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Hélicoptère des secours dans la vallée dévastée de Brumadinho

Catastrophe minière au Brésil : la responsabilité de la société Vale SA pointée du doigt

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Quatre ans après une catastrophe similaire, la rupture d'un barrage minier a fait au moins 58 morts et 300 disparus au Brésil. Le pire aura-t-il pu être évité? Londres prive Nicolas Maduro des stocks d'or du Venezuela. Le soudanais Omar El Béchir se rend au Caire pour s'assurer du soutien égyptien.

Hélicoptère des secours dans la vallée dévastée de Brumadinho
Hélicoptère des secours dans la vallée dévastée de Brumadinho Crédits : Douglas Magno - AFP

Les recherches de survivants ont pu reprendre hier soir dans la région du sud-est brésilien dévastée par la rupture d'un barrage minier. 

Là où des tonnes de boue rouge ont submergé en quelques minutes vendredi le village de Brumadinho, les hélicoptères de la sécurité civile brésilienne tentent à nouveau de retrouver les près de 300 disparus de cette catastrophe qui a fait officiellement 58 morts pour le moment. Car cette nuit, la chaîne de télé Globo 1 a confirmé que le risque de rupture d'une deuxième retenue de déchets miniers, en amont de la vallée, était écarté. 

C'est une épée de Damoclès en moins, pour les habitants évacués, terrifiés, comme et pour les secouristes  qui ont reçu, nous indique O Tempo, le soutien de quelque 130 militaires israéliens envoyés par Tel Aviv. C'est dans les moments de crise que l'on compte ses amis, et ce soutien humanitaire déclenché par Benyamin Netanyahou confirme son alliance avec le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro. 

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Mais le cataclysme de vendredi n'a pas fini de questionner les brésiliens, sur les responsabilités de la société minière Vale SA qui exploite les mines de fer de cette région, et gère les barrages dont la sécurité est remise en cause. "La mine a encore tué, et Vale va devoir payer pour cela", nous confirme la Gazeta do Povo : la justice brésilienne a ordonné dès ce week-end que 10 milliards de dollars soient saisis sur les comptes de la société minière, pour provisionner les réparations des dégâts causés à l'environnement et indemniser les familles de victimes. 

Mais cela ne répond pas à la question qui est dans tous les esprits au Brésil depuis trois jours,et que formule ce reporter de Globo 1 :  

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"Comment est-il possible qu'on n'ait rien appris de la précédente tragédie à la mine Mariana, qui a fait 120 morts il y a quatre ans ? Comment un tel désastre peut-il se répéter, en si peu de temps et dans la même région ?"  Le journaliste de Globo évoque les dernières technologies disponibles, qui permettent de rendre les mines et leurs déchets plus sûrs, plus propres. En quatre ans les investissements nécessaires n'ont apparemment pas été réalisés, alors que les mines de fer brésiliennes rapportent des milliards de bénéfices chaque année à Vale SA.  Et de poser la question en ces termes : "Que vaut la responsabilité sociale d'une grande entreprise, face à ses intérêts financiers ?"

Au Venezuela, le bras de fer que se livrent "les deux présidents"  se décline aussi sur le terrain financier. 

Entre le chef de l'Etat contesté Nicolas Maduro, et son opposant autoproclamé président par intérim Juan Guaido, l'une des clés se trouve en effet dans un coffre-fort, à la City à Londres. C'est ce qu'on lira dans le Financial Times : Juan Guaido, fort de la reconnaissance des Etats-Unis et de leurs alliés, a écrit à Thereza May et à la Banque d'Angleterre, pour leur demander d'empêcher Maduro de retirer des comptes de l'Etat un peu plus d'un milliard d'euros... en lingots d'or. 

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El Pais nous confirme cette demande, qui concerne les 31 tonnes d'or détenues par le gouvernement Vénézuélien à la Bank of England. Et selon El Universal, la banque londonienne a donné raison, dans cette affaire, à Juan Guaido contre Nicolas Maduro, lequel n'a  donc plus les droits sur les comptes de son pays.  

Mais à bien lire le Financial Times, on comprend tout de mêm que cela faisait des mois déjà, que le régime Chaviste de Caracas essayait de puiser dans ses réserves d'or, pour atténuer les effets de la crise économique. Mais il en était empêché par les sanctions internationales qui lui étaient imposées.  

Les choses se compliquent encore pour Nicolas Maduro car, nous dit cette fois El Nacional, les Etats-Unis aussi reconnaissent désormais Juan Guaido comme président et donc également comme détenteur légal des droits sur les biens détenus par l'Etat vénézuélien dans des banques américaines.  

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C'est en tous cas ce que déclarait hier soir sur CNN le Sénateur républicain Marco Rubio.  Il y a aussi répondu aux accusations de nombreux élus démocrates américains qui accusent la Maison Blanche de piloter et de financer à distance un "coup d'Etat" contre Maduro : "Nous ne faisons que soutenir les institutions démocratiques du Vénézuéla", a expliqué Marco Rubio, selon qui "ce ne sont pas les Etats-Unis seuls qui sont derrière Guaido, mais une multitude de pays"dont la liste continue de s'allonger. L'Australie a officiellement reconnu ce dimanche Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela.  

Nous partons enfin au Caire où le début de la visite officielle d'Emmanuel Macron en Egypte a coïncidé avec celle du président soudanais.  

Omar El Bechir en visite éclair de quelques heures ce dimanche chez le président Al Sissi, nous apprend le média en ligne Arham, pour y consolider le soutien de son voisin égyptien. Car il en a bien besoin, de soutien, le dictateur soudanais, dont l'israëlien Haaretz nous rappelle qu'il est sous le coup de deux mandats d'arrêts  la Cour Pénale Internationale, pour génocide et crime contre l'humanité au Darfour.  

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Au pouvoir depuis 29 ans, Bechir fait face depuis un mois à la contestation la plus forte et la plus populaire qu'il ait jamais connu dans son pays ; malgré la répression policière qui aurait fait une quarantaine de morts selon plusieurs ONG sur place, The Sudan Tribune  rapporte qu'hier encore des centaines de manifestants ont mené des sit-in pacifiques dans plusieurs villes.

Depuis le Caire, Omar El Bechir, repris par le Middle East Eye a estimé que cette mobilisation contre lui est largement sur-estimée, gonflée par les médias internationaux manipulés par certaines puissances étrangères "qui veulent mener un Printemps arabe au Soudan".  

Alors pour s'assurer de l'appui de son grand voisin égyptien, le président conspué a du faire une concession. C'est le site d'info AfricaZine qui nous met sur la piste : dans l'accord bilatéral signé hier par Bechir et Sissi, un point ressort, la coopération affichée par l'Egypte et le Soudan sur le dossier qui empoisonne la diplomatie régionale depuis des mois, le projet de barrage géant lancé par les Éthiopiens sur le Nil Bleu.  

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Ce "barrage de la Renaissance" priverait l'Egypte d'un contrôle précieux sur les eaux du grand fleuve ; le Soudan, jusque-là, soutenait plutôt l'Ehtiopie, mais hier son président a clairement pris le parti du Caire contre Addis-Abeba. C'était sans doute le prix à payer, nous explique RFI, pour pouvoir compter sur l'Egypte au cas où les choses tournerait vraiment mal pour Omar El Bechir face à la colère de sa propre population.

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