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Le président américain Donald Trump

Un tic-tac inquiétant

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Malgré les mises en garde internationales, Donald Trump pourrait mettre mardi sa menace à exécution de démanteler l'accord sur le nucléaire iranien, ouvrant ainsi une période d'incertitude quant aux ambitions atomiques de Téhéran.

Le président américain Donald Trump
Le président américain Donald Trump Crédits : YURI GRIPAS - AFP

Dans les colonnes du NEW YORK TIMES, plusieurs diplomates européens de haut rang, sous couvert d’anonymat, l’affirment ce matin : Trump devrait annoncer, ce mardi, qu'il retire son pays de l'accord sur le nucléaire iranien. L'ancien conseiller de Barack Obama et lui-même ex-négociateur de cet accord en est, lui aussi convaincu : il fait peu de doutes, dit-il, que ce mardi Donald Trump va tuer, dit-il, ce texte. Le président américain s'apprête à mettre au rebut cet accord, prévient encore ce matin THE TIMES à sa Une. 

Une décision qui coupe net, a priori, l'ultime effort engagé par les Européens pour tenter de préserver le compromis en vigueur. Ni le président français, ni la chancelière allemande, pas plus que le ministre britannique des affaires étrangères (dont le journal de Londres METRO loue pourtant, encore ce matin, les efforts pour tenter de répondre aux inquiétudes du président américain «sans jeter le bébé avec l'eau du bain»), n'auront réussi à ramener Donald Trump à la raison.

De sorte qu’à présent le risque revient non seulement à ouvrir une nouvelle crise avec l’Europe mais, pis encore, à pousser désormais Téhéran à relancer son programme nucléaire, prévient pour sa part LE TEMPS. Dimanche dernier, le président iranien avait lui-même avertit que les Etats-Unis regretteraient «comme jamais» leur éventuel retrait du texte. Ou quand la décision du président américain ajoute, à la situation déjà compliquée, un effet de tension et de crise totalement irresponsable dans les circonstances actuelles, insiste le journal. 

Dès-lors, pourquoi prendre de tels risques ? Tout d'abord, rappelle nombre de commentateurs, ce choix permet à Donald Trump de tenir, enfin, sa promesse électorale. Et puis quoi de mieux que de laisser planer la menace d'une nouvelle guerre pour faire diversion ? C'est en tous les cas, l'argument avancé par THE SALT LAKE TRIBUNE, le journal qui rappelle combien le président américain, mais aussi Benyamin Netanyahu (le Premier ministre israélien dont le positionnement stratégique sur ce dossier est en tous points identique à celui de son homologue américain), sont tous deux empêtrés dans des affaires de politique intérieure. Enfin, comment ne pas voir dans la décision de Donald Trump une occasion de plus de s'attaquer à l'héritage de son prédécesseur ? A ce titre, d'ailleurs, pas plus tard que dimanche dernier, THE OBSERVER publiait des révélations frappantes sur une campagne visant à discréditer l'accord sur le nucléaire iranien. D’après le journal britannique, des collaborateurs de Donald Trump auraient engagé, l’an dernier, une firme d’espionnage israélienne pour s'intéresser à la vie personnelle et à la carrière politique de deux personnages clés de l’équipe Obama qui avaient participé aux négociations et salir, ainsi, leur réputation.

Enfin, toujours s'agissant des conséquences de la très probable résiliation de cet accord, le journal ukrainien NOVOJE WREMJA fait, lui, remarquer qu'en cas d'arrêt des livraisons de pétrole en provenance du Golfe persique, le monde serait aussitôt privé d'un tiers de son approvisionnement. Ce qui occasionnerait non seulement un déficit gigantesque mais aussi une flambée des prix. Et à qui cela profiterait-il ? A tous les autres fournisseurs de carburant, Russie en tête. De sorte que si le pétrole devait être négocié au double voire au triple du prix actuel, écrit le journal, le régime de Poutine pourrait gager sur une existence tranquille ces prochaines années. 

Et puis une autre décision américaine devrait prendre effet dans les tous prochains jours, le déménagement de l’ambassade américaine, de Tel-Aviv à Jérusalem.Elle doit être inaugurée en grande pompe le 14 mai, pour coïncider avec le 70ème anniversaire de la création de l'Etat d'Israël. Les premiers panneaux indiquant la direction de l'ambassade (l'actuel consulat américain) ont été installés hier. Or, là encore, cette décision qui correspond à une promesse électorale de Donald Trump suscite de très vives critiques et surtout la colère dans le monde arabe. Et voilà pourquoi, afin de ne pas amplifier les protestations qui ne manqueront pas d'éclater à l'occasion de cette inauguration, précise THE HILL, la Maison-Blanche a annoncé, hier, que le Donald Trump ne ferait pas partie de la délégation qui assistera à l'ouverture de l'ambassade, la semaine prochaine.

Enfin on reste toujours aux Etats-Unis, ce matin, avec un nouveau coup de théâtre : la démission du procureur de l'Etat de New York.Eric Schneiderman, procureur démocrate, grand opposant à Donald Trump, qui s'était érigé en relais judiciaire du mouvement #MeToo (contre le harcèlement sexuel) a annoncé hier sa démission, quelques heures seulement après la publication de plusieurs témoignages d'ex compagnes l'accusant de violences. Dans un article publié hier sur le site NEW YORKER, quatre femmes racontent comment l'ancien élu démocrate les a giflées violemment, en plusieurs occasions, alors qu'il était sous l'emprise de l'alcool. Il aurait même fait mine de les étrangler, manifestation de ce qu'elles décrivent comme un désir de domination physique et psychologique. Il les aurait également menacées de mort si elles le quittaient. Aucune n'évoque, en revanche, d'agression sexuelle. De son côté, Eric Schneiderman a fait savoir dans une déclaration qu'il n'avait «agressé personne». «Dans l'intimité de relations privées, j'ai pris part à des jeux de rôle et à d'autres activités sexuelles consensuelles. Mais je n'ai jamais eu de relation non consentie, ce qui constitue une ligne que je ne franchirais pas». 

Quoi qu'il en soit, cette nouvelle affaire d’agression présumée fait échos à un autre scandale, intervenu quelques jours plus tôt seulement. C'était vendredi. Le même jour, d'ailleurs, où l’Académie Suédoise annonçait qu’elle ne remettrait pas de Prix Nobel de littérature cette année (suite à un autre scandale sexuel), l'écrivain américain Junot Díaz, l'un des plus talentueux auteurs de sa génération (lauréat notamment du Prix Pulitzer), était lui aussi accusé de harcèlement et de comportements misogynes par plusieurs femmes. Le mois dernier, rappelle de son côté le Courrier International, il avait d'ailleurs lui-même cherché à prévenir ces accusations, en signant un essai retentissant dans THE NEW YORKER, où il racontait avoir subi un viol lorsqu'il était enfant, qui aurait eu des conséquences sur ses relations difficiles avec les femmes.

Par Thomas CLUZEL

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