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Manifestation hostile à theresa May à Londres le 10 décembre

"Sauve qui peut (ou qui veut ?) le Brexit"

5 min
À retrouver dans l'émission

Après le report du vote prévu ce mardi au Communes, la presse britannique étrille la "lâcheté" de la Première ministre, et se demande s'il ne serait pas temps de renoncer au Brexit . La France envoie sa ministre des Armées en Centrafrique pour tenter d'y contrer l'influence croissante des Russes.

Manifestation hostile à theresa May à Londres le 10 décembre
Manifestation hostile à theresa May à Londres le 10 décembre Crédits : Kirsty O'Connor - Maxppp

"Sauve qui peut le Brexit" à la Une de la presse Britannique.

Bien malin qui comprend encore quelque chose à la stratégie de Theresa May, après sa décision de reporter le vote prévu ce mardi à la Chambre des Communes sur l'accord négocié avec l'UE. Dans le kiosque britannique, ce matin, chacun cherche une logique, mais c'est bien cette impression de "sauve qui peut" qui domine. 

Une du Daily Mirror 11/12/2018
Une du Daily Mirror 11/12/2018 Crédits : Daily Mirror

"Theresa May a pris peur" face à la quasi-certitude que son accord serait refusé, croit comprendre The Daily Mirror. Pour The Sun, vous me pardonnerez l'expression, elle se retrouve "fourrée comme une dinde de Noël", ou si vous préférez, "piégée" dans des allers-retours entre Bruxelles et Londres qui se sont avérés être une impasse. 

Alors Lady May, selon The Guardian, révèle "son plan B" qui est de tenter encore et toujours de "gagner du temps", en se tournant à nouveau vers l'Europe d'une manière franchement "désespérée".  

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"Après sa reculade face au Parlement, Theresa May appelle Bruxelles à l'aide", titre le Financial Times qui avertit, pourtant : le Président du Conseil de l'Europe Donald Tusk a été clair, il veut bien "rediscuter de l'accord pour faciliter sa ratification par la Chambre des Communes"... mais pas question de "renégocier" le fond du texte, les modalités de sortie de l'UE et la question des frontières irlandaises. 

Et voilà qui fait dire à The Independent que, cette fois, il est sans doute temps "d'en finir avec toute cette histoire de Brexit", de renoncer une bonne fois pour toutes à quitter l'Union. Et c'est vrai que l'idée a repris corps hier, nous explique le quotidien, avec cette décision de la Cour de Justice de l'Union Européenne : elle a jugé que "les Britanniques, s'ils le souhaitent, sont libres de révoquer unilatéralement la procédure" de l'Article 50 du Traité de Lisbonne, lancée il y a deux ans et demi et qui a engagé "ce cauchemar" dans lequel se débat depuis le Royaume-Uni.

Mais renoncer au Brexit, ce serait s'asseoir sur le référendum de juin 2016, le vote du peuple. La seule issue, selon Polly Toynbee dans The Guardian, c'est donc d'organiser un second référendum, en espérant que les démonstrations de "lâcheté de Theresa May" auront convaincu les électeurs britanniques "qu'il vaut mieux sauter de la voiture en marche, plutôt que d'aller dans le mur".

En République Centrafricaine, la visite de la ministre française des Armées prend des allures de reconquête post-coloniale. 

Florence Parly l'a dit dès son arrivée à l'aéroport de Bangui, et c'est le site Afrique News Info qui nous le rapporte : elle est venue "réaffirmer le soutien de la France à la Centrafrique". D'ailleurs comme preuve d'amitié, elle a amené avec elle "1400 fusils d'assaut, ainsi que des équipement amphibie destinés aux forces armées centrafricaines.

Mais pourquoi une telle volonté de resserrer ce lien ? Eh bien parce que ces mêmes forces armées centrafricaines, ont clairement ces dernières années tendance à oublier le français, et à apprendre le russe.  L'affaire est loin d'être purement linguistique, précise Afrique News Info,  tant "les Russes investissent tous azimuts en Centrafrique", en commençant donc par la formation des militaires. 

D'ailleurs vendredi la Russie a été invitée à rejoindre le Conseil de Sécurité de la Centrafrique, et c'est une reconnaissance logique du fait, nous dit l'African Daily Voice, qu'elle s'est imposé comme un partenaire incontournable dans la lutte contre le terorrisme. 

Des Russes très impliqués également, dans les tentatives de dialogue avec les différents groupes armés qui continuent régulièrement de semer la violence et la mort à travers le pays. Ces groupes rebelles s'affrontent pour contrôler les ressources minières, or et diamants, dans lesquelles veulent justement investir les entreprises russes plus ou moins directement liées au Kremlin. 

"La France vient reconquérir le terrain gagné par les Russes? Mieux vaut tard que jamais", commente le site d'info Mondafrique.  Site qui rappelle en passant  que Florence Parly a déjà repoussé deux fois son voyage. 

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Mais "mieux aurait valu jamais que tard" : ça ce serait plutôt, par contre, l'avis d'un autre visiteur du pays, arrivé à l'aéroport de Bangui quelques heures avant la ministre française. Drôle de" coïncidence", note l'African Daily Voice, ce visiteur c'est Kémi Séba, écrivain, polémiste, voix influente et tonitruante venue du Bénin, et qui dénonce dans toute la région d'Afrique francophone l'emprise des anciens colonisateurs, pour pousser les peuples africains à s'unir et à prendre leur destinée en main.  Sur son compte Twitter il annonce cklairement la couleur : il vient à Bangui pour "briser la Françafrique".

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Un activiste du panafricanisme, donc, à rebours total du discours tenu par Florence Parly, et un Kémi Séba qui cultive de fortes amitiés russes, à en croire ce qu'il affirmait il y a un an à l'agence de presse internationale du Kremlin Sputnik : il y parlait d'une "alliance naturelle, entre les souverainistes africains et la Russie" ; une optique commune visant à "défaire les peuples africains et russes de l'impérialisme occidental". Pendant son voyage à Moscou l'an dernier Séba avait notamment rencontré l'idéologue préféré de Vladimir Poutine, Alexandre Douguine, le penseur du "Front des traditions" et de la reconquête russe de l'Eurasie comme pendant à l'hégémonie occidentale. 

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Et voilà comment une voix du panafricanisme peut aussi être une voix de la géopolitique russe en Centrafrique. On verra si les discours du très populaire Kémi Séba auront plus d'écho que ceux de la ministre Florence Parly. En tous cas, la stratégie russe pour s'imposer en République centrafricaine prend soin de ne rien négliger, en matière de séduction des masses : c'est l'agence russe Ria Novosti qui nous l'apprenait samedi, "l'élection de Miss Centrafrique 2018 n'aurait pas pu avoir lieu sans le soutien de la Russie". 

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Pour la politologue moscovite Natalia Piskunova citée dans l'article, c'est "le signe d'un retour à la vie normale, d'une sortie de la  crise humanitaire", tout ça, bien entendu, "grâce à l'aide médicale et alimentaire fournie par les Russes".

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