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La Maison-Blanche n'a jamais aussi bien porté son nom

D'hier ou d'aujourd'hui, le racisme sous toutes ses formes

5 min
À retrouver dans l'émission

Polémique aux Etats-Unis après la publication d’une photo : la nouvelle promotion des stagiaires de la Maison Blanche est loin d’être représentative de la diversité de la nation.

La Maison-Blanche n'a jamais aussi bien porté son nom
La Maison-Blanche n'a jamais aussi bien porté son nom Crédits : BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

C'est une photo officielle comme il en existe tant, en l’occurrence celle de la nouvelle promotion de printemps des stagiaires de la Maison Blanche. Réunis dans la plus grande pièce de la résidence du président des Etats-Unis, sous le regard bienveillant à la fois de Georges et Martha Washington, tous posent avec leur nouveau patron : Donald Trump. Est-ce-là le nouveau visage que l'Amérique entend présenter au monde ? Quoi qu'il en soit, ce qui frappe à première vue, note le site de la chaîne CNN, ce n'est pas tant de constater la fierté (après tout compréhensible) qui se lit sur les visages de ces quelques privilégiés, mais plutôt de se retrouver face à un spectacle ininterrompu d'homogénéité raciale : Sur ces 91 étudiants, tous sauf deux sont blancs. Et le journaliste aussitôt de poser la question : comment donc expliquer cette blancheur éclatante ? Est-elle le fruit d'une sélection volontaire de la part de l'administration Trump ou bien la conséquence d'une forme d'auto sélection, les candidats de couleur choisissant, eux-mêmes, de ne pas postuler pour travailler au service de cette Maison-Blanche ? 

Seule certitude, on n’aurait pas pu imaginer une photo en plus parfaite harmonie avec la politique défendue aujourd’hui par le président Donald Trump, qu'il s'agisse de ses efforts pour garder les immigrants hors de l'Amérique, ou de la manière injurieuse qu'il a eu de qualifier les pays africains de «pays de merde». Et si l'on se souvient, par ailleurs, du selfie non moins controversé publié par le président de la Chambre, Paul Ryan, lors de la convention du parti Républicain, on se dit que cette nouvelle photo en dit long, en effet, sur la propagande verbale et visuelle teintée de racisme diffusée, désormais, par le gouvernement. Et pourtant, précise toujours l'article, cette photo est absurde. Ou plutôt, elle relève, dit-il, d'un pur fantasme. Pourquoi ? Parce que selon le dernier recensement datant de 2015, un Américain sur trois aujourd'hui n’est pas blanc. D'ici 2035, les Blancs devraient même être minoritaires. 

Mandela nous a abandonnés.

En Afrique du Sud, on a appris hier la disparition de l'héroïne de la lutte contre l'apartheid : Winnie Mandela. Dans l'ombre du poing levé de son mari, écrit ce matin THE MAIL AND GUARDIAN, Winnie Mandela, la «Mère de la nation», avait réussi à lever son pays. À bien des égards, c'est cette image de femme intrépide face à un appareil d'État brutal, qui marquera à jamais l'histoire de la lutte contre l'oppression en Afrique du Sud. Car avec ou sans Nelson, Winnie avait réussi à construire son propre rôle en tant que militante de la cause noire, rappelle à son tour THE SOWETAN. Et pourtant, même si elle a toujours eu le soutien du peuple, Winnie Mandela demeure encore aujourd’hui un personnage énigmatique, nuance THE DAILY MAVERICK. Et le journal de Johannesburg de poser même la question : était-elle une héroïne de la lutte (qui aura notamment enduré des souffrances indicibles pendant que son mari était emprisonné), ou bien était-elle un monstre de sang-froid, qui plus est corrompue ? Lorsque les traîtres présumés à la cause anti-apartheid seront brûlés vifs (avec un pneu enflammé passé autour du cou : le «necklacing»), elle déclarera que les Sud-Africains doivent se libérer avec des «boîtes d'allumettes», ce que beaucoup interpréteront à l’époque comme un véritable appel au meurtre. De même, le club de football «Mandela United Football Team», qui lui servait en même temps de garde rapprochée aux méthodes particulièrement brutales, fera lui aussi les gros titres de la presse. Enfin après l’accord historique passé par son mari avec les Blancs pour mettre fin à la ségrégation, elle lancera : «Mandela nous a abandonnés». Plus tard, elle multipliera encore les contradictions : députée depuis 1994 (et réélue à chaque élection) elle brillait notamment par son absence au Parlement et menait grand train, tout en prenant régulièrement la défense des plus pauvres. Et voilà comment Winnie Mandela, vénérée aujourd'hui par des millions de sud-africains, laisse malgré tout derrière elle un héritage complexe.

L'effet n'aura été que de courte durée

La volte-face de Benyamin Netanyahu. Ou quand le Premier ministre cède à la pression de l'aile droite de son parti. En septembre de l'année dernière, après une visite dans les quartiers de Tel Aviv où des milliers de migrants s’étaient installés, Benyamin Netanyahu avait déclaré : «Nous rendrons le sud de Tel-Aviv aux citoyens d’Israël. Nous avons à faire face à des gens qui se sont infiltrés illégalement, pas à des réfugiés. Et Israël a le droit de protéger ses frontières et d’en tenir éloignés ceux qui s’infiltrent illégalement». Et c'est ainsi que le gouvernement avait, dans un premier temps, prévu de donner le choix aux migrants : partir d’ici à début avril ou aller en prison indéfiniment. Sauf que ce projet avait aussitôt suscité de très nombreuses critiques, notamment du Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU. Et puis surtout, le sort de ces quelque 37.000 réfugiés africains avait fini par déchirer la société israélienne, elle-même : quand les nationalistes faisaient pression sur le gouvernement pour réclamer leur expulsion, d'autres estimaient qu'une telle mesure contredisait le principe même de la fondation d'Israël, en tant que foyer pour les juifs fuyant les persécutions. 

C'est donc non sans un certain soulagement que Benyamin Netanyahu a fini, hier, par annoncer triomphalement un nouvel accord, précise THE NEW YORK TIMES, permettant à la fois de transférer la moitié de ces migrants vers des pays occidentaux et d'accorder le statut officiel de résident temporaire à l'autre moitié restante. Seulement voilà, le premier ministre qui se bat par ailleurs aujourd'hui pour son avenir politique (assombri en particulier par de multiples scandales de corruption) n'avait visiblement pas pris la peine de consulter au préalable la plupart de ses propres collègues conservateurs du Likoud. Et c’est la raison pour laquelle, face à la crainte de perdre le soutien de ces partenaires, Netanyahu a finalement décidé de faire brusquement marche arrière. De sorte, conclue toujours le quotidien américain, que si cet accord aurait sans doute permis à Israël de se racheter une bonne conscience et de détourner, qui plus est, l'attention de la flambée de violence observée vendredi dernier le long de la frontière avec Gaza, l'effet n'aura été que de courte durée.

Par Thomas CLUZEL

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