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Panneau indiquant un bureau de vote des mid-terms à New-York

Midterms américaines : agiter la peur de manipulations électorales est-il une manipulation électorale ?

6 min
À retrouver dans l'émission

Jour de vote aux Etats-Unis : le président Trump évoque des risques de fraudes sans preuve, le Washington Post l'accuse de vouloir intimider les électeurs démocrates. La presse mexicaine se passionne pour le procès du narcotrafiquant "El Chapo". Le Portugal, laboratoire d'une gauche victorieuse ?

Panneau indiquant un bureau de vote des mid-terms à New-York
Panneau indiquant un bureau de vote des mid-terms à New-York Crédits : JEWEL SAMAD - AFP

L'actualité internationale  est dominée ce mardi par les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, un scrutin multiple, complexe et dont l'issue reste incertaine jusqu'au bout. 

Alors, pour influencer le comportement des électeurs certains brandissent des risques de fraude, et de manipulation. A commencer par Donald Trump et son procureur général Jeff Sessions : c'est le Washington Post qui en fait sa Une, le Président en personne, hier mettait en garde contre ce qu'il qualifie de "vote illégal", vite rejoint par son conseiller Justice qui lui a rappelé que les fraudes "ne seraient pas tolérées" car elles "corrompent l’intégrité du scrutin".

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On pourrait y voir de simples rappels à la loi, à la veille du vote, mais cette insistance intrigue  les journaux américains. D'autant plus, et même le conservateur Washington Examiner le souligne, que les agences fédérales, FBI en tête, n'ont relevé aucune indication selon laquelle la machine électorale serait menacée. Pas de signe en particulier d'une influence étrangère, russe pour le dire clairement. Car c'est bien ce spectre-là qui occupe toute la place dans les esprits, la possibilité de voir se reproduire les manipulations d'opinion et de vote de la présidentielle de 2016...  tâche indélébile sur l'élection de Donald Trump. 

Sauf que cette fois, le Washington Post le répète, aucune preuve ne vient appuyer les mises en garde contre les fraudes électorales qui sont brandies par le camp présidentiel.  En jouant cette carte, selon des ONG de défense des droits des électeurs, la Maison Blanche essaye d'intimider ceux qui hésiteraient encore à se rendre aux urnes : les règles de contrôle accrues, disent ces associations, sont beaucoup plus dissuasives pour les électeurs issus de minorités ethniques qui votent en général pour les candidats démocrates. 

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"Plutôt que de tenter d'empêcher les citoyens d'aller aux urnes, nos dirigeants auraient mieux fait de débattre sur les idées", regrette Catherine Rampell, toujours dans le Washington Post.  L'éditorialiste énumère les Etats où la constitution des listes électorales a donné lieu à des arrangements suspects. Elle cite en particulier la Géorgie, Etat décisif convoité par les Démocrates, où le secrétaire d'Etat Brian Kemp, qui se trouve aussi être candidat républicain au poste de gouverneur, a fait rayer des listes 50 000 personnes, pour la plupart afro-américaines, pour des raisons aussi dérisoires, parfois, qu'un simple trait d'union mal placé dans un nom de famille. 

On le voit donc, l'intransigeance affichée face au risque de fraude n'est pas sans arrières-pensées politiciennes. Le risque, enfin, pointé par le Washington Post, c'est qu'elle ne prépare sciemment le terrain... à une contestation par les Républicains des résultats ... s'ils devaient tourner en leur défaveur. 

A New York s'est ouvert hier le procès du plus grand trafiquant de drogues de ces dernières décennies, le mexicain Joaquin Guzman alias "El Chapo".

Le "courtaud", comme on désigne donc cet homme d'1 mètre 63, qui a pourtant régné depuis la fin des années 80 sur le cartel de Sinaloa... accusé d'avoir inondé le marché américain de milliers de tonnes d'héroïne, cocaïne marijuana et autre metamphétamines... jusqu'à son arrestation en 2014 et son extradition l'an dernier.

Sur son site web, le journal mexicain El Universal dresse le CV du "plus grand criminel du 21e siècle", rendu célèbre par ses évasions spectaculaires des prisons les mieux gardées du Mexique. 

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A criminel exceptionnel, procès hors-norme, nous dit la presse du Mexique :  selon la Jornada, les audiences pourraient durer quatre mois, dans des conditions de sécurité et de confidentialité maximum, tant les risques sont grands pour les témoins et les 12 jurés. Ce procès va marquer le quotidien des New-Yorkais : deux fois par jour pour les mois qui viennent le quartier du Palais de Justice sera verrouillé par la police pour faire passer les escortes armées de l'accusé (dont on craint toujours une possible évasion), et de tous les participants aux audiences placés sous protection renforcée.

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Et pendant ce temps ?  Eh bien le commerce de la drogue reste florissant, pour le cartel de Sinaloa : El Universal, traduit par Courrier International, nous apprend que le business a été repris par les deux fils d'El Chapo. Le dernier rapport annuel du bureau fédéral américain de lutte anti-drogue indique que l'entreprise familiale a encore étendu son empire à l'international l'an dernier, avec une production d'héroïne en forte hausse sur les collines mexicaines qu'il contrôle.    

On termine avec cette phrase pour le moins définitive, lue dans El Pais : "Le Portugal a démontré que le néo-libéralisme était un tissu de mensonges". 

Cette analyse on la doit à l'un des grands penseurs du mouvement altermondialiste, le portugais Boaventura de Susa Santos. Le docteur en sociologie diplomé de Yale aux Etats-Unis, et toujours titulaire d'une Chaire à l'Université du Wisconsin, comme à celle de Coimbra est donc interrogé par El Pais, sur l'avenir des gauches dans la période réactionnaire que traverse le monde, avec les élections entre autres de Bolsonaro au Brésil, de Salvini en Italie, ou de Trump aux Etats-Unis.  

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Santos en appelle infatiguablement à l'union internationale des gauches, car dit-il, "elles seules peuvent sauver la démocratie contre le péril illibéral". Mais au-delà du voeu pieux maintes fois entendu, le sociologue vante l'exemple portugais : depuis 14 ans là-bas la gauche est unie au pouvoir, socialistes, communistes, euro-sceptiques au sein d'une même majorité. Une exception portugaise qui a su déjouer les prophéties catastrophistes des marchés, a sortir le pays de l'austérité et à faire baisser durablement le chômage. Il suffisait pour cela, nous dit Santos, "que le parti socialiste accepte de faire alliance à sa gauche, et non au centre comme c'est le cas partout ailleurs". 

En s'unissant autour du refus fondamental du néo-libéralisme austéritaire, la gauche portugaise a donc démontré que l'idéologie néo-libérale qui domine le monde peut être renversée. "Si cela s'était passé dans n'importe quel autre pays que le Portugal, ce serait à la Une des journaux du monde entier" dit Boaventura De Susa Santos. Force est de constater que ce n'est pas le cas : pour débusquer cette interview il faut plonger dans les pages Idées, bien loin de la Une du quotidien El Pais.

Chroniques
7H40
41 min
L'Invité(e) des Matins
Dialogue avec Yasmina Reza
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