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Le président élu du Brésil Jair Bolsonaro

Brésil, Algérie : derrière les présidents élus, des intérêts opaques

5 min
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Alors que les églises évangéliques brésiliennes se réjouissent de la victoire de Jair Bolsonaro, en Algérie le FLN va présenter Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat présidentiel. Signe d'une guerre de succession du vieux président malade, entre militaires et milieux d'affaires.

Le président élu du Brésil Jair Bolsonaro
Le président élu du Brésil Jair Bolsonaro Crédits : MARCOS ARCOVERDE - AFP

Un président de la République, à quoi ça sert?  

On se pose la question ce matin à la lecture de la presse brésilienne...on va y revenir, mais aussi des médias algériens : en Algérie, un président, aussi affaibli soit-il, ça sert surtout à faire tenir ensemble les pièces d'un impossible puzzle. 

C'est en tous cas le sentiment qui domine quelques heures après l'annonce, sans trop en avoir l'air, que le parti au pouvoir le FLN compte bien présenter l'an prochain Abdelaziz Bouteflika comme candidat à un cinquième mandat présidentiel. Bouteflika, nous rappelle le site Tout sur l'Algérie, est considérablement amoindri par les conséquences de l'AVC dont il a été victime en 2013. L'année suivante il a été réélu dans la précipitation, mais l'incroyable scénario semble donc appelé à se reproduire l'an prochain, avec la bénédiction des militaires, du FLN, et du patronat algérien. 

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En 5 ans, la question de la succession de Bouteflika, n'a donc pas  pu être tranchée, analyse le politologue Abed Charef dans le Huffington Post Maghreb. Alors, eh bien on laisse le vieux président malade en poste en se disant que la seule chose qui pourrait empêcher sa réélection, ce serait qu'il meure avant le jour du vote. 

L'atmosphère est clairement à la "fin de règne" en Algérie, nous dit Abed Charef, mais celle-ci semble vouée à se prolonger , le temps donc de régler la succession, "sur laquelle tout le monde veut influer mais qui reste un terrain réservé à un cercle restreint, constitué de la haute hiérarchie militaire et sécuritaire. Le parlement, le gouvernement et les autres institutions" n'y auront pas leur mot à dire, le Peuple encore moins. 

D'ailleurs la presse grand public algérienne semble avoir renoncé à commenter cette nouvelle d'un cinquième mandat annoncé pour Abdelaziz Bouteflika.  Tout sur l'Algérie rapporte que le JT de la chaîne officielle hier soir a "ignoré" l'info , dont ne parlent pas  non plus ce matin  El Watan, le Quotidien d'Oran, Le Soir ou le Matin d'Algérie. 

Le Brésil, lui, a un nouveau président, avec l'élection hier du candidat d'extrême-droite Jair Bolsonaro. La presse brésilienne est clairement dans l'expectative ce matin. 

Cette victoire de l'ancien capitaine parachutiste nostalgique de la dictature militaire, on avait beau la voir venir depuis des semaines, il y a tout de même de la sidération dans la manière dont les journaux brésiliens vivent ce basculement historique de leur pays. 

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On ne s'étonnera donc pas que tous les quotidiens en cette fin de soirée électorale titrent sur les promesses faites par Jair Bolsonaro de protéger "la Démocratie et la Constitution".  Besoin de se rassurer, de se dire que l'essentiel pourra être préservé, même si, l'Estadao de Sao Paulo n'est pas dupe, cette profession de foi démocrate vient en contradiction avec tout ce que le petit député d'extrême-droite incarne depuis toujours. 

Le Brésil "plonge dans l'obscurité", résume donc l'Estadao, des dizaines de millions de brésiliens ont choisi Bolsonaro sans avoir la moindre idée de son programme, et ce n'est vraiment pas de bon augure, à en croire le quotidien de gauche. "_Il y a encore un an, n'importe qui de censé aurait ri, à l'idée que celui qui était considéré comme un clown folklorique puisse avoir la moindre chance d'être élu présiden_t".   Aujourd'hui plus grand-monde ne rit : même dans les rassemblements de supporters victorieux cette nuit, nous raconte La Folha de Sao Paulo, les cris de joies ont rapidement laissé la place aux insultes, contre "les rouges", les corrompus du Parti des Travailleurs. La "haine viscérale" vouée à ce système pourri incarné par l'ex-président Lula et son dauphin Fernando Haddad a été telle, analyse El Pais, qu'il a rendu possible l'inimaginable : le retour au pouvoir des nostalgiques de la dictature militaire.  

Ses premiers mots de président élu, Jair Bolsonaro les a exprimés sur son compte Facebook

Une vidéo en direct tournée depuis chez lu, comme il en avait pris l'habitude pendant la campagne, uqand il refusait les débats télévisés et l'entremise des grands médias. Et là, dans une communication privilégiée avec ses supporters, voilà ce qu'il déclarait: 

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Jair Bolsonaro qui dès ses premiers mots remercie Dieu, plusieurs fois, pour lui avoir donné la victoire. Le quotidien O Globo note aussi qu'il a la Sainte Bible devant lui, il la touche, la ramène au premier plan, explique qu'elle lui a donné la force de mener cette campagne. Il cite l’Évangile selon Saint-Jean, chapitre 8 verset 32, "Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres".  

Cette référence à la Vérité qui a donc triomphé avec lui, Vérité dictée par Dieu et non par la Constitution brésilienne, elle résonne tout particulièrement, nous explique le site d'info Carta Capital, au sortir d'une campagne que le candidat Bolsonaro aura inondée de "fake news" ; des "vérités alternatives" qui confirment sa proximité claire avec Donald Trump, lequel a été le premier hier soir à le féliciter au téléphone. 

Enfin, quand le président élu du Brésil promet de "protéger la Constitution et la Démocratie", il précise bien que ce n'est pas la simple promesse d'un homme, mais bien "une mission confiée par Dieu lui-même". Pas sûr que ce soit de nature à rassurer ceux qui craignent pour l'Etat de Droit et le respect des libertés individuelles au Brésil. Mais ça ravit par contre le site d'info évangélique Gospel Maïs :  lui ne s'embarrasse pas de langue de bois et salue la victoire de son favori sur "l'idéologie du genre, l'avortement et le totalitarisme socialiste du Parti des Travailleurs".  Il a a gagné, lit-on, car "il avait le soutien de toutes les églises évangélistes du Brésil" qui se réjouissent par avance de voir arriver  à la tête du gouvernement l'un de leurs plus efficaces lobbyiste, le député de droite Onyx Lorenzoni, celui que l'on a souvent présenté comme "l'éminence grise" de Jair Bolsonaro.

Chroniques
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