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Donald Trump choisit un juge (très) conservateur pour la Cour suprême

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S'il est confirmé par le sénat, Brett Kavanaugh, 53 ans, pourrait siéger durant plusieurs décennies à la Cour suprême et contribuer à façonner le visage de l'Amérique dans un sens plus conservateurs sur les questions de société (avortement, homosexualité), estime la presse américaine

Le choix par Donald Trump d'un nouveau juge à la cour suprême mobilise l'attention de tous les medias  Il faut dire que le président américain avait fait monter le suspense twittant tout le week end sur ses états d'âme, expliquant que le choix se précisait d'heure en heure, une mise en scène digne d'un reality show. Et la décision est donc tombée, ce lundi. Brett Kavanaugh, 53 ans, a été désigné par Donald Trump pour remplacer le juge Kennedy qui part à la retraite. Rien à dire sur son CV et ses compétences en matière juridique, même le Washington Post le reconnaît, lui qui pourtant ne ménage guère le locataire du bureau ovale. Diplômé de l'école de droit de Yale, rappelle le quotidien, 12 ans à la cour d'appel de Columbia, la plus influente des Etats-Unis, assistant du juge Kennedy, le pays pouvait redouter pire de la part de M. Trump, écrit le Washington Post. 

C'est aussi lui, ajoute Politico, qui a mené l'enquête aux côtés du procureur Starr sur le Monicagate, les infidélités de Bill Clinton ajoutant que, depuis 2006 à Columbia, ce proche des Bush a systématiquement penché côté très conservateur.  Politico n'est ainsi pas le seul à se souvenir de ses récentes déclarations contre le droit à l'avortement donné à une jeune immigrante mineure. Ce fervent catholique pourrait-il revenir sur ce droit consacré par l'arrêt historique Roe versus Wade de 1973? C'est l'inquiétude partagée par la presse dite libérale américaine ce matin. Car l'enjeu, avec cette nomination, n'était pas tant l'équilibre de la cour suprême qui penche déjà du côté des conservateurs, que les débats à venir sur les questions de société : avortement, homosexualité... écrit le New York Times. Le juge Kennedy qu'il remplace était lui aussi conservateur mais il avait souvent sur les questions de société penché du côté plus libéral de la société américaine désappointant souvent les partisans de Donald Trump. 

Kavanaugh pourrait bien changer le visage de l'Amérique et de ses valeurs, opine la BBC ce matin. The Atlantic rappelle encore ses décisions hostiles à l'agence pour la protection de l'environnement et les craintes sur les droits des LGBT avant de publier un long point de vue décrivant Kavanaugh comme totalement dévoué à la présidence Trump. Avant d'être confirmé à la Cour suprême, il doit toutefois passer l'épreuve du sénat américain. Partisans et adversaires fourbissent leurs armes dans la presse et dans les rues aussi où les manifestations ont commencé dès hier. Le choix du juge Kavanaugh doit en effet être entériné par le sénat où les républicains ne disposent que de deux voix d'avance. La presse spécule. Les sénateurs républicains les plus modérés sont déjà sous pression pour ne pas le confirmer mais certains démocrates aussi, qui visent leur réélection lors du scrutin de mi-mandat dans des fiefs trumpiens. Ils pourraient céder aux partisans du juge pour ne pas compromettre leur siège, redoute The Hill dans ses pages opinion. Ils ne le doivent pas! Le quotidien recense les 5 sénateurs démocrates dont le siège est en jeu dans les Etats dits rouges, c'est à dire républicains. On dit que s'ils veulent être réélus à l'automne, ils doivent voter pour le candidat de Trump à la cour Suprême, C'est absurde!, s'exclame l'auteur d'un point de vue publié par le journal. Aucune donnée politique ne vient à l'appui de cette thèse. Et de faire le compte : il est possible de bloquer ce candidat.

Car Brett Kavanaugh est présenté comme dangereux. The Hill, le Washington Post, le New York Times, the Atlantic... tous rappellent que Trump avait promis durant sa campagne de favoriser une cour suprême anti-avortement. Le Washington Post y ajoute une autre inquiétude : quelle indépendance le juge aura-t-il face au pouvoir? Lui qui a récemment estimé que le président doit être exempté de toute poursuite judiciaire durant son mandat. Or l'enquête sur les interférences russes dans la campagne présidentielle américaine se rapproche du numéro 1 de la Maison Blanche...  

En Thaïlande, c'est une journée décisive pour le sort des derniers enfants pris au piège de la montée des eaux dans une grotte depuis le 23 juin  8 ont déjà été sauvés, écrit The Nation ce matin... Il reste 4 enfants et leur entraîneur de football âgé de 25 ans, et le monde entier suit avec angoisse les opérations dramatiques de secours dans la grotte de Chiang Rai. La décision a été prise dimanche, il fallait faire vite et profiter d'une mince fenêtre d'opportunité rapporte le quotidien thaïlandais. Malgré les dangers d'une telle opération, tant le chemin de sortie est difficile, avec des plongées sous une eau boueuses, dans l'obscurité alors que certains enfants savent à peine nager et encore moins plonger, il fallait le tenter avant qu'il ne soit trop tard, avant que les pluies de mousson ne déversent leur colère. Le commandant régional de l'armée a d'ailleurs publiquement imploré le dieu de la pluie Phra Pirun de leur laisser un peu de répit, rapporte The Nation.

La presse japonaise elle aussi titre sur les intempéries. Au moins 141 morts dans les coulées de boue provoquées par des pluies torrentielles dans l'ouest du Japon. C'est déjà le bilan le plus lourd de l'ère Heisei -qui a commencé en 1989-, écrit l'Asahi Shimbun et il risque fort de s'aggraver. Plusieurs dizaines de personnes dans les préfectures d'Hiroshima et d'Okayama manquent à l'appel. Routes et chemins de fer sont coupés et rendent les secours très difficiles, rapporte le Yomiuiri Shinbun. Quand le Mainichi tente d'expliquer le désastre. Dans la préfecture d'Hiroshima, on manque de surface plane et les collines ont été déboisées pour construire des zones résidentielles. Or, 50% de la surface est granitique, avec une fine couche de terre qui n'a pas résisté aux intempéries. Il y a 50 000 points sensibles aux glissements de train dans la seule préfecture d'Hiroshima, met en garde le quotidien.

Marie-Pierre Vérot

Chroniques

8H35
25 min

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