LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
L'ex-ministre britannique de l'Intérieur, Amber Rudd, devant le 10 Downing Street

La pression monte

5 min
À retrouver dans l'émission

La ministre britannique de l'Intérieur Amber Rudd a démissionné après plusieurs scandales entourant le traitement des immigrés par ses services, laissant la Première ministre Theresa May en position de fragilité.

L'ex-ministre britannique de l'Intérieur, Amber Rudd, devant le 10 Downing Street
L'ex-ministre britannique de l'Intérieur, Amber Rudd, devant le 10 Downing Street Crédits : OLI SCARFF - AFP

L'information n'a été confirmée que cette nuit. Et pourtant, elle fait déjà la Une ce matin de toute la presse britannique. Preuve, sans doute, que le sort d’Amber Rudd était, en réalité, scellé depuis plusieurs jours. Hier soir, la ministre britannique de l'Intérieur a présenté sa démission. A ce titre, d'ailleurs, les versions divergent : a-t-elle réellement démissionné ?, ainsi que l'écrivent en première page THE INDEPENDENT, THE GUARDIAN ou THE DAILY TELEGRAPH, ou bien a-t-elle plutôt été forcée de quitter son poste ?, comme le suggèrent THE TIMES ainsi que THE DAILY MAIL. C'est vrai que sa position était devenue intenable après deux scandales successifs : tout d'abord celui dit de «Windrush», sur le traitement des immigrés d'origine caribéenne arrivés au Royaume-Uni après la seconde guerre mondiale ; et puis la ministre s'était à nouveau retrouvée en difficulté, la semaine dernière, lorsqu'il est apparu que ses services avaient des objectifs chiffrés pour refouler les immigrés clandestins. Mercredi dernier, devant une commission parlementaire, Amber Rudd avait dans un premier temps nié avoir connaissance de tels objectifs. Sauf que la publication depuis par THE GUARDIAN d'un document intérieur, semblant prouver qu'elle était bel et bien au courant, a rendu sa ligne de défense de moins en moins tenable. 

Toujours est-il que ces chiffres controversés sur ces expulsions doivent être débattus, aujourd'hui, devant le Parlement. Et en ce sens, note toujours le journal de la capitale, la ministre s'est donc retirée juste à temps pour éviter une convocation éprouvante devant la Chambre des Communes. Enfin, ainsi que le souligne THE INDEPENDENT, cette nouvelle démission (la quatrième d'un membre du gouvernement en seulement six mois) est un coup dur pour Theresa May, dont les maux de tête, écrit le journal, devraient encore s'accentuer, cette semaine, avec des élections locales à valeur de test pour son gouvernement.

Après un sommet historique, vendredi, le tourbillon diplomatique inter-coréen se poursuit

Première mesure pratique pour la réconciliation, l'agence officielle nord-coréenne KCNA a annoncé que le Parlement avait adopté, ce matin, un décret pour avancer ses horloges de 30 minutes et revenir ainsi à la même heure locale que celle de son voisin du Sud. Autre geste de bonne volonté, hier, Kim Jong-un s'est dit prêt à démanteler son site d'essais atomiques, en présence d'experts étrangers. Une manière, sans doute, de rassurer les plus sceptiques, pour qui le doute est encore permis quant aux véritables intentions du leader nord-coréen. Le journal LE TEMPS, en particulier, rappelle que la déclaration signée vendredi dernier n'est pas le premier document du genre ; que lorsque Kim Jong-un se fixe pour objectif de dénucléariser la péninsule, ce n’est pas non plus tout à fait nouveau ; et enfin que si les deux voisins s’engagent à signer la paix, là encore, ce n’est pas une première, même s'il y a cette fois-ci un calendrier. 

Quoi qu’il en soit, dès mercredi, on pourra juger des premiers engagements réciproques : ce jour-là, tout acte hostile devra désormais être proscrit, y compris la guerre de propagande. Concrètement, précise toujours le journal, cela signifie que le Nord devra démanteler ses haut-parleurs installés à la frontière et que le Sud devra, en retour, stopper les actions de ses groupes de militants convoyant, par ballons, leurs prospectus anticommunistes par-delà la frontière. 

Et puis surtout, la balle est désormais dans le camp du président américain, note pour sa part THE NEW YORK TIMES. Le succès de la rencontre de vendredi met, en effet, la pression sur Donald Trump, pour qu’il poursuive cette dynamique vers la paix. Ce qui n'est pas gagné, reconnaît l'éditorialiste, avant toutefois d'ajouter : mais après tout, même si ces discussions ne servaient qu’à tenir éloigné du bouton nucléaire deux hommes impétueux et imprévisibles, le monde ne s’en porterait, déjà, que mieux.

L'ambition de l'Iran reste de dominer le Moyen-Orient. (Mike Pompeo)

En attendant, c'est surtout une autre décision du président américain qui retient l'attention de la presse. D'ici deux semaines, Donald Trump doit rendre son verdict concernant l'accord sur le nucléaire iranien. Et même si à Washington on assure que le président n'a pas encore tranché, force est de constater que la tournée au Proche-Orient du tout nouveau secrétaire d'Etat américain dresse, pour l'instant, les contours d'une ligne dure, écrit THE TIME. Hier, lors de deux visites en Arabie Saoudite et en Israël (deux alliés stratégiques des Etats-Unis qui considèrent l'Iran comme leur ennemi et sont hostiles à l'accord sur le nucléaire), Mike Pompeo a déclaré : «L'ambition de l'Iran reste de dominer le Moyen-Orient». 

Mais plus que tout, sur ce dossier aussi, celui qui attend de la clarté et de la fiabilité de la part de Donald Trump peut probablement oublier l'idée, juge la SÜDDEUTSCHE ZEITUNG. Le journal qui ne saurait que trop conseiller à Donald Trump de lire et relire encore cet accord pour constater que, même si tout ne vas pas bien en Iran, ce contrat éloigne au moins le pays de la bombe. Une analyse partagée, d’ailleurs, par son confrère de la FRANKFURTER ALLGEMEINE ZEITUNG. Certes, l'accord ne règle pas la question de l'agressivité de l'Iran, dit-il, mais sans celui-ci le pays serait, en plus, libre de construire sa propre bombe. 

Or si de son côté l'Iran peut tirer un enseignement des récents développements de l'actualité, c'est certainement de constater combien il est utile de posséder, justement, un arsenal nucléaire, remarque THE INDEPENDENT. Car il est évident, écrit le journal, que la soudaine disposition de Trump à faire des compromis avec la Corée du Nord est uniquement due à la capacité du pays à développer des armes susceptibles de menacer directement les Etats-Unis. En d'autres termes, les Américains seraient-ils aussi péremptoires avec les Iraniens si ceux-ci disposaient de têtes nucléaires ?, interroge toujours le journal. C'est, en tous les cas, la question qu'on se posera à Téhéran. 

Enfin, si aux Etats-Unis certains craignent que la réimposition unilatérale de sanctions contre l'Iran n'isole leur pays sur le plan international, d'autres, à l'instar du WALL STREET JOURNAL ce matin, jugent que les Européens (lesquels continuent, eux, de soutenir largement cet accord) ne pourront de toute façon jamais choisir l'Iran plutôt que les États-Unis. Et pourquoi ? Tout simplement car aucun pays, dit-il, ne peut fonctionner économiquement en se coupant de l'Amérique.

Par Thomas CLUZEL

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......