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"March for our lives" :  Rassemblement d'étudiants américains, dont Emma Gonzalez, la nouvelle figure de la lutte anti-armes aux Etats-Unis

Comme un cri

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Des centaines de milliers de personnes, en majorité des jeunes, ont défilé ce weekend aux Etats-Unis pour réclamer un encadrement plus strict de la vente d'armes à feu. C’est l'un des plus grands rassemblements de la jeunesse américaine observé depuis des décennies.

"March for our lives" :  Rassemblement d'étudiants américains, dont Emma Gonzalez, la nouvelle figure de la lutte anti-armes aux Etats-Unis
"March for our lives" : Rassemblement d'étudiants américains, dont Emma Gonzalez, la nouvelle figure de la lutte anti-armes aux Etats-Unis Crédits : NICHOLAS KAMM - AFP

En colère, en pleurs ou en silence, résume THE LOS ANGELES TIMES, ils étaient plus d’un million dans les rues des Etats-Unis, ce weekend, à manifester pour un meilleur contrôle des armes à feu. Le cri de la jeunesse américaine. Une marche qualifiée d'historique par toute la presse, à l'exception toutefois de la chaîne d'information conservatrice FOX NEWS (la seule qui trouve grâce aux yeux de Donald Trump) et qui nous explique, ce matin que selon une société d'imagerie basée en Virginie et qui utilise des photos aériennes pour calculer la densité des foules, la manifestation de Washington n'aurait pas rassemblé 850 000 personnes (ainsi que le prétendent les organisateurs) mais 202 796, très exactement. 

Quoi qu'il en soit, une chose est sûre, désormais beaucoup veulent croire au changement. Et si l'Amérique était vraiment en train de changer ? Première constatation, se félicite ce matin un chroniqueur de la chaîne CNN : le «slacktivism» est bel et bien terminé ! A tout le moins, cet «activisme paresseux» qui s'est développé avec l'avènement des réseaux sociaux (et qui consiste à cliquer depuis son canapé pour participer à un mouvement virtuel) a pris une sacrée claque. Bien sûr, le mouvement #NeverAgain qui, au départ, n'était lui-même rien d'autre qu'un hashtag, aurait pu emprunter cette voie. Mais non. Ces centaines de milliers de jeunes qui ont, littéralement, inondé les rues du pays ce weekend, se sont entassés dans des bus bondés, ont fabriqué des pancartes et sont venus crier à pleins poumons, l'ont démontré de la plus éclatante des manières : ils exigent, à présent, des actions politiques tangibles. Ce qui, en retour, exige aussi de leur part davantage d'efforts, de temps et de présence. 

Et, d'ailleurs, les nombreux étudiants qui ont pris la parole à Washington l’ont bien compris : voter est aujourd'hui le seul moyen, selon eux, de faire pression. D'où cette question : cette génération «mass shooting» (comme on l'appelle aux Etats-Unis) qui se mobilise mais qui commence, également, à avoir le droit de vote, sera-t-elle celle qui va, enfin, faire bouger les lignes ? Le site de NBC NEWS raconte, ce matin, comment à l'occasion des rassemblements de ce weekend, de nombreux activistes se sont déployés afin d'inscrire des milliers de jeunes sur les listes électorales, en vue des élections de mi-mandat. Et voilà comment «Plus jamais ça!», ce slogan pourrait bien continuer de résonner encore longtemps et, en particulier, dans les urnes.

C'est une très jolie petite fille. Ce serait dommage que quelque chose arrive à sa mère.

Et puis autre menace potentielle pour le camp républicain : l'image désastreuse offerte par Donald Trump s'agissant de ses prétendues relations intimes. Hier soir, la chaîne CBS a, enfin, diffusé l'interview dont elle faisait la promotion depuis une semaine. Autant dire une sorte d'événement national, commente THE NEW YORK TIMES. Dans l'émission «60 Minutes», l'actrice porno Stormy Daniels a confié avoir été menacée physiquement pour ne pas divulguer sa relation sexuelle avec celui qui n'était pas encore président mais déjà marié à sa femme Melania. Elle a notamment raconté avoir été abordée par un inconnu sur un parking de Las Vegas, en 2011, alors qu'elle se trouvait en compagnie de sa fille, âgée de quelques mois. «Laissez Trump tranquille. Oubliez cette histoire», lui aurait lancé l'inconnu, avant d'ajouter en regardant cette fois-ci sa fille : «C'est une très jolie petite. Ce serait dommage que quelque chose arrive à sa mère». 

Direction le Canada, à présent, avec une manifestation d'un genre un peu particulier. Difficile, d'ailleurs, d’imaginer pareille situation autre part que dans la belle province. Samedi, précise LE JOURNAL DE MONTREAL, quelques centaines de médecins spécialistes ont manifesté pour réclamer l’annulation de la hausse de leur rémunération. Et pourquoi ? Parce qu'ils en appellent à la solidarité, notamment, envers leurs collègues infirmières et infirmiers, dont les conditions de travail se dégradent. Et c'est ainsi que dans une lettre ouverte, ils demandent que ces sommes soient plutôt distribuées «pour le bien des travailleuses et des travailleurs de la santé et pour assurer des services dignes à la population du Québec».

En Grande-Bretagne, là c'est Theresa May qui doit faire face à la fronde de plusieurs dizaines de députés de son propre camp, titrent à la fois THE TIMES et THE DAILY EXPRESS, ce matin, après que le ministre de la Santé a qualifié de «fou», hier, le financement du système de santé public.

La fin de l'aventure sécessionniste en Catalogne ?

Un seul titre à la Une de la toute presse espagnole, ce matin : la fin de la cavale pour Carles Puigdemont. Quand EL MUNDO se réjouit ce matin : Puigdemont appréhendé!, son confrère de LA RAZON titre, lui, sans ambages : Puigdemont en prison. La satisfaction manifeste, ce matin, de la presse madrilène en particulier se lit, aussi, en première page d'EL PAIS : la chute de Puigdemont met fin, dit-il, à la farce du gouvernement en exil. Arrêté hier en Allemagne, l’ancien président catalan sera présenté aujourd'hui à un juge, en vue de son extradition vers l’Espagne. D'où cette question : la folle aventure sécessionniste en Catalogne aurait-elle touché à sa fin ?, interroge le correspondant du TEMPS. Selon la plupart des médias espagnols, la fin de la cavale du leader séparatiste aurait été soigneusement préparée par les services secrets espagnols, en collaboration avec leurs homologues allemands. La décision de passer les menottes à Carles Puigdemont, sur le sol allemand, a été mûrement réfléchie. Il faut dire que tout comme en Espagne, le Code pénal allemand est spécialement sévère à l’encontre d’actes visant à la partition du territoire national de façon unilatérale. 

Toujours est-il que ce coup de filet retentissant constitue désormais un tournant dans le «procés», ce vocable catalan désignant le processus devant aboutir à la rupture définitive avec l’Espagne. Bien entendu, cette arrestation a immédiatement provoqué une tempête à Barcelone, dans les milieux indépendantistes. Une marche de protestation a aussitôt été organisée depuis la représentation diplomatique de l’UE jusqu’au consulat allemand. «Cette Europe est une honte», ont notamment crié les manifestants. Et puis dans le camp adverse, là, évidemment on se frotte les mains : «L’indépendantisme a été décapité», s’est ainsi réjouie la numéro deux du gouvernement. Reste que, paradoxalement, cette pression judiciaire pourrait peut-être débloquer la situation. Comment ? En poussant le camp indépendantiste à proposer, cette fois-ci, un candidat non poursuivi par la justice.  

Par Thomas CLUZEL

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