LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Le président américain Donald Trump et son homologue nord-coréen Kim Jong-un

Improbable

5 min
À retrouver dans l'émission

Donald Trump et Kim Jong-un ont bouclé une journée diplomatique parfaitement orchestrée par une cérémonie commune, au cours de laquelle ils ont signé ensemble un texte sous le regard des caméras du monde entier.

Le président américain Donald Trump et son homologue nord-coréen Kim Jong-un
Le président américain Donald Trump et son homologue nord-coréen Kim Jong-un Crédits : SUSAN WALSH / POOL / AFP - AFP

Avaient-ils répété pour l'occasion ? Seule certitude, la synchronisation était impeccable. Il faut dire que l'image était tellement attendue, la rencontre ne pouvait être que parfaitement chorégraphiée. Un mélange de mise en scène hollywoodienne et de parade militaire millimétrée. Après avoir traversé, chacun de leur côté, un long dédale de colonnes d'un bâtiment colonial désert, le pas lent et le buste bien droit, ils ont suivi le tapis rouge qui les a mené tout droit l'un vers l'autre, face à face. Ne restait plus aux photographes qu'à appuyer sur le bouton, pour immortaliser une poignée de main aussi improbable qu'historique. 

Kim Jong-un aurait lui-même déclaré à Donald Trump : «Beaucoup penseront que c'est de la science-fiction». «Nous allons avoir une relation formidable», a lancé de son côté le président américain, se disant convaincu que la rencontre serait un «immense succès». Les deux hommes se sont ensuite entretenus en tête-à-tête, pendant un peu plus de 45 minutes, avant une discussion bilatérale et un déjeuner mêlant mets occidentaux et asiatiques (cocktail de crevettes, porc croustillant sauce aigre-douce et tarte tropézienne), une des rares informations sur ce sommet distillées à la presse. 

Quand THE TIMES titre, ce matin, un sommet historique, THE NEW YORK TIMES s'empresse, lui, de rappeler que cette rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un ne suit aucune règle de jeux établie. Et pour cause, qu'est-ce que le «sénile» d'un côté et «l'homme roquette» de l'autre ont en commun ?, interroge à sa Une le quotidien lisboète DIARIO DE NOTICIAS, ne faisant ainsi que reprendre chacun des doux mots que les deux dirigeants avaient, encore il y a peu, l'habitude d'employer pour s'apostropher. Son confrère de Vienne DIE PRESSE a bien une idée de la réponse : les deux hommes sont aussi imprévisibles l'un que l'autre. Le style erratique du président américain est, d'ailleurs, sans doute l'une des raisons pour lesquelles la rencontre a pu se tenir. Pour le reste, précise sa consœur de WASHINGTON POST, Trump ne s'est pas davantage préparé pour ce sommet qu'on le ferait pour une présentation «Power Point» sur le cycle de l'eau. Mais après tout, pourquoi rompre avec l'habitude de toute une vie ? Et de fait, rien n'est comparable à la confiance illimitée et inébranlable de quelqu'un qui en sait si peu sur un sujet, qu'il ne peut même pas tricher sur le fait que ce qu'il dit est faux. Quant à son homologue nord-coréen, reprend DIE PRESSE, ce sommet est pour lui un terrain de jeu idéal. D'une part, parce qu'il n'a pas à craindre d'être mis en pièces par les médias de son pays, tous sous le contrôle du parti. Et ensuite, parce qu'en tant que Guide suprême, il exerce sa fonction à vie, pour le meilleur comme pour le pire. 

Enfin de compte, résume pour sa part le journal de Singapour THE STRAITS TIMES, si l'issue de ce sommet reste encore incertaine, notamment en raison de la personnalité irrationnelle de chacun des deux protagonistes, c'est aussi la raison pour laquelle nous pouvons, justement, espérer être agréablement surprise. Chacun des deux dirigeants aime la confrontation autant que la lumière. Et c'est parce qu'ils se ressemblent que ces deux-là pourraient bien, aussi, finir par s’entendre.

Autre titre à la Une de l'actualité, ce matin : après un échange tendu entre l’Italie et Malte (qui se sont renvoyé la responsabilité humanitaire de l' «Aquarius» sur lequel se trouvent 629 migrants), c’est l’Espagne qui a finalement accepté d’ouvrir ses portes au navire. Hier, le tout nouveau président du gouvernement, Pedro Sanchez a donné des instructions pour que son pays honore les engagements internationaux en matière de crise humanitaire. Il n'en reste pas moins que le débat continue d’alimenter les commentaires dans la presse italienne. Quand LA STAMPA s'indigne : Salvini refoule le bateau des désespérés, à l'inverse son confrère de droite IL GIORNALE salue la décision du président du conseil. Heureusement que le gouvernement agit, renchérit LIBERO. Bravo Salvini !, complète à son tour Il TEMPO

De son côté, IL POST analyse cette levée de boucliers contre l’immigration comme une façon pour le nouveau gouvernement populiste d’instituer un nouvel ennemi, maintenant qu’il ne peut plus s’en prendre au gouvernement. Et pour cause. Enfin, peut-être cette décision brutale de fermer les ports visait-elle aussi à faire du bruit et à déclencher un scandale international ?, nuance à nouveau LA STAMPA. DE fait, note IL CORRIERE, avant de critiquer cette décision, il faudrait savoir une bonne fois pour toutes si le principe de solidarité prévaut encore dans l'UE. Il y a eu très peu de solidarité jusque-là entre les Etats membres. Comment oublier, notamment, la fermeture des ports français et espagnols l'été dernier, avec la caution tacite des institutions européennes ? La coupe aujourd'hui est pleine, écrit le journal, et les propos de circonstances, comme la rhétorique européiste, ne nous sont plus d'aucun secours. Et l’éditorialiste d'en conclure : si la solidarité en matière d'immigration ne devient pas un projet d'action concret de l'UE, alors le projet d'intégration européen sera voué à un inexorable déclin.

Et puis s'agissant toujours d'immigration, deux autres sujets suscitent également une polémique grandissante. Tout d'abord, la proposition du Danemark d'héberger ses reboutés du droit d'asile dans des «lieux peu attrayants», situés hors du territoire national. Si certains commentateurs approuvent l'initiative, d'autres font, là encore, le constat amer de l'orientation claire prise par la politique migratoire européenne. C'est le cas de DIE WELT, le journal qui rappelle que la politique des Danois est très proche, en réalité, de celle des Polonais et des Hongrois, mais aussi des Autrichiens ou des Français. 

Enfin aux Etats-Unis, cette fois-ci, le ministre de la justice vient d'annoncer un durcissement massif des procédures de demande d'asile, afin de limiter le flux d'immigrants originaires d'Amérique centrale. En particulier, précise BUSINESS INSIDER,  les allégations de violences conjugales ou de violences de la part de gangs criminels ne seront plus suffisantes pour déposer une requête aux postes-frontières.

Par Thomas CLUZEL

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......