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John McCain pendant la campagne présidentielle de 2008

Donald Trump et la presse russe troublent le concert d'hommages à John McCain

5 min
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Depuis l'annonce de la mort du sénateur de l'Arizona John McCain, les nécrologies plutôt élogieuses se multiplient dans toute la presse américaine, laquelle s'interroge aussi sur la réticence de Donald Trump à saluer la mémoire du disparu, devenu au fil du temps un de ses principaux détracteurs.

John McCain pendant la campagne présidentielle de 2008
John McCain pendant la campagne présidentielle de 2008 Crédits : MARK WILSON - AFP

Ce matin, aux États-Unis, il y a une voix dissonante dans le concert de louanges pour John McCain, et ce n'est pas n'importe quelle voix !  

Celle de Donald Trump, lequel observe depuis l'annonce de la mort du sénateur républicain de l'Arizona dimanche, une discrétion pour le moins remarquée. "Un silence qui fait beaucoup de bruit", même, à en croire le New York Times qui note donc la réticence du Président américain à saluer la mémoire de celui, il faut bien le dire, qui aura été jusqu'au bout l'un de ses plus tonitruants détracteurs. 

Donald Trump s'est depuis hier contenté du service très minimum, il a même empêché, nous apprend-on, la publication par la Maison Blanche d'un communiqué évoquant "l'héroïsme" de l'ancien prisonnier de guerre au Vietnam. Au lieu de cela, Trump, nous dit le New York Times, a passé le plus clair de son dimanche à jouer au golf et à tweeter.  

L'ombre de Trump est partout, en négatif, dans les hommages rendus à John McCain par la presse américaine. 

Pour exemple, le Washington Post s'arrête sur un moment-clé de la carrière politique de McCain. La présidentielle de 2008 : le sénateur de l'Arizona était clairement celui dans le camp républicain qui était promis à la Maison Blanche, mais il est tombé la mauvaise année. 2008 était celle de Barack Obama; campagne perdue d'avance pour McCain, qui s'était tout de même illustré par ses valeurs, sa classe à l'ancienne en quelque sorte. Tout cela résumé dans un extrait de meeting, face à la question que lui posait une de ses électrices.

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Elle l'interroge sur Obama, en qui elle n'a "pas confiance, parce qu'il n'est pas un vrai... enfin qu'il est ... un arabe !"  Et McCain l'arrête tout de suite, refuse de s'engouffrer dans cette brèche. Il lui répond "No M'ame, Non madame. Barack Obama est un bon citoyen et un bon père de famille, j'ai de profonds  désaccords avec lui et c'est sur ça que doit porter cette campagne"

Cette séquence, qui tourne en boucle depuis hier sur le Web, résume, nous dit le Washington Post, ce qu'incarnait McCain chez les républicains, et qui a été balayé par l'ère Trump, celle des attaques les plus basses, et des vérités alternatives. Ce moment annonçait la montée de Trump, McCain aura essayé de s'y opposer jusqu'au bout.  

Pour échapper au déferlement d'hommages à John McCain, une valeur sûre : la presse russe !

John McCain pour le site d'information russe Vesti, c'était avant tout un faucon, partisan de toutes les interventions militaires américaines, et principal agent de la russophobie aux Etats-Unis. C'est lui qui avait déclaré, en mai 2017, que "Vladimir Poutine était une menace bien pire que le groupe Etat islamique". C'est lui qui, à la tête de l'Institut International des Républicains, aurait  fomenté dans les années 2000 en Géorgie, Ukraine, et Asie Centrale, puis dans le monde arabe après 2010, les révolutions colorées et les printemps arabes. Ce n'est donc pas un hasard si le site Ukrainska Pravda saluait hier la mort "d'un des plus fevents défenseurs de l'Ukraine face à la Russie".   

Egalement à la Une de la presse italienne ce matin, ce "rapport-choc qui accuse le Pape François" 

Titre sensationnel du Corriere della Serra qui évoque le rapport de Monseigneur Carlo Vigano : l'ancien nonce apostolique aux Etats-Unis affirme donc qu'il avait alerté le Saint Siège dès 2013 sur les centaines d'actes pédophiles étouffés pendant des décennies en Pennsylvanie par le cardinal américain Theodore McCarrick. Le Pape d'alors, Benoit XVI, et celui qui allait devenir le Pape François avaient été personnellement prévenu par Monseigneur Vigano, mais François aurait préféré garder le silence car il avait besoin de la voix de McCarrick pour devenir le prochain Pontif. 

"François a couvert les atrocités pédophiles, il doit démissionner" : voilà la phrase qui tonne dans toute la presse occidentale ce matin, à peine atténuée par le pardon imploré publiquement, au nom de l'Eglise Catholique, par son chef à Dublin.  

De nombreux journaux évoquent ce matin le premier anniversaire de l'exode massif des Rohinghyas vers le Bangladesh, avec des grilles de lecture bien différentes. 

Vu côté Bangladesh, nous avons la BanglaTribune qui évoque le sort de la minorité musulmane birmane,  pour faire entendre la colère des habitants de la ville côtière de Cox Bazar. Une cité bengali excédée, comprend-on, par la présence des camps Rohingyas. On y parle de terres agricoles accaparées par les réfugiés, de rivières et de forêts polluées. Difficile, voire impossible cohabitation, et un ressentiment qui monte dans les populations locales. 

On est au plus près, et pourtant très loin, de ce que l'on peut lire dans les colonnes du Guardian ce matin... ce témoignage d'un jeune Rohingya. Noor Ilyas a dû fuir la Birmanie il y a un an. Il se souvient avec nostalgie de son village, des champs en terrasse, des fleurs et de la rivière, des terres confisquées et des hommes armés qui sont venus un jour tuer les villageois au hasard. Mais il évoque surtout cette vie dans les camps au Bangladesh : "si nous restons ici, nous, et nos enfants, allons devenir comme des animaux; nous allons perdre notre religion, notre unité". Pourtant, pas question de retourner en Birmanie, à moins de se voir reconnus, comme citoyens de plein droits. Ce que les autorités de Myanmar sont très loin de garantir aujourd'hui aux Rohingyas.

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