dernière du fait que le gouvernement de Mexico travaille à vrai statut social protecteur pour ces millions de femmes. 

Des Mexicains réunis pour regarder la cérémonie des Oscars dans le village natal de Yalitza Aparicio
Des Mexicains réunis pour regarder la cérémonie des Oscars dans le village natal de Yalitza Aparicio Crédits : Mario Arturo Martínez - Maxppp

Les attentes sont énormes, et elles passent allègrement la frontière avec les Etats-Unis : El Universal a passé cette soirée des Oscars, à Los Angeles mais loin du tapis rouge, avec des travailleuses domestiques mexicaines employées par des familles Américaines. Pour elles le statut d'immigrées clandestines s'ajoute encore à la discrimination raciale et sociale, alors forcément, ces trois Oscars pour Roma, c'est aussi leur victoire.

De l'autre côté du Golfe du Mexique, à Cuba se déroulait hier un référendum pour entériner la nouvelle Constitution cubaine.

Et ce n'est pas rien, à lire ce que publie sur le sujet la BBC Mundo : Cuba tourne la page de la Constitution née, certes, 17 ans après la Révolution de 59, mais qui en était clairement la fille. Le texte de 1976 affirmait par exemple "l'amitié fraternelle qui lie Cuba et l'URSS" : c'est un détail mais ça illustre le besoin de remise à jour de cette Constitution. 

Le travail a duré un an, l'issue du référendum ne fait à peu près aucun doute, la victoire du OUI sera massive, mais tout de même, nous dit El Pais, pour la première fois il y a eu un semblant de campagne contradictoire sur les réseaux sociaux, autour de cette première Constitution proposée certes par le Parti communiste qui reste le seul autorisé à Cuba, mais par un président qui n'est pas un Castro. 

Débat, donc sur le degré d'ouverture que permettra la nouvelle Loi fondamentale : elle est la première à reconnaître l'idée même de propriété privée et à autoriser les investissements étrangers ; elle limite les pouvoirs et les mandats du président ; elle installe un premier ministre et un début de décentralisation, reconnait El Pais, mais apparemment, certains en auraient voulu plus. La principale controverse porte sur le fait que l'article qui devait légaliser le mariage gay à Cuba a été retiré du texte par le Parlement. C'est ce point en particulier qui a suscité des appels, toutefois très minoritaires, à voter "non" hier. 

Voilà pour ceux qui auraient voulu un vrai changement pour Cuba, une vraie adaptation de la Loi à la réalité de la société actuelle... N'allons pas trop vite, leur répond-on dans le quotidien du régime La Granma, où l'on glorifie cette "Constitution pour le présent et le futur", en accentuant tout de même les références au passé, à José Marti, à Fidel Castro : les pères de la Révolution cubaine restent omniprésents dans cette Constitution pour le XXIe siècle.

Pour tenter de comprendre où nous en sommes avec le Brexit, une Une: celle de The Independent.

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On ne la choisit pas forcément pour la photo de Theresa May, sourire tendu, lèvres serrées, ce week-end au sommet UE/Ligue Arabe de Charm-El-Cheikh, mais plutôt pour l'article en manchette, signé Joe Watts, et titré ainsi : "May a 48 heures pour empêcher son gouvernement de faire dérailler le Brexit". 

Vous qui suivez régulièrement cette revue de presse, vous êtes habitués, en tous cas plus impressionnés, par le style très dramatique de ce genre de titre dont la presse britannique a le secret :  on ne compte plus depuis six mois les "votes de la dernière chance" pour une Theresa May forcement "condamnée, au pied du mur"... mais comme à chaque fois, il faut lire au-delà du titre. 

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Et l'on comprend que certes la Première ministre hier a repoussé au 12 mars le nouveau vote du Parlement britannique sur son 'Brexit Deal', mais qu'en fait la vraie échéance à court terme ce sera mercredi : dans 48 heures les députés conservateurs pro-Brexit pourraient déposer un amendement visant à demander à Bruxelles un report de la date de sortie de l'UE en cas de 'no deal' le 29 mars, pour justement écarter cette possibilité d'une sortie sans accord que la Première ministre garde comme dernière option et repoussoir. 

Si cet amendement était approuvé, Theresa May se retrouverait de fait dépossédée du processus de négociation et verrait son gouvernement condamné par la démission des ministres 'Brexiters' les plus critiques. D'ici là donc elle a du pain sur la planche pour sauver sa peau, conclut The Independent

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Et l'affaire semble se compliquer, quand on lit ce matin dans The Guardian que Bruxelles, plutôt que d'accorder trois mois de délai aux Britanniques, réfléchit sérieusement à proposer deux ans de réflexion en plus : le Brexit dès lors serait repoussé à 2021... le temps d'organiser un deuxième référendum ?

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