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Quatre ans après Chibok, nouveau rapt de jeunes écolières au Nigeria

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Près de quatre ans après Chibok, nouveau kidnapping de masse au Nigeria; possibles négociations directes entre Nord-Coréens et Américains et en Chine Xi-Jiping s'autorise un troisième mandat de Président.

En Afrique, c'est le nouveau rapt de plus d'une centaine de de jeunes-filles qui retient l'attention des éditorialistes... L'enlèvement remonte à lundi dernier mais ce n'est que ce weekend que les autorités ont admis qu'il avait bien eu lieu, le président nigérian Muhammadu Buhari parlant même de "désastre national", s'excusant auprès des familles rapporte la BBC... L'attaque s'est déroulé à Dapchi, 275 km au nord ouest de Chibok dans l'Etat de Yobe au Nord-est du pays et il a visé, comme à Chibok en 2014 un pensionnat d'éducation technique réservé aux filles. "Les choses se sont déroulées exactement comme à Chibok raconte pour sa part le Sunday Sun de Lagos sur la base du témoignage de rescapées : des coups de feu tirés en pleine nuit ; trois ou quatre véhicules de type militaire avec des hommes en armes et revêtu d'uniformes se faisant passer pour des soldats nigérians et appelant les filles à venir les rejoindre pour les évacuer... et les véhicules qui repartent vers le bush avec à leur bord plusieurs dizaines de ces jeunes filles". Plus d'une centaine auraient ainsi été kidnappées.

Le ressentiment des familles contre le gouvernement est d'autant plus important que les autorités et notamment l'armée avaient déserté la ville de Dapchi ces dernières semaines, évacuant les quelques check-points établis dans la cité. Durant toute la semaine dernière, ces mêmes autorités avançaient d'ailleurs qu'il n'y avait pas eu enlèvement et que les jeunes filles manquantes s'étaient probablement sauvées dans la forêt et qu'elles seraient retrouvées ; plusieurs annonces comme quoi elles avaient été retrouvées ont même été faites... avant de se révéler complètement fausses. Résultat de quoi, quelques affrontements entre policiers et parents des victimes ont même eu lieu en fin de semaine dernière à Dapchi rapporte Jeune Afrique, des jeunes caillassant le convoi du gouverneur de l'Etat venu sur place. Ce n'est que ce dimanche que le gouvernement semble avoir pris la mesure de ce nouveau "Chibok", déployant de nouvelles troupes et son aviation pour tenter de retrouver les 110 disparues...

Crédits : Visactu

En Asie-Pacifique, la possibilité d'une relance de négociations entre la Corée du Nord  et les Etats-Unis vient d'émerger ce weekend avec une offre de pourparlers émise du chef de la délégation Nord-Coréenne venue assister à la cérémonie de clôture des jeux olympiques. Kim Yong Chol s'est entretenu avec le président sud Coréen Moon jae-in  et lui a assuré que Pyongyang disposait de "suffisamment" de volonté pour entamer un dialogue avec Washington, rapporte l'agence sud-coréenne Yonhap. Ce Kim Yong Chol, aujourd'hui chef d'une délégation protocolaire n'est pas n'importe qui puisqu'il est aussi l'ancien chef du renseignement militaire de Corée du Nord et qu'il est accusé par le sud d'avoir été l’ordonnateur de l'attaque d'un navire sud-coréen en 2010, attaque qui avait fait près de 50 victimes parmi les marins de Séoul. Reste que des pourparlers entre la délégation nord-coréenne et des officiels sud-coréens devraient tout de même avoir lieu ce lundi annonce pour sa part l'agence Reuters. Quant à une négociation directe entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, on n'y est pas encore a prévenu immédiatement la chargée de communication de la Maison Blanche, Sarah Sanders, elle aussi présente en Corée ces jours-ci comme membre de la délégation américaine, "On verra ça" a-t-elle simplement assuré à l'Associated Press, précisant qu'il s'agissait surtout de savoir de quoi on pourrait parler durant ces possibles pourparlers. En la matière la position de la Maison Blanche demeure claire et ferme : une négociation avec la Corée du Nord, doit porter essentiellement sur sa dénucléarisation. Difficile de croire que Pyongyang y souscrira, le régime Nord-Coréen a répété à l'envie que son programme nucléaire était justement de l'ordre du "non-négociable"

Enfin, toujours en Asie c'est aussi l'annonce d'un possible troisième mandat pour le président chinois Xi Jiping qui fait la Une des quotidiens, même si dans les colonnes du Quotidien du Peuple, l'annonce ne fait que deux lignes, perdue dans l'énumération des amendements constitutionnels proposés ce weekend par le Comité Central du Parti Communiste Chinois. En l’occurrence la phrase de la Constitution qui stipulait que le président et le vice-président de la République ne pourront pas faire plus de deux mandats consécutifs a tout simplement été retirée. "Cela signifie que Xi pourra rester au pouvoir" titre en Une pour sa part le South China Morning Post de Hong-Kong, qui explique que le rôle du président de la République largement protocolaire et cérémoniel en Chine pourrait bien s'étoffer à l'avenir. D'ailleurs, remarque encore le quotidien si le pouvoir réel est plutôt entre les mains du secrétaire général du parti et  du président de la commission militaire, les trois postes sont actuellement détenus par le même homme : Xi-jiping. Dans son éditorial, le Global Times, qui est l'édition en langue anglaise du Quotidien du Peuple prévient que l'amendement constitutionnel ne signifie pas pour autant que le président pourrait rester en place "à vie" ; il y a à ce sujet un large consensus au sein du Parti explique le quotidien... "ça reste à voir" semble lui répondre The Straits Times, le grand journal de Singapour qui remarque que les amendements constitutionnels fléchés  par le Comité Central proposent également d'intégrer dans la constitution les pensées politiques de Xi Jiping ce qui élèverait ce dernier au même rang que Mao Zedong ou Deng Xiaoping, les seuls à avoir leurs noms inscrits dans la Constitution du pays. D'ailleurs, poursuit The Straits Times "Le comité Central du Parti doit décider aujourd'hui de la composition du Politburo et de son Comité Permanent : le sommet du pouvoir dans le Parti et au sein desquels sont choisis les futurs leaders du pays. Si Xi y nomme de possibles successeurs cela signifie qu'il pourrait passer la main en 2022 ou plus tard... Mais il n'en a visiblement aucune intention", conclu le quotidien.

Crédits : Visactu
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