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Jour d'élections à Cuba, devant un bureau de vote à Santa Clara

Pour quoi faire ?

5 min
À retrouver dans l'émission

Les Cubains ont voté pour élire leur Parlement, dont sera issu le mois prochain le successeur du président Raul Castro. Des élections qui préfigurent le basculement de l’île dans une nouvelle ère.

Jour d'élections à Cuba, devant un bureau de vote à Santa Clara
Jour d'élections à Cuba, devant un bureau de vote à Santa Clara Crédits : YAMIL LAGE - AFP

Pour quoi faire ? C'est la question, notamment, qu'ont dû se poser, une fois encore, les Cubains appelés dimanche dernier à renouveler leurs élus. Tout d'abord, même si les candidats ne sont pas tenus théoriquement d'appartenir au Parti Communiste, de toute façon le PCC est aujourd'hui la seule formation politique dans l'île. Et puis surtout, comme à chaque scrutin, le gouvernement ne demande rien d'autre à ses concitoyens, en réalité, que d'entériner deux listes officielles : l'une avec 605 candidats pour … 605 sièges à l'Assemblée et l'autre avec, là encore, le nombre exact de représentants à choisir dans les assemblées provinciales. Ou dit autrement, selon le journal d'opposition 14 Y MEDIO, les électeurs choisissent des candidats déjà choisis. En clair : ils votent mais ils n’élisent pas. Pour autant, ça n'a pas empêché près de 83% des cubains de se rendre aux urnes, se félicite notamment ce matin le portail CUBADEBATE. Mais surtout, le véritable changement aura lieu, en réalité, dans un mois, précise pour sa part le site de la RTBF. Le 19 avril prochain, en effet, Raul Castro quittera la présidence de l'île. Ce jour-là, Cuba entrera bien dans une nouvelle ère puisque, pour la première fois depuis 1976, le chef de l'Etat ne portera pas le nom de Castro. Un changement, toutefois, dans la continuité puisque Raul Castro n’en restera pas moins à la tête du tout puissant Parti communiste jusqu'en 2021, l'année de ses 90 ans. 

Les Russes, dans leur immense majorité, ne sont pas dupes.

Pour quoi faire ?, c'est également la question que les Russes doivent se poser à quelques jours maintenant des élections présidentielles.Comme à chaque scrutin, l’opposition réelle ou factice se réduit là-bas comme peau de chagrin. C'est en tous les cas ce que démontre encore de façon saisissante, ce matin, le reportage du correspondant du TEMPS, lequel s'est rendu à Sotchi, la grande station balnéaire choyée par Vladimir Poutine. Ici, son sourire de Joconde, dit-il, s’affiche dans tous les endroits stratégiques de la ville. Et pour cause, les employés municipaux ont reçu l'ordre d'arracher systématiquement toutes les affiches qui ne vanteraient pas les mérites du tsar. Ces immenses portraits sont, donc, les seuls signes tangibles de cette campagne présidentielle. Sans compter que sur les 6 candidats d'opposition, 5 ont préféré faire complètement l'impasse sur la ville. Quant au dernier, il ne dispose même pas d'un local de campagne. Et voilà comment la pensée unique semble régner. Sauf que la réélection de Vladimir Poutine pour un quatrième mandat n’est pas une simple formalité électorale. Pourquoi ? Parce qu'elle doit fournir un plébiscite digne d’un leader suprême. Pour graver la légitimité de Poutine dans le marbre, les objectifs ont même été fixés à l’avance : 70% de voix au premier tour, sur la base d’une participation à 70%. Ce qui n'a rien d'évident quand le triomphe est programmé et que les Russes, dans leur immense majorité, ne sont pas dupes. Et voilà pourquoi, de manière assez paradoxal, l’administration présidentielle qui, au départ, s'est efforcé de démobiliser l’électorat en bloquant les candidatures de leaders de l’opposition s’attelle, désormais, à une tâche herculéenne : mobiliser un électorat peu motivé. Et tous les moyens sont bons, surtout lorsqu'il s'agit d'agiter la carotte. Dans la ville de Goussev, par exemple, là-bas les autorités ont annoncé une vente d’aliments à des prix subventionnés, deux à trois fois inférieurs à ceux du marché, à proximité des bureaux de vote. Voilà pour les retraités paupérisés. Quant aux jeunes, on leur fait miroiter, eux, des iPhone et autres iPad comme prix dans certains bureaux de vote organisant des «photos d’élections». Enfin preuve que tous les arguments aujourd'hui sont bons, THE FINANCIAL TIMES rapporte, lui, ce matin, comment Vladimir Poutine se targue désormais d'avoir rendu sa bonne santé au pays, chiffres à l'appui : jamais depuis la chute de l'URSS, les Russes n'avaient aussi peu consommé de vodka.

Les Chinois semblent satisfaits de leur président. Les commentateurs de la presse occidentale s'inquiètent d'un retour à la dictature. 

Depuis que le président Xi Jinping a décidé de mettre fin à la limitation du renouvellement de son propre mandat, la presse n'en finit plus de pointer une évolution rampante vers la domination absolue, mais pas seulement. Si THE WALL STREET JOURNAL détaille, encore ce matin, la refonte de la bureaucratie gouvernementale chinoise, la TAZ, elle, s'étonne surtout de devoir constater qu'en Chine le progrès économique va, aujourd'hui, main dans la main avec une régression politique. En ce sens, renchérit son confrère LANDESZEITUNG, la voie que prend la Chine est à la fois une claque et une menace pour l'Occident. Car elle démontre l'idée que, grâce au capitalisme, la Chine est en train de dépasser l'Europe en tant que force économique, tout en s'éloignant de plus en plus des droits de l'homme. En d’autres termes, nous avons là affaire à une expérience aussi étrange qu'incertaine : un régime autoritaire, avec une sorte d'empereur ou de dictateur à vie à sa tête, qui s'apprête à mieux réussir économiquement que les démocraties libres de l'Occident en décomposition. Et le site de la DEUTSCHE WELLE d'en conclure : c'est tout simplement la première fois que le monde vit une telle concurrence de systèmes.

Pour le reste, quand la presse outre-Rhin, à l'instar de DIE WELT, se félicite, ce matin, d'avoir "Enfin!" son gouvernement, avec en pleine page la photo du livre sur lequel les ministres ont tous apposé, hier, leur signature à côté de leurs portefeuilles respectifs, la presse outre-Manche, elle, ne cache pas son exaspération à l'égard de la Russie dont Theresa May Theresa May a déclaré hier qu'il était "hautement probable" qu'elle soit responsable de l'empoisonnement de l'ex-agent double russe et de sa fille. Quand le journal METRO affiche une photo, pour le moins, peu flatteuse de Vladimir Poutine avec ce titre : le visage de la haine, THE SUN, lui, s'insurge : ça suffit ! 

La Une du "Sun", le mardi 13 mars 2018
La Une du "Sun", le mardi 13 mars 2018 Crédits : capture d'écran

Et tous de rappeler que la première ministre britannique attend une réponse de Moscou d'ici ce soir. De son côté, toute la presse espagnole se montre consternée, ce matin, après la découverte dans le coffre de la voiture conduite par sa belle-mère du corps sans vie de Gabriel, un enfant de huit ans qui avait disparu le mois dernier. Enfin, un revenant à la Une, cette fois-ci, de la presse transalpine, ce matin, le Pape Benoit 16 venu défendre, hier, à Rome la pensée théologique de son successeur François, lequel célèbre aujourd'hui ses 5 ans à la tête de l'Eglise catholique.

Par Thomas CLUZEL

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