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Alger après l'annonce du retrait de la candidature Bouteflika : un leurre ?

Algérie : la "dernière ruse" du système Bouteflika ?

5 min
À retrouver dans l'émission

L'annonce du report de la présidentielle, et la promesse qu'Abdelaziz Bouteflika ne briguera pas un cinquième mandat, est-elle réellement une victoire pour la contestation algérienne, ou pour le pouvoir qui garde la main sur la transition ? Brexit et frontière irlandaise : l'accord de la 25e heure.

Alger après l'annonce du retrait de la candidature Bouteflika : un leurre ?
Alger après l'annonce du retrait de la candidature Bouteflika : un leurre ? Crédits : RYAD KRAMDI - AFP

Des concerts de klaxons hier soir dans les rues d'Alger : Abdelaziz Bouteflika a annoncé qu'il renonçait à briguer un cinquième mandat à la tête du pays, mais les Algériens ont-ils vraiment des raisons de se réjouir? 

C'est forcément la question que se posent ce matin tous les journaux en Algérie, et la meilleure des réponses, comme souvent là-bas, tient en un dessin de presse signé du génial Ali Dilem pour Liberté-Algérie.

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Et c'est vrai qu'on a du mal, à voir où est la bonne nouvelle, puisqu'Abdelaziz Bouteflika reste président : que ce qui a été annoncé hier, c'est très exactement le programme présenté au moment du dépôt de sa candidature, avec seule évolution, l'élection présidentielle du 18 avril tout bonnement annulée

Pour El Watan, c'est "la dernière ruse de Bouteflika : il annule la présidentielle mais reste au pouvoir". Jusqu'à quand ? Aucune date n'a été précisé hier, sinon la fin décembre de cette année pour la fin de la "conférence nationale inclusive" qui doit élaborer le changement de système politique, poser la bases d'une nouvelle Constitution pour l'Algérie. Ce n'est qu'ensuite (mais quand ?) que seront organisées les élections auxquelles Bouteflika jure qu'il ne se re-présentera pas. 

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Ce que retient de tout cela le site d'info TSA,  Tout sur l'Algérie, c'est que la "transition" (le mot est écrit entre guillemet, pour bien marquer la distance critique) est à nouveau promise, mais que le pouvoir, le système Bouteflika, fera tout pour garder le contrôle le processus. D'ailleurs le même TSA rappelle que cette solution du report de la présidentielle d'avril, avait été évoquée dès le mois de décembre par l'entourage du vieux président, avant d'être repoussée par l'opposition.  

Dès lors, de quoi devraient se réjouir les Algériens qui manifestent depuis trois semaines ? 

Si "victoire" il y a,  à avoir fait plier, au moins en apparence, le clan Bouteflika, ce n'est qu'une "première victoire", en encore, très "partielle",  écrit le Huffington Post Maghreb, qui est allé prendre la température de la rue algéroise hier soir. On y lit que les slogans "contre le cinquième mandat" on cédé la place à ceux "contre le prolongement du 4eme". "Nous exigeons un changement radical de système, pas un changement de marionnette", lit-on, aussi, sur une pancarte de manifestant. 

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Et quand la plupart des journaux que je viens de citer terminent, justement, leurs articles ce matin sur la question de savoir comment la rue va réagir à "la dernière ruse du président", ce même HuffPost a déjà la réponse : il nous apprend que "des sit-in d'étudiants sont prévus ce mardi dans plusieurs villes du pays, tandis que des appels à une marche nationale ce vendredi ont déjà été lancés sur les réseaux sociaux".

Au Royaume-Uni, les députés de la Chambre des Communes voteront à nouveau tout à l'heure pour tenter de valider l'accord de Theresa May sur le Brexit.  

Ils voteront... sur le même accord, négocié avec l'UE, que celui qui avait été sèchement repoussé par ces mêmes députés le 15 janvier ; mais Theresa May était hier soir à Strasbourg, où elle a négocié une dernière fois avec le président de la Commission Jean-Claude Juncker, et elle affirmait la nuit dernière avoir obtenu, in extremis, de quoi convaincre une majorité aux Communes. 

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Pas de changement, donc, dans le texte de l'accord de sortie de l'Union, nous explique The Guardian, mais des ajouts, des textes complémentaires qui selon la Première ministre, apportent "les garanties légales contraignantes" de nature à lever les dernières réserves, toujours les mêmes, sur la question de la frontière irlandaise. 

Comment faire sortir l'Irlande du Nord de l'UE, avec le reste du Royaume-Uni, alors que la République d'Irlande, elle, restera dans l'Union... , et ce, sans pour autant rétablir une frontière physique entre les deux Irlandes ?  Le dispositif dit du "backstop" prévoit de faire rester les Britanniques dans une union douanière avec l'UE, au moins temporairement ; mais la crainte des Brexiters les plus durs, (et des Irlandais du quotidien l'Irish Examiner), c'était que le temporaire ne s'impose comme la norme de long terme.

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 Ce qu'a dit Theresa May cette nuit à Strasbourg, propos repris par la BBC, c'est qu'elle a arraché aux Européens les garanties sur le fait que le backstop ne persistera pas au-delà de la fin 2020, et que si c'était le cas, Londres pourrait attaquer Bruxelles devant une Cour internationale d'arbitrage. Voilà qui a au moins le mérite de poser clairement, froidement, les bases des futures relations contractuelles entre le Royaume-Uni et l'UE : fini, les disputes négociées entre amis, place aux litiges qui se régleront devant les juges.  

Est-ce que ces garanties-là vont suffire à convaincre les députés britanniques récalcitrants?   

Rien n'est moins sûr, analyse The Guardian, quand on sait que le leader des travaillistes Jeremy Corbin a de nouveau appelé, tout à l'heure, à voter contre l'accord, et quand on sait aussi que les députés unionistes irlandais du DUP, ceux-là même à qui toute la séquence strasbourgeoise de cette nuit était finalement destinée, disent sur la chaîne de télévision RTé qu'ils "réservent leur conclusions", qu'ils vont consacrer le peu d'heures qu'il reste avant le vote, à analyser en détail cet "accord de la 25e heure". 

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Toujours est-il (on va quand même conclure sur une note d'optimisme avec The Irish Times), que ces avancées nocturnes donnent à Theresa May une "dernière chance" de survivre au vote de tout à l'heure. "Au moins arrivera-t-elle à la Chambre des Communes avec un peu d'espoir" d'échapper à un second rejet de son accord de sortie de l'UE. Car Jean-Claude Juncker l'a encore répété dans la nuit strasbourgeoise : "Il n'y aura pas de troisième chance, ce sera cet accord de Brexit, ou pas de Brexit du tout" le 29 mars, autant dire... dans deux semaines.

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