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Fête de la Saint-Sylvestre à Rio de Janeiro, en attendant l'investiture de Jair Bolsonaro

Vœux présidentiels à travers le monde, fête malgré Bolsonaro à Rio

6 min
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Retour en ce 1er janvier sur les vœux de Sergio Mattarella en Italie, Ali Bongo au Gabon et Kim Jong Un en Corée du Nord. Célébrations à Rio à quelques heures de l’investiture du président d'extrême-droite Jair Bolsonaro, dont l'entourage est déjà visé par des soupçons de détournement de fonds.

Fête de la Saint-Sylvestre à Rio de Janeiro, en attendant l'investiture de Jair Bolsonaro
Fête de la Saint-Sylvestre à Rio de Janeiro, en attendant l'investiture de Jair Bolsonaro Crédits : AFP PHOTO / FERNANDO MAIA / RIOTUR - AFP

Ce matin on se dit "bonne année 2019", et l'on revient sur certains vœux marquants de dirigeants à travers la planète. 

A commencer par les vœux du président italien Sergio Mattarella, plus que jamais gardien du temple républicain, des valeurs démocratiques dans un pays dirigé on le sait par l'extrême-droite et le mouvement 5 étoiles. 

Sergio Mattarella donc, cité entre autre par La Repubblica ce matin, s'est invité au réveillon des Italiens pour leur redire les vertus du "respect mutuel, du débat d'idée et de la coexistance pacifique", en politique comme dans la vie quotidienne.  

"Dans l'année qui débute nous devons en finir, avec cette haine, ces insultes et cette intolérance qui créent l'hostilité et la peur", a lancé le vieux président dans une message adressé, on le comprend, bien plus aux deux leaders du gouvernement, Luigi di Maio et Matteo Salvini, qu'aux 60 millions d'Italiens. Face aux discours à l'emporte-pièce et aux relents fascistes des deux vice-présidents du Conseil, Sergio Mattarella n'hésite pas à dire ceci : "nous ne devons pas avoir peur des bons sentiments qui peuvent rendre notre société meilleure". Il conclut ainsi un passage de ses vœux consacré aux 5 millions d'immigrants que l'Italie dit-il "doit être fière d'accueillir", au moment où le décret Salvini sur la sécurité durcit considérablement la politique migratoire italienne.  

Des vœux marquants également au Gabon, avec cette allocution vidéo diffusée hier soir du président Ali Bongo.

Sa première déclaration face aux Gabonais depuis qu'il a été victime, fin octobre, d'un accident vasculaire cérébral, pendant un déplacement en Arabie Saoudite. Bongo n'est pas revenu à Libreville depuis, il est en convalescence au Maroc, et il s'agissait pour lui de contredire autant que possible les rumeurs sur son état de santé.  

Alors, les Gabonais seront-ils "rassurés" par ce message, comme l'analysent nos confrères de RFI.fr ?  Pas sûr, à lire cette fois le site d'info Le Nouvel/Afrik.com qui note la diction approximative du président, le fait que le discours était très court, moins de 4 minutes, qu'il a été enregistré, avec beaucoup de coupes dans la vidéo...  Un Ali Bongo qui certes "adresse une preuve de vie mais montre aussi qu'il garde les séquelles de son AVC", en l’occurrence c'est l'inverse qui aurait été étonnant.  

Parmi ces séquelles, Afrik.com cite la paralysie visible du côté droit, le regard fixe et strabique. Ces voeux-là n'auront donc apparemment pas rempli leur mission, tant ils laissent, conclut le site d'info, "la porte ouverte à toutes les supputations sur les capacités physiques d'Ali Bongo à assurer ses fonctions présidentielles".  

Troisième dirigeant et troisième message de nouvelle année : les vœux de Kim Jong Un en Corée du Nord.

Et là encore, on sent bien que le discours qui est censé s'adresser à la population de son pays a, en fait, un tout autre destinataire : Kim Jong Un envoie un nouveau message aux Etats-Unis et à Donald Trump, et ça ressemble bien à une mise en garde. Jugez plutôt, la retranscription qu'en fait le South China Morning Post :  "C'est mon voeux le plus ferme, d'installer un régime de paix durable et de dénucléariser la péninsule de Corée", redit Kim, ça c'est la partie "souffler le chaud", réaffirmer les engagements de 2018 ... mais attention, le froid arrive juste derrière, je cite à nouveau  :  "Si l'Amérique continue à ne pas tenir ses promesses et à se méprendre sur la patience du peuple nord-coréen... alors nous devrons chercher une nouvelle voie, pour assurer notre souveraineté et nos intérêts". 

Une manière de dire, à lire Japan News, que les négociations sur la dénucléarisation, au-delà des intentions affichées, sont au point mort, et que Pyongyang compte bien obtenir un maximum de Washington, la levée des sanctions, la fermeture des bases américaines en Corée du Sud, etc.  Kim Jong Un redit enfin son vœu, pour 2019, d'organiser une nouvelle rencontre avec Donald Trump.

Et pour rester dans l'ambiance de ce 1er janvier, la presse brésilienne nous emmène sur la plage de Copacabana. 

Pour les dernières heures du dernier jour avant l'investiture du président d'extrême-droite Jair Bolsonaro, les médias carioca font étalage de photos de fête, de barbecues sur la plage et de feux d'artifices face à la plus belle baie du monde. 

Le quotidien o Globo par exemple se félicite, qu'à l'heure où le monde annonce le basculement du Brésil dans le néofascisme et la division nationale, plus de deux millions et demi de personnes se soient réunies pour dire leur souhait de continuer à vivre ensemble, à faire la fête ensemble et à afficher leur unité nationale.

O Globo en veut pour preuve le fait que sur la grande scène de Copacabana on a pu voir et écouter entre autres le chanteur Gilberto Gil, proche de l'ancien président Lula et  qui ne cache pas son opposition au nouveau chef de l'Etat. 

On notera tout de même la connotation particulièrement religieuse cette année de cette fête du Nouvel An. Une première, des images du Christ en 3D ont été projetées sur la plage, et voilà qui nous rappelle tout de même que le nouveau régime qui s'installe aujourd'hui au Brésil devrait donner une grande place aux évangélistes, parmi les plus fervents soutiens de Jair Bolsonaro dans sa campagne.

Ona donc fait la fête, cette nuit à Rio, mais il ne s'agirait pas seulement de s'extasier sur les 14 minutes de feu d'artifices offerts à la foule :   La Folha de Sao Paulo aborde aussi les sujets qui fâchent, en l'occurrence ces deux enquêtes ouvertes pour des soupçons de financement illégal de la campagne du nouveau président.   

La première vise son propre fils Flavio, et porte sur des mouvements financiers suspects, 270 000 euros qui ont transité sur le compte bancaire de son ancien conseiller et chauffeur, pour atterrir, entre autres, sur un autre compte au nom de sa mère, Michelle Bolsonaro. 

L'autre enquête concerne celui qui devient aujourd'hui l'un des ministres-clés du nouveau gouvernement, Onyx Lorenzoni.  Lui a fait rembourser par le Parlement dont il était député 220 000 euros, soit 70 billets d'avion qui lui ont permis de faire campagne pour le candidat  Bolsonaro.  Ça pourrait bien être une forme de détournement de fonds publics, la justice brésilienne devra en juger pour autant qu'elle restera indépendante, nous dit La Folha qui rappelle tout de même que si Bolsonaro a été élu c'est avant tout sur la dénonciation de la corruption généralisée en politique.

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